« D-DAY : Les soldats du débarquement » – Giles Milton

D-Day-LessoldatsdudebarquementMachiavel disait   » Une guerre est juste quand elle est nécessaire. »…alors, il fallait bien sortir de cette guerre qui avait déjà fait tant de morts, écraser ce régime nazi, dont le monde ne connaissait pas encore tous les crimes et enfin arriva ce 6 juin 1944, journée au cours de laquelle tout pouvait basculer, journée qui permettait d’ouvrir un front nécessaire à l’Ouest, afin d’enserrer l’Allemagne de deux côtés.
Rares doivent être ceux qui vivent encore, parmi ces 156 000 soldats qui ont vécu cette journée, après avoir débarqué dans l’eau froide à l’issue d’une traversée au cours de laquelle ils avaient vomi tripes et boyaux sur cette mer démontée. Près de 7 000 bateaux, depuis des croiseurs jusqu’aux péniches de débarquement, avaient du se regrouper et affronter côte à côte cette traversée à l’insu des observateurs allemands qui ne les attendaient pas. Pour eux, le temps n’était pas un temps à faire débarquer des troupes. Longtemps ils crurent que c’était une opération de diversion.

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« Vivre et mentir à Téhéran » – Ramita Navai

Vivre et mentir à TéhéranVali Asr, c’est l’avenue de 18 km de long qui traverse Téhéran du nord au sud…une avenue emblématique de l’Iran, un peu comme nos Champs Elysées, une avenue qui sert de fil conducteur à ces huit portraits d’iraniens ou d’iraniennes. Huit portraits courageux pour tracer un autre portrait, celui de l’Iran moderne, de son rigorisme, de sa violence, de son luxe et de sa crasse.
Huit hommes et femmes, dont certains en totale opposition avec les images de l’Iran des religieux que les médias, nos médias occidentaux nous présentent. Aucun de ces personnages ne peut nous laisser indifférent, tous traduisent la violence, l’hypocrisie et le mensonge dans lesquels les iraniens sont contraints de vivre. Tous nous révoltent car tous sont des uppercuts. 

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« Le grand marin » – Catherine Poulain

le grand marinÇa roule, ça tangue, ça gueule, on en prend plein la tête…. du bruit, des vagues…ça secoue !
Lili, la narratrice, a tout plaqué. Elle a quitté sa Provence et son chaud soleil pour chercher autre chose, loin de tout, en Alaska. 
Promenade sur le port de Kodiak, des bateaux se préparent à partir :  
« – Tu cherches quelque chose ?
– Du travail…
– Monte donc à bord ! « 
Premier contact avec ce monde. Ce ne sera pas sur ce bateau mais sur un autre qu’elle embarquera. Pas de carte verte, pas de licence de pêche. Une sans papiers qui risque à tout moment d’être repérée par les services de l’immigration.
Qu’importe ! une nouvelle vie commence sur le Rebel.
Elle sera la seule femme, inexpérimentée de plus, dans un monde masculin rude, celui de la pêche en haute mer. Une pêche saisonnière, lignes de pêches, casiers à crabes, filets…Morues, crabes géants, flétans, selon les périodes.

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« Marx et la poupée » – Maryam Madjidi

marx et la poupéePremiers mots de la 4 ème de couverture : « Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris. »
Connaître l’exil de la bouche de ceux qui l’on vécu… Un exil et un roman couronné du Goncourt du premier roman ! Double tentation quand on s’intéresse à notre monde!… Non?
« Exilés », « Réfugiés »…Ces mots qu’on retrouve régulièrement dans la bouche de nombreux décideurs, et aussi dans celle de l’homme de la rue, soit parce que ce sont des mots de rejet de ces étrangers, porteurs de tous les maux de la création, soit parce que d’autres, bien moins nombreux – en tout cas bien moins vindicatifs, et qu’on entend moins dans les médias et les discours – accompagnent ces exilés afin qu’ils s’insèrent du mieux possible dans notre société.
Maryam a de vagues souvenirs de cette révolution iranienne, qui vit arriver à la tête de l’Iran les ayatollah, leur rigorisme religieux, leurs barbes, leur robes noires et surtout leurs tueurs pourchassant les opposants. 

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« Ebène – Aventures africaines » – Ryszard Kapuściński

Ebène - Aventures africainesRyszard Kapuściński a arpenté l’Afrique noire de long en large, des années 50 aux années 70, en qualité de journaliste correspondant d’une agence de presse polonaise… Il n’a fréquenté ni les Hilton ni les palaces africains, il n’a jamais voyagé en classes affaires dans des avions luxueux. Peut-être que les moyens mis à sa disposition ne le lui permettaient pas, mais surtout, je crois, il voulait être au plus près des Africains, connaître et partager leurs conditions de vie, leurs misères, leurs difficultés, afin de proposer à ses lecteurs des reportages sincères et vrais. Alors il dormait dans des masures, sous la tente, voyageait dans des autocars surpeuplés, non climatisés, bien sûr, et patientait sous le soleil, en plein désert, dans l’attente que le chauffeur répare pour la énième fois son vieux camion déglingué. Etre humble et vivre comme eux était indéniablement le meilleur moyen pour lui de se faire accepter des Africains, de recueillir leurs mots, de connaître leurs maux.

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« Traces de la grande guerre » – Jenny Waldman

Traces de la grande guerreMagnifique livre ! Une quarantaine d’auteurs et de dessinateurs de toutes nationalités, ont voulu, chacun à leur manière parler de cette première guerre mondiale, partir d’une petite ou grosse trace laissée dans un paysage, partir d’un objet ayant appartenu à un poilu, d’une confidence d’un ancien, d’un paysage tourmenté, etc.. pour imaginer l’histoire, la Grande Histoire. 18 histoires, 18 planches, chacune avec son style propre, ses couleurs, ou son noir et blanc, 18 histoires inégales en longueur et en intensité, mais  sans jamais aucune mièvrerie. 
Chacun appréciera plus ou moins, telle ou telle histoire, une histoire qui lui parlera, qui l’interpellera directement, car il reconnaîtra un lieu, se souviendra d’un fait rapporté par un grand père, entendu au cours d’un repas, sur les souvenirs d’un arrière grand-père inconnu. 

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« Le monde d’hier : Souvenirs d’un européen » – Stefan Zweig

Le monde d'hierCe n’est sans doute pas le livre le plus connu, sans doute pas le livre auquel on pense immédiatement quand on évoque le nom de Zweig, et pourtant c’est sans doute celui qui permet de mieux connaître Zweig, de connaître un peu plus l’homme, bien qu’il ne se livre que très peu, mais surtout le citoyen autrichien parcourant le monde, le penseur, ses interrogations, et enfin le réfugié fuyant pour sauver sa vie…
Au moment où il l’écrit en 1941, depuis le Brésil où il est réfugié, il n’est plus rien, plus personne: « Mon œuvre littéraire, dans sa langue originelle, a été réduite en cendres, dans ce pays même où mes livres s’étaient fait des amis de millions de lecteurs. C’est ainsi que je n’ai plus ma place nulle part, étranger partout, hôte en mettant les choses au mieux ; même la vraie patrie que mon cœur s’est choisie, l’Europe, est perdue pour moi depuis que pour la seconde fois, courant au suicide, elle se déchire dans une guerre fratricide. »

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