« Histoire d’un allemand » – Sebastian Haffner

Histoire d'un AllemandUn livre témoignage sur la montée du nazisme, un livre écrit par un jeune allemand, futur avocat, qui décidera quelques années plus tard de quitter l’Allemagne pour aller vers la liberté, vers Paris et l’Angleterre 
L’auteur fait un rappel des faits historiques depuis l’armistice de 1918, en passant par la grande crise et l’inflation galopante, le gouvernement de Brüning qui limite la liberté de la presse, impose les désertions pour empêcher les exils, « une semi -dictature au nom de la démocratie pour empêcher la dictature véritable »…..tous ces événements sur lequel il s’appuie pour présenter la lente évolution de la mentalité des allemands, qui pour 55% d’entre eux, à l’occasion d’un vote, ne faisaient pas confiance au parti nazi en mars 1933….

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« Alejo Carpentier : De la Bretagne à Cuba » – Jean-Louis Coatrieux

Alejo Carpentier- De la Bretagne à Cuba« Nous avons tous une propension à ranger les livres dans une catégorie connue comme si cela pouvait nous aider dans leur lecture. Aucune ne semble pouvoir contenir celui-ci. »….première phrase du livre. Accroche attirante, oh combien vraie ! 
N’y cherchez pas une biographie complète de l’homme Alejo Carpentier, ni un roman, non, il s’agit plutôt d’une enquête sur un point particulier, les origines de l’auteur cubain, qui semble-t-il a marqué, son temps et la littérature sud-américaine notamment du fait de ses engagements humains et politiques.

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« Bella Ciao – Ma vie avec Max Gallo » – Marielle Gallet

Bella CiaoÉmotion, détresse,  d’une femme amoureuse d’un homme, et quel homme ! : Max Gallo, écrivain, historien et académicien, un homme touché par une maladie « incurable mais pas mortelle » : la maladie de Parkinson.
Marielle Gallet son épouse est quant à elle avocate et a été député européen
Elle l’a connu fort, entreprenant, dorénavant la maladie l’a rendu faible et dépendant, il s’emmêle les pieds dans les tapis et chute, le jour, la nuit, et reste incapable de se relever seul. Physiquement présent, mais souvent absent, perdant le sens des réalités, s’habillant à 3 heures du matin pour se rendre dans un congrès à l’autre bout de la France…un congrès imaginaire pour lequel il téléphone et réveille Marielle son épouse afin qu’elle l’accompagne à la gare…. Alors elle entreprend « d’écrire sur moi, sur Max, enfin sur nous, sur notre désarroi », d’écrire pour résister à la maladie d’un homme qui n’est plus celui qui l’a séduite.

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« Lettre à un ami » – Carlos Ruiz-Garcia

Lettre à un amiIls ont quitté l’Espagne, poursuivis par les troupes de Franco, dans l’espoir de pouvoir y revenir un jour. C’était la fuite et l’exil, la Retirada ou la mort. Certains sont partis avec leur famille. D’autres sont partis avec les autres soldats de leur groupe…Ils avaient affrontés les phalangistes aidés par des soldats du Fürher qui mettait au point ses armes de guerre et sa tactique.
Ils étaient les réfugiés républicains.

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« Le grand combat » – Ta-Nehisi Coates

