« MK, Récit d’un déporté arménien : Dix années d’errance parmi les Kurdes et les Syriaques » – Manuel Kirkyacharian- Baskın Oran

MK,A 9 ans en 1915, Manuel Kirkyacharian, le gamin arménien est déporté avec ses parents, comme beaucoup d’autres…C’est pour lui, le début d’une dizaine d’années d’errance en direction de la Syrie, de Mossoul puis d’Alep. Par la suite il émigrera vers l’Australie et obtiendra la nationalité anglaise.  
Peu après le début du récit, le gamin perdra sa mère qui se suicide sous ses yeux en se jetant dans le fleuve  et son père qui fut tué après avoir été fouetté. Je ne vous raconterai pas le reste
Le gamin errera de ferme en ferme, il sera vendu, pris comme esclave, aura faim, etc…et fera tous les sales boulots pendant une dizaine d’année, labours, moissons, soins aux animaux…il sera durement puni, aura faim et côtoiera même la mort à plusieurs reprises. 
Afin de mourir, il témoignera en enregistrant sur des bandes magnétiques les conditions de son exode.  

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« Churchill m’a menti » – Caroline Grimm

Churchill m'a mentiUne belle couverture et un titre qui interpelle…Quoi? Cet homme politique aurait pu nous mentir?
La première phrase de la quatrième de couverture précise : « C’est une histoire vraie et oubliée… » Laissons nous tenter et vérifions si les quelques mots du Point en première de couverture ne mentent pas….sur ce livre écrit par une inconnue (pour moi)
Tout le monde sait que la résistance des Anglais, leur courage sous les bombes nazies, leur flotte, ont permis d’éviter l’invasion de l’Angleterre par les armées hitlériennes…
Toute l’Angleterre ? Non quelques îlots des Îles Anglo-Normandes, Jersey, Guernesey, Aurigny…ont été envahies par l’armée nazie, …ça me fait penser à l’inverse des premières pages des albums d’Astérix…

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La femme du gardien de zoo – Diane Ackerman

La femme du gardien de zooEncore un roman sur la Seconde Guerre Mondiale, diront certains…Pour ma part, je dirais : Un roman sur un aspect assez peu présent dans la littérature relative à cette période : les risques incroyables que prirent ces héros, des hommes et femmes qui au péril de leur vie et de celles de leurs proches décidèrent de cacher et d’aider des Juifs au nez et à la barbe des allemands, ces hommes et femmes reconnus par le nouvel État d’Israël comme  « Juste parmi les nations » (en hébreu : חסיד אומות העולם)

Jan et Antonina Żabiński , polonais non juifs en ont accueilli et aidé plus de trois cents.  Lire la suite

« Matin rouge » – Chantal Delsol

matin-rougeAndreas est un jeune gamin vivant en Egypte dans les années 30. Son père, Nikos Damanisko, grec émigré dirige un commerce florissant d’éponges naturelles. Il élève Andreas avec rigueur, en l’incitant plutôt à lire qu’à jouer. Le gamin maîtrise plusieurs langues. Et surtout il est élevé dans la rigueur morale et l’amour du Parti, le Parti communiste dont son père est l’un des membres actifs. Aussi après la mort de son père, et à l’issue de la guerre, c’est tout naturellement qu’Andreas cherchera à aider le Parti communiste grec dans la guerre qu’il mène pour s’imposer. Il part vers Marseille, Paris, ne trouvera pas la guerre pour laquelle il s’est engagé et arrive finalement en Tchécoslovaquie, où le Parti lui donne à diriger une école d’enfant grecs. Stupeur, il découvre que ces gamins ont été enlevés de force à leur famille afin d’être « éduqués ». Indigné, il se révoltera, deviendra prisonnier des camps, sera battu. Libéré il deviendra un dissident participant notamment au printemps de Prague. 

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« Le terroriste noir » – Tierno Monénembo

Le terroriste noirAddi Bâ est un jeune guinéen soldat de l’armée française, l’un de ces « tirailleurs sénégalais ». Fait prisonnier par l’armée allemande lors de la bataille de la Meuse il s’évade et rejoint les forêts des Vosges où il erre et se cache.Il n’est pas l’un de ces coloniaux arrivés, souvent contre leur grès, en France depuis leur Afrique natale à la veille de la guerre.  Il a été adopté à l’âge de treize ans par un percepteur des impôts qui officiait à Conakry…. Parce qu’il était noir il fut affecté à l’un des régiments de chair à canon, les tirailleurs sénégalais…Dans l’armée française, on ne mélangeait pas les couleurs, à cette époque. « Sitôt la guerre terminée, on les jette comme des Kleenex usagés, […] Plus personne de pense à eux après! [….] avec un coup de pied au cul, les poumons en sang et les jambes en moins ; abrutis, sous-gradés, absents des citations et des monuments aux morts, et avec ça, un pécule inférieur de dix fois à celui de leurs collègues blancs. »

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« L’imposteur » – Javier Cercas

limposteurJ’avais beaucoup aimé « Les Soldats de Salamine » et je souhaitais poursuivre ma découverte de cet auteur. Alors pourquoi pas « L’imposteur »…Et j’avoue que j’ai été bluffé, passionné par l’histoire et le texte.
Une grande partie de la littérature romanesque prend pour cadre le deuxième guerre mondiale…très souvent des fictions ayant un tout petit fond historique, voire des textes sans aucun fondement réel…
En littérature « la fiction sauve, la réalité tue »
« L’imposteur » est l’histoire véridique d’un homme, Enric Marco manipulateur né, narcissique, qui avait fait de sa vie un roman, arrivant à devenir président de l’Amicale de Mauthausen, association espagnole des anciens déportés. Pendant des années il a donné des conférences et interviews, mais a été démasqué en 2005 par un historien Benito Bermejo.

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« Notes d’un embusqué » – Aurèle Patorni

notes-dun-embusqueUn tout petit livre, très vite lu, interdit lors de sa sortie en 1919, qui devait certainement gêner un grand nombre de personnes, érudites ou non, d’hommes politiques, d’hommes de toutes conditions, de pousse au crime, qui avaient trouvé le « bon filon » pour ne pas risquer leur vie dans les tranchées. 
Un livre de petites citations, de « bonnes raisons » pour ne pas monter au front, et tout faire pour rester à l’arrière. Ces planqués que l’auteur débusque dans leurs propos d’hommes politiques, de députés, de harangueurs poussant à l’héroïsme. 
Un livre qui donne une autre image de cette France de 1914-18, qui vit comme tout pays en guerre, ses profiteurs, ses planqués….l’hypocrisie en temps de guerre. 

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