« Bakhita » – Véronique Olmi

BakhitaLa gamine avait quand elle fut enlevée « cinq, six ou sept ans, comment savoir ? Elle est née en 1869. Peut être un peu avant. » Comment s’appelait-elle avant, elle ne s’en souviendra pas….mais le négrier qui la prit l’appela Bakhita  c’est à dire la « Chanceuse », une chanceuse qui sera bientôt incapable de dire où se trouve son village, et d’y retourner…
Son père était le frère du chef du village, et sa mère eut 11 enfants dont deux ont été enlevés, sans compter ceux qui sont morts dans l’enfance…banalité de l’Afrique, dans laquelle des hommes, des tribus gagnent de l’argent en enlevant les gamins et en les vendant comme esclaves. Non pas des esclaves qui partiront vers l’Amérique, mais des esclaves destinés à des maîtres africains, au Soudan, en Egypte….En effet, ce sont des africains qui furent responsables au XIXème siècle de la déportation, de l’esclavage d’autres africains…un fait culturel que Véronique Olmi nous rappelle..L’esclavage n’a pu exister que parce que des Africains l’organisaient.

Lire la suite

« Looping » – Alexia Stresi

loopingUne amie m’avait parlé de Looping, « histoire d’une femme au destin peu ordinaire » m’avait-elle dit, en me présentant le coté historique, mais romancé de l’ouvrage.
Pourquoi pas après tout.
Autant vous prévenir de suite, Looping ne m’a pas retourné..C’est facile, je le sais. 
Noelie dont on suit la vie et la famille, est une jeune femme née de la rencontre de sa mère Camilla et d’un militaire de passage..Histoire banale. Elle vit dans une famille d’agriculteurs italiens vivant de la vente de roses, mais le père du militaire, homme d’honneur, prendra Camilla et Noelie sous son aile. Elles connaîtront le  luxe avant de revenir à la ferme et à leurs roses au décès du vieil homme. J’aurais aimé que la vie de ces agriculteurs pauvres soit plus développée.

Lire la suite

« Grossir le Ciel » – Franck Bouysse

Grossir le CielEntre Alès et Mende, en terre cévenole, bien loin de ces axes autoroutiers empruntés pour se rendre au soleil de la Méditerranée se trouvent les Doges. Ne cherchez pas sur les cartes…vous ne trouverez pas ce lieu-dit, ces deux vieilles fermes de pierres à coté de Grizac (village du parc national des Cévennes) : « Pour être précis, il faudrait dire qu’entre les Doges et le village les kilomètres ne duraient pas pareil, selon qu’on était en bonne ou en mauvaise saison. Les distances, dans ce coin-là, c’est du temps, pas des mètres. »
Deux vieilles fermes habitées par deux hommes plus tout jeunes; Abel a 70 ans et son plus proche voisin Gus en a 50. Deux voisins qui vivent chacun de leur côté, sans femme, avec pour seuls compagnons le bétail. Là-haut, il faut avoir « la chance de trouver une femme », et de la garder. Gus, quant à lui peut profiter de la compagnie de son fidèle chien Mars. 

Lire la suite

« Illska » – Eirikur Orn Norddahl

IllskaUn livre fascinant, un peu comme cette Islande !
Un livre qui sème le chaud, comme ses geysers et le froid comme ses glaciers. Un livre qui ne peut laisser indifférent…. 
Certaines parties vous retournent, vous donnent un grand plaisir de lecture, vous proposent découverte sur découverte, vous secouent les neurones, d’autres plus obscures vous donnent envie de tout laisser tomber, mais une petite voix intérieure vous dit de poursuivre…

Lire la suite

« La porte » – Magda Szabó

La porteLa narratrice, auteure, cherche à recruter une femme de ménage. Emerence Szeredás se présente…c’est une femme pas banale, gardienne dans plusieurs immeubles, qui avant d’accepter va demander des références à ce nouvel employeur, va se renseigner. Et ce n’est qu’après qu’elle donnera le montant de ses exigences salariale…. quand elle aura évalué ce que sera sa charge de travail. Vieille femme dont tous ignore l’âge, elle serait née au début du XXème siècle, elle a vu défiler les Allemands et les Russes..Emerence est une femme au caractère entier, volontaire, ne comptant pas sa peine, et surtout une femme qui donne son avis sur tout, et qui peut se fâcher lorsqu’elle est contrariée. Elle a des lubies, ramasse les objets cassés, jetés aux ordures, et leur donne une deuxième jeunesse dans l’appartement de ses employeurs. Gare à celle qui ne partagera pas ses goûts.

Lire la suite

« Le Sympathisant » – Viet Thanh Nguyen

Le SympathisantC’est un bâtard, il se définit ainsi. On ne connaîtra jamais son nom.Né du péché d’un prêtre français et d’une jeune fille vietnamienne, il est l’un de ces nombreux eurasiens issus de la présence française au Vietnam. Il en a beaucoup souffert dans son enfance et a subit les quolibets de ses camarades.
Depuis l’armée française a été remplacée par la puissante américaine, dont tous redoutent les bombes au napalm, de sinistre mémoire. 
Nous sommes en 1975…L’armée vietcong du Nord Vietnam est aux portes de Saïgon. La puissante armée américaine et celle du Sud Vietnam subissent l’un de ses formidables coups de pied au cul qui font l’histoire. Notre homme, aide de camp d’uAvions bombardésn général de l’armée du Sud Vietnam rédige, sous les pressions des uns et des autres les listes de ceux qui pourront prendre l’un des derniers avions décollant sous les bombes.

Lire la suite

« Le poète de Gaza » – Yishaï Sarid

Le Poète de GazaIl est agent des services secrets israéliens, spécialiste des interrogatoires musclés au cours desquels il utilise la violence, les coups pour faire parler les plus récalcitrants, pour obtenir un nom, une dénonciation… Toujours sur la brèche, il lutte en permanence contre les kamikazes cherchant à se faire exploser devant une synagogue, dans un bar. Alors tout lui est permis. Quelques fois les prisonniers meurent. Ses chefs lui le reprochent : le mort n’a pas parlé, n’a pas livré ses secrets, des noms…Ils lui demandent d’avoir un entretien, qu’il fuit, avec un psychologue.
Pour lui, dans Israël qui possède « des satellites-espions capables de détecter l’odeur du rot que laissera échapper n’importe quel gars de Jénine après avoir mangé un hoummous aux fèves et aux oignons, on en revient toujours aux mêmes méthodes : la douleur, la peau, les nerfs, le sac en toile puant sur la tête, les mains attachées par des liens qui entaillent la chair. Le seul moyen d’éviter ça, c’est de les faire crever de trouille à l’idée de ce que tu risques de leur infliger. »

Lire la suite