« Fusillé sur son brancard – L’affaire Chapelant et les fantômes de la Grande Guerre » – Jean-Yves Le Naour

Fusillé sur son brancardLe 11 octobre 1914, au Bois-des-Loges, lors des premiers combats, la section de mitrailleurs du sous-lieutenant Julien Chapelant résiste vaillamment aux assauts allemands et cause d’importantes pertes à l’ennemi. Mais les munitions s’épuisent, les mitrailleuses sont lourdes à transporter et les camions n’arrivent pas. Les soldats sont encerclés et se rendent sur ordre du sous-lieutenant…
Dans les rangs français l’ordre de tirer sur ces soldats déserteurs est donné, le sous-lieutenant est blessé à la jambe par un de ces tirs français. Malgré tout, le lendemain, il réussi son évasion et rampe dans le no-mans land qui sépare les deux armées. De là il est ramené dans les lignes française par ses camarades de combat. 
Le Lieutenant-colonel Didier, son chef de corps, décide de le faire passer en conseil de guerre et d’en faire un exemple. Il lui propose même de se suicider avec son arme, sur son brancard, ce que Chapelant refusera. 

Lire la suite

« Norilsk » – Caryl Férey

NorilskEn cette période estivale de canicule, je vous recommande chaudement « Norilsk » ce livre de Caryl Férey…Chaudement oui, vous aurez intérêt à vous couvrir pour ce voyage à 300 km au nord du cercle polaire…un coin dans lequel vous serez certain de ne pas croiser un autre touriste…Seuls ceux qui y sont nés arrivent à y survivre…sans toutefois être certains d’y faire de vieux os. L’espérance de vie ne dépasse pas 57 ans. 
Et puis en cette saison estivale, vous n’y verrez pas le soleil se coucher……presque deux mois sans nuit ! Pour la plage rien de tel !
Norilsk est une ville créée de toute pièces par Lenine, ce bon vieux Lénine, qui voulait y exploiter les fabuleuses richesses minières. « La statue de Lénine réalisée par Merkoulov est posée sur un socle élevé et tournée de telle façon que ce dirigeant qui a porté dans son cœur l’idée des camps de concentration regarde justement de leur côté »

Lire la suite

« Voyage avec un âne dans les Cévennes » – Robert Louis Stevenson

Voyage avec un âne dans les CévennesIl y a bien longtemps naissait dans ce pays du Velay un ami des livres et de la lecture, un ami qui connaissait ce livre, puisque toute le monde ou presque dans son pays de naissance en parlait…ans bien souvent l’avoir lu. Une association de promotion du territoire a, depuis, été créée, et utilise ce titre, mais je ne suis pas certain, que tous ceux qui s’en réclament aient lu, voire parcouru, ce livre à défaut de tous les sentiers du territoire qu’il évoque.  
Le gamin que j’étais s’était passionné pour les succès de Stevenson. Ils avaient bercé son enfance sans télé, sans plage, sans transhumance estivale. Le gamin va bientôt, si Dieu lui prête vie, faire connaissance avec le chiffre 7, chiffre apparaissant dans d’innombrables traditions et légendes

Lire la suite

« L’Empreinte » – Alexandria Marzano-Lesnevich

L'EmpreinteDès les premières pages, l’auteure nous avertit : « il s’agit d’un livre sur ce qui s’est produit, oui, mais aussi d’un livre sur ce que nous faisons de ce qui s’est produit. Il parle d’un meurtre, il parle de ma famille, il parle d’autres familles dont les vies ont été bouleversées par le meurtre. Mais plus que ça, bien plus que ça, il s’agit d’un livre sur la façon dont nous comprenons nos vies, le passé, sur la façon dont nous nous comprenons les uns les autres. » Tout est dit sur ce livre dense, fouillé, fort et puissant car vrai puisque écrit à partir d’archives importantes et de souvenirs personnels traumatisants de l’auteure. 

Lire la suite

« Les mains du miracle » – Joseph Kessel

Les mains du miracleCe n’est pas le livre qui vient spontanément à l’esprit quand on évoque Kessel, et pourtant…quelle claque ! Je suis encore sur le coup de l’émotion. Si un autre l’avait écrit, on aurait crié à l’affabulation, à la contre-vérité…Mais venant de Kessel ! Quand même !
Tout le monde a entendu parler d’Himmler, ce fou, cet homme -mais est-ce vraiment un homme ou plutôt un monstre- responsable de la mort de millions de Juifs, de la torture de milliers d’hommes et de femmes opposants politiques ou résistants, responsable de tous ces camps, de toutes ces déportations…de cette horreur, un homme commandant les SS
Jamais je n’avais entendu parler de Félix Kersten, ce médecin qui chaque jour ou presque soignait Himmler, calmait les douleurs insupportables qui lui tenaillaient le ventre.
Quoi ? un salaud de plus ? D’autres médecins, les médecins de la mort, « Les médecins Maudits » décrits par Christian Bernadac, ces médecins qui officiaient au nom de la science nazie dans les camps et menaient des expérimentations monstrueuses sont beaucoup plus connus par la littérature que Kersten.

Lire la suite

« Idiss » – Robert Badinter

Idiss« Il est simplement le récit d’une destinée singulière à laquelle j’ai souvent rêvé. »….écrira Robert Badinter sur la 4ème de couverture du livre….la destinée d’une grand-mère, Idiss, qui a certainement forgé une partie d’une autre destinée, celle de Robert Badinter…
Que d’émotions, que d’humanité dans ces deux destinées…Oui, j’admire cet homme, ses combats, ces engagements, sa culture. Un homme réservé. Tout simplement un Homme, à mes yeux. 
Il m’a ému lorsque j’ai visionné en replay, quelques jours après, l’émission « La grande librairie », et ému lors de cette lecture. Je n’avais pu l’écouter en direct.
Cruauté d’une vie, dans cette Bessarabie qui chassait le Juif, cet Ydishland, qui parquait les juifs, qui les écartait de la culture, et même de l’enseignement, seuls quelques uns pouvant sortir de cette condition de misère. Et pourtant le Tsar, acceptait et même imposait à ces Juifs de faire la guerre pour son compte. 

Lire la suite

« Dernier jour à Budapest » – Sándor Márai

Dernier jour à BudapestSindbad quitte son domicile un matin avec soixante pengos en poche….il doit acheter une robe à sa fille. Mais la journée sera longue, et au fil des rencontres, ou des ballades en calèche, les pengos s’envolent.
Sindbad, c’est le nom du héros du roman « Sindbad ou la Nostalgie » de Gyula Krúdy, un nom que Sándor Márai donnera à son personnage principal qui n’est autre que Gyula Krúdy lui-même. 
Un personnage, un auteur qu’il aime et veut honorer, et surtout qui fait partie de la culture hongroise.
Découvrir un peu plus deux auteurs, découvrir une époque, un pays voisin, mais si loin de nous, belle tentation de lecture…! une tentation déçue en partie. 
Certes le lecteur découvrira un peu plus cette société hongroise, Budapest et certains de ses lieux emblématiques, ses cafés, ses restaurants, sa culture, mais aussi la cuisine hongroise, les lectures de Krúdy, les auteurs et le peuple hongrois, les femmes qu’il aimait tant séduire, la littérature hongroise, l’hiver et l’été hongrois…mais les phrases longues, passant du coq à l’âne, sont parfois déroutantes.

Lire la suite