Le grand combatQuand on est un gamin noir, vivant dans les années 80 dans le quartier, le ghetto de West-Baltimore, les seuls horizons qui s’offrent sont la drogue, les gangs, la violence, les flingues et la mort violente sur le bord d’un trottoir…les tentations sont grandes, on marche en permanence sur le fil du rasoir. 
Dès les premières pages du livre, Coates témoigne de la violence qui règne dans  ces quartiers :  « À cette époque, Baltimore était la proie des factions, divisée en gangs qui prenait le nom de leur quartier. Ceux de Walbrook Junction régnaient en maîtres, jusqu’à ce qu’ils se heurtent à North et Pulaski, une bande de lâches sans vergogne, le genre à te mettre la honte devant ta meuf. Mais tout en haut trônait Murphy Homes. L’ampleur de leur scélératesse leur conférait une dimension mythique. Partout où ils passaient -la vieille ville, Shake and bake, le port -, il brisaient des genoux et pêtaient des tronches. Jusqu’aux confins les plus reculés, on entendait résonner leur nom : Murphy Homes cassait du négro à coups de pistolet de pompe à essence. Murphy Homes lacérait les dos et versait du sel dans les plaies. Murphy Homes se téléportait en un clin d’oeil, volait à dos de chauve-souris, accomplissait des rites macabres au sommet de Druid Hill. »
Mais quand on s’appelle Ta Nehisi Coates, on a sur les autres un avantage : on a un père qui s’occupe de vous, qui veille sur vous, un père qui ne démissionne pas, un père qui s’engage à la fois pour ses enfants, et pour la communauté, un père instruit, vivant dans les livres, « Il clamait que le peuple avait besoin de livres et il lui en fournissait. », ancien militant des Blaks Panthers, il a connu Malcom X. Le clan Coates c’est trois autres femmes acceptées par la maman de Ta-Nehisi et sept autres enfants, nés des unions légitimes ou non de William Paul Coates..On s’y perd un peu, mais tous vivent en bonne intelligence, et craignent la ceinture du père, qui n’hésite pas à s’en servir…
Sans lui, les gamins auraient pu mal tourner. Mais il leur a permis cet éveil, leur a ouvert la voie vers la Conscience et la Connaissance…qui ont façonné Ta-Nehisi, Conscience de l’histoire des Noirs au États Unis, de leur place dans le monde. Un encouragement à lever la tête, à s’affirmer, à apprendre et à partager : « Une balle pouvait éliminer un ennemi, une grenade en tuer quelques uns, en revanche la machine à polycopier pouvait toucher le cœur et l’esprit de milliers d’entre eux et faire naître encore plus d’alliés. »
Ta-Nehisi a parfois emprunté des chemins de traverse qui auraient pu le faire basculer : il a été mis à la porte pour violence de certaines écoles…mais la ceinture du père et la musique l’ont chaque fois remis sur le droit chemin. 
La musique, c’est le hip-hop, les percussions et le djembé. qui rythment les pages du livre et les heures de loisirs du gamin. 
Le Grand Combat est à la fois un livre témoignage « coup de poing » sur cette vie dans les banlieues noires, sur cette époque, sur la situation des Etats-Unis dans les années 80, un livre d’amour et de reconnaissance pour ce père qui, par l’éducation qu’il leur a donné,  a permis à Ta-Nehisi et à ses frères et sœurs  d’échapper à ce déterminisme, à cette voie toute tracée pour de nombreux gamins, celle de la drogue, de la violence, de la mort violente. Un témoignage qui peut sans doute être transféré et utilisable pour d’autres quartiers, dans d’autres pays et d’autres temps.
Le Grand Combat, est aussi un livre message sur le combat que chacun, quel que soit son lieu de vie, peut mener afin de s’élever dans la société par la Conscience de sa place, de son rôle et par le désir d’améliorer ses Connaissances

C’est enfin un livre d’espoir, qui après « Une colère Noire », laisse à penser qu’on entendra encore parler de l’auteur Ta-Nehisi Coates


