La femme du gardien de zoo – Diane Ackerman

La femme du gardien de zooEncore un roman sur la Seconde Guerre Mondiale, diront certains…Pour ma part, je dirais : Un roman sur un aspect assez peu présent dans la littérature relative à cette période : les risques incroyables que prirent ces héros, des hommes et femmes qui au péril de leur vie et de celles de leurs proches décidèrent de cacher et d’aider des Juifs au nez et à la barbe des allemands, ces hommes et femmes reconnus par le nouvel État d’Israël comme  « Juste parmi les nations » (en hébreu : חסיד אומות העולם)

Jan et Antonina Żabiński , polonais non juifs en ont accueilli et aidé plus de trois cents.  Lire la suite

« Matin rouge » – Chantal Delsol

matin-rougeAndreas est un jeune gamin vivant en Egypte dans les années 30. Son père, Nikos Damanisko, grec émigré dirige un commerce florissant d’éponges naturelles. Il élève Andreas avec rigueur, en l’incitant plutôt à lire qu’à jouer. Le gamin maîtrise plusieurs langues. Et surtout il est élevé dans la rigueur morale et l’amour du Parti, le Parti communiste dont son père est l’un des membres actifs. Aussi après la mort de son père, et à l’issue de la guerre, c’est tout naturellement qu’Andreas cherchera à aider le Parti communiste grec dans la guerre qu’il mène pour s’imposer. Il part vers Marseille, Paris, ne trouvera pas la guerre pour laquelle il s’est engagé et arrive finalement en Tchécoslovaquie, où le Parti lui donne à diriger une école d’enfant grecs. Stupeur, il découvre que ces gamins ont été enlevés de force à leur famille afin d’être « éduqués ». Indigné, il se révoltera, deviendra prisonnier des camps, sera battu. Libéré il deviendra un dissident participant notamment au printemps de Prague. 

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« Le terroriste noir » – Tierno Monénembo

Le terroriste noirAddi Bâ est un jeune guinéen soldat de l’armée française, l’un de ces « tirailleurs sénégalais ». Fait prisonnier par l’armée allemande lors de la bataille de la Meuse il s’évade et rejoint les forêts des Vosges où il erre et se cache.Il n’est pas l’un de ces coloniaux arrivés, souvent contre leur grès, en France depuis leur Afrique natale à la veille de la guerre.  Il a été adopté à l’âge de treize ans par un percepteur des impôts qui officiait à Conakry…. Parce qu’il était noir il fut affecté à l’un des régiments de chair à canon, les tirailleurs sénégalais…Dans l’armée française, on ne mélangeait pas les couleurs, à cette époque. « Sitôt la guerre terminée, on les jette comme des Kleenex usagés, […] Plus personne de pense à eux après! [….] avec un coup de pied au cul, les poumons en sang et les jambes en moins ; abrutis, sous-gradés, absents des citations et des monuments aux morts, et avec ça, un pécule inférieur de dix fois à celui de leurs collègues blancs. »

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« L’imposteur » – Javier Cercas

limposteurJ’avais beaucoup aimé « Les Soldats de Salamine » et je souhaitais poursuivre ma découverte de cet auteur. Alors pourquoi pas « L’imposteur »…Et j’avoue que j’ai été bluffé, passionné par l’histoire et le texte.
Une grande partie de la littérature romanesque prend pour cadre le deuxième guerre mondiale…très souvent des fictions ayant un tout petit fond historique, voire des textes sans aucun fondement réel…
En littérature « la fiction sauve, la réalité tue »
« L’imposteur » est l’histoire véridique d’un homme, Enric Marco manipulateur né, narcissique, qui avait fait de sa vie un roman, arrivant à devenir président de l’Amicale de Mauthausen, association espagnole des anciens déportés. Pendant des années il a donné des conférences et interviews, mais a été démasqué en 2005 par un historien Benito Bermejo.

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« Notes d’un embusqué » – Aurèle Patorni

notes-dun-embusqueUn tout petit livre, très vite lu, interdit lors de sa sortie en 1919, qui devait certainement gêner un grand nombre de personnes, érudites ou non, d’hommes politiques, d’hommes de toutes conditions, de pousse au crime, qui avaient trouvé le « bon filon » pour ne pas risquer leur vie dans les tranchées. 
Un livre de petites citations, de « bonnes raisons » pour ne pas monter au front, et tout faire pour rester à l’arrière. Ces planqués que l’auteur débusque dans leurs propos d’hommes politiques, de députés, de harangueurs poussant à l’héroïsme. 
Un livre qui donne une autre image de cette France de 1914-18, qui vit comme tout pays en guerre, ses profiteurs, ses planqués….l’hypocrisie en temps de guerre. 

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« Les soldats de Salamine » – Javier Cercas

les-soldats-de-salamineLa guerre d’Espagne, opposa pendant près de 3 ans entre 1936 et 1939 des combattants républicains et des miliciens phalangistes qui se vouaient une haine farouche et féroce, légitimant toutes les exactions, emprisonnements, meurtres, viols, exécutions sommaires individuelles ou collectives… Nombreux sont les romans, les livres d’histoire qui prirent cette guerre comme fil conducteur.
Javier Cercas, écrivain peu connu auparavant se met en scène dans « Les soldats de Salamine », pour nous faire partager une histoire allant à contre-courant de cette violence

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« 14 Juillet » – Eric Vuillard

14-juilletTous les profs d’histoire qui ont attisé nos peurs des « interros écrites » nous ont parlé de ces grands hommes, généraux, rois, empereurs qui ont fait l’Histoire, qui ont gagné ou perdu des batailles. Les soldats qui crevaient sur le terrain étaient toujours oubliés. Un soldat fait la guerre, un général la gagne.
Au sujet du 14 juillet, ils nous imposaient simplement d’être en mesure de répondre « Prise de la Bastille ». Aucun historien, aucun prof ne nous a parlé dans le détail de ces petites gens, qui versaient leur sang. De temps en temps ils nous parlaient du « peuple » et c’est tout. Seuls les écrivains ont parlé, guerre après guerre, de ces morts, de ces soldats.
Eric Vuillard donne des visages, des noms et des prénoms à ce peuple de Paris, et nous transporte parmi ces gueux et ces gueuses qui, ce jour là ont fait basculer l’Histoire, ces  » pauvres filles venues de Sologne et de Picardie, […] mordues par la misère et parties en malle-poste, avec un simple ballot de frusques. Nul n’a jamais retracé leur itinéraire de Craponne à Paris […]. Nul n’a jamais écrit leur fable amère. » On été nommé par le nom de son métier, de son village d’origine, ou on était défini par un défaut, Loucheur, Bigot. Même les noms des rues définissaient les métiers qui s’y exerçaient, Petit-Musc anciennement Pute-y-Muse… 

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