Quelques lignes sur le livre
  • Les statistiques étaient désastreuses et souvent récitées : un jeune Noir sur vingt et un tué, en général  par un autre noir, plus d’entre nous en prison qu’à l’université. » (P. 19)
  • « La bicoque croulait sous la Connaissance ; les pièces étaient remplies de livres aux titres prophètiques évoquait l’action militante et la gloire recouvrée. [….] Mon père avait des amis qui lui ressemblaient ; ils formaient des collectifs et organisaient des fêtes en l’honneur de Malcom X, et de Marcus Garvey. » (P. 25)
  • « Mon père à sept enfants de quatre femmes différentes. […] Vu comme ça c’est le bordel, mais pour moi c’est de l’amour. C’est ce qui a formé et forme encore ma définition de la famille. » (P. 28)
  • « Nous étions coupés en deux : un pied en Amérique, l’autre dans un pays en guerre. On nous demandait de nous comporter en individus civilisés, alors que le monde autour de nous était au bord du carnage. Bill avait perdu toute mesure. Être armé signifiait prendre les commandes de nos existences à la dérive. Un flingue, c’était une machine à explorer le temps et une ancre : c’était lui qui dictait les événements. Être armé, c’était être son propre maître, devenir autre chose qu’un homme dont la vie et la mort pouvaient simplement être saisies et jetées au hasard. » (P.48-49)
  • « Cependant, j’avais beau faire, la rue n’était pas mon habitat naturel. » (P. 67)
  • « Règle de la Connaissance numéro 2080 : du ver de terre à l’homme l’univers est remplie de petits despotes. Il valait donc mieux apprendre à se défendre que de passer sa vie à courber l’échine et à tirer sur sa chaîne. » (P. 81)
  • « Il était de ceux qui croyaient que notre mal – une population paupérisée, souffrante, illettrée, mutilée, abrutie, plus éprouvée qu’aucune autre dans ce pays – n’était pas une tumeur à exciser, mais la preuve que le corps tout entier était tumeur, que l’Amérique n’était pas victime de la gangrène, mais qu’elle était la gangrène même. » (P. 91)
  • « Fils, commença mon père, tu vas devenir un homme imposant. Tu vas devoir apprendre à être conscient de ton corps. Tu n’es pas méchant, mais, à cause de ta taille, tu feras des choses qui paraîtront menaçantes à certains. Il faut que tu fasses attention en particulier à proximité des Blancs. Tu es grand et fort, et tu es un jeune homme noir. Tu dois faire attention à ce que tu fais et à ce que tu dis. » (P. 199)
  • « Fuir le ghetto ne nous sauvera pas, car partout nous sommes présumés violents, partout on se demande quelle sera notre prochaine victime. Le fléau qui ravageait ma ville déchue m’avait détruit pour me reconstruire à son image. On m’avait pris mes ailes et donné un couteau à la place. Je m’étais égaré, là-bas. mes rêves s’étaient atrophiés  ne me laissant que l’instinct de survie, un minimum de dignité et de respecte de soi. » (P. 219)
  • « Tous les soirs, nous parlions pendant des heures de ces riens dont dépend l’avenir du monde quand on est jeune » (P. 223)

« Matin rouge » – Chantal Delsol

matin-rougeAndreas est un jeune gamin vivant en Egypte dans les années 30. Son père, Nikos Damanisko, grec émigré dirige un commerce florissant d’éponges naturelles. Il élève Andreas avec rigueur, en l’incitant plutôt à lire qu’à jouer. Le gamin maîtrise plusieurs langues. Et surtout il est élevé dans la rigueur morale et l’amour du Parti, le Parti communiste dont son père est l’un des membres actifs. Aussi après la mort de son père, et à l’issue de la guerre, c’est tout naturellement qu’Andreas cherchera à aider le Parti communiste grec dans la guerre qu’il mène pour s’imposer. Il part vers Marseille, Paris, ne trouvera pas la guerre pour laquelle il s’est engagé et arrive finalement en Tchécoslovaquie, où le Parti lui donne à diriger une école d’enfant grecs. Stupeur, il découvre que ces gamins ont été enlevés de force à leur famille afin d’être « éduqués ». Indigné, il se révoltera, deviendra prisonnier des camps, sera battu. Libéré il deviendra un dissident participant notamment au printemps de Prague. 

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« Williams Sassine : Itinéraires d’un indigné guinéen » – Elisabeth Degon

williams-sassine-itineraires-dun-indigne-guineenWilliams Sassine est un écrivain relativement méconnu du grand public, en France…Plusieurs de ses titres sont épuisés et introuvables, saut peut-être sur certains réseaux de vente d’ouvrages d’occasion….et c’est bien dommage.
Élisabeth Degon a eu le privilège de le rencontrer avant son décès…Elle a manifestement été séduite par cet homme et a éprouvé le besoin de le remettre en lumière vingt ans après son décès.
Son livre, autobiographie de l’auteur, est très documenté et fourmille de détails sur l’homme, ses rencontres, ses engagements, son œuvre.  

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