« Le Sympathisant » – Viet Thanh Nguyen

Le SympathisantC’est un bâtard, il se définit ainsi. On ne connaîtra jamais son nom.Né du péché d’un prêtre français et d’une jeune fille vietnamienne, il est l’un de ces nombreux eurasiens issus de la présence française au Vietnam. Il en a beaucoup souffert dans son enfance et a subit les quolibets de ses camarades.
Depuis l’armée française a été remplacée par la puissante américaine, dont tous redoutent les bombes au napalm, de sinistre mémoire. 
Nous sommes en 1975…L’armée vietcong du Nord Vietnam est aux portes de Saïgon. La puissante armée américaine et celle du Sud Vietnam subissent l’un de ses formidables coups de pied au cul qui font l’histoire. Notre homme, aide de camp d’uAvions bombardésn général de l’armée du Sud Vietnam rédige, sous les pressions des uns et des autres les listes de ceux qui pourront prendre l’un des derniers avions décollant sous les bombes.

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« Le poète de Gaza » – Yishaï Sarid

Le Poète de GazaIl est agent des services secrets israéliens, spécialiste des interrogatoires musclés au cours desquels il utilise la violence, les coups pour faire parler les plus récalcitrants, pour obtenir un nom, une dénonciation… Toujours sur la brèche, il lutte en permanence contre les kamikazes cherchant à se faire exploser devant une synagogue, dans un bar. Alors tout lui est permis. Quelques fois les prisonniers meurent. Ses chefs lui le reprochent : le mort n’a pas parlé, n’a pas livré ses secrets, des noms…Ils lui demandent d’avoir un entretien, qu’il fuit, avec un psychologue.
Pour lui, dans Israël qui possède « des satellites-espions capables de détecter l’odeur du rot que laissera échapper n’importe quel gars de Jénine après avoir mangé un hoummous aux fèves et aux oignons, on en revient toujours aux mêmes méthodes : la douleur, la peau, les nerfs, le sac en toile puant sur la tête, les mains attachées par des liens qui entaillent la chair. Le seul moyen d’éviter ça, c’est de les faire crever de trouille à l’idée de ce que tu risques de leur infliger. »

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« Des cailloux dans le ventre » – Jon Bauer

Des cailloux dans le ventreIl aurait tout pour être heureux : une maman qui aime les enfants, un papa complice…Oui, mais il y a Robert un autre gamin que sa maman a accueilli, un gamin dont il devient jaloux, il a quelques années de plus que lui, il peut passer devant dans la voiture…un gamin avec lequel sa mère se comporte comme si c’était son gamin, auquel elle porte une attention particulière : ils sont « famille d’accueil » et reçoivent des enfants placés par les services sociaux. 
Alors le gamin se sent rejeté…il se définit comme le  «Le Petit Tout-Seulitaire» : il pisse encore au lit à 8 ans
Puis l’adulte de 28 ans prend la parole, un adulte tourmenté, mal dans sa peau, qui ne se « trouve toujours pas assez bien », éprouvant des difficultés pour tisser des liens avec les autres adultes, un peu mythomane…au fil des pages les époques se télescopent, on passe du coq à l’âne. Le regard et les bêtises de l’enfant qui cherche à attirer l’attention de sa mère, un gamin incapable de réfléchir aux conséquences de ses actes, alternent avec les délires de l’adulte éprouvant des difficultés pour tisser des liens avec les autres, maladroit avec les filles, incapable de s’engager, fuyant des relations et un bonheur possibles..un fils garde-malade qui a accompagné le cancer de sa mère. Mais on n’est jamais perdu.

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« Tropique de la violence » – Nathacha Appanah

Tropique de la Violence_3735Un jeune homme, Moïse est enfermé dans une cellule d’un poste de police de Mayotte, petite île française.Il a tué Bruce.
Arrivant gamin sur l’île avec sa mère dans l’un de ces « kwassas kwassas », ces embarcations de fortune venues surchargés depuis les îles voisines avec ces émigrés cherchant là une vie meilleure dans ce paradis pour touristes. Ces touristes, et cette île aux belles plage et luxueux hôtels que Natacha Appenah ne nous dépeindra pas. Nous ne connaîtrons que le coté sinistre de Mayotte. Moïse a des yeux vairons, un noir, un vert..signe de malheur qui lui vaudra d’être rejeté par sa mère et d’être suspecté par tous d’être habité par un djinn. Marie, infirmière au grand cœur sera là pour l’accueillir, bébé, et l’adopter. Toujours accompagné par son chien Bosco, il porte avec lui « L’enfant et la rivière ». 

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« Le dernier frère » – Nathacha Appanah

Le dernier frèreUn vieil homme de soixante-dix ans habitant l’ile Maurice, Raj, s’habille pour se rendre sur une tombe…il s’est réveillé à la suite d’un rêve : David un gamin se tenait appuyé au chambranle de la porte…
Il se rend dans un cimetière de tombes juives couvertes d’étoiles de David. D’autres souvenirs lui reviennent à l’esprit, violence de son père, perte de ses deux frères emportés par une crue d’orage…ce qui obligea ses parents à quitter leur ancien logement dévasté.
Par la suite le père violent fut embauché dans un camp dans lequel se trouvait des hommes et femmes maigres et des enfants dont David, jeune gamin juif hébergé dans un camp de réfugiés tenus par des soldats anglais.
Son père y exerçait des fonctions de garde-chiourme…

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« Seul le silence » – Roger Jon Ellory

Seul le silenceJoseph Vaughan est un gamin d’une dizaine d’années en 1939, date de début du roman. Il a perdu son père, trois mois auparavant et vit seul avec sa mère; élève assez peu motivé par l’école, il est pris en charge par sa jeune institutrice, qui décèle en lui un don pour écrire des histoires. Elle le pousse même à s’inscrire à des concours, mais ses écrits seront refusés, le jury doutant de son âge au vu de la qualité de l’écriture…..et le gamin va y trouver le bonheur et pourquoi pas un projet de vie : devenir écrivain.
Le livre, lu dans l’édition du Livre de Poche, est répertorié dans la catégorie des thrillers par cet éditeur, sans doute pour des raisons commerciales, mais pour ma part, j’ai l’impression d’avoir lu un livre sur la société américaine, des années quarante à nos jours, sur fond de crimes presque rituels d’un sadique pédophile. 

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La mélancolie de la résistance – Laszlo Krasznahorkai

La mélancolie de la RésistanceKrasznahorkai nous plonge dans cette dystopie au sein de l’univers glacé d’une petite ville de Hongrie.. Un cadre noir, triste et froid : il fait moins 17°. Un cadre qui au fil des pages s’avère grotesque et assez fou. La ville connait de bien étranges phénomènes assez déroutants : un château d’eau qui vacille, une horloge du clocher qui se remet subitement en marche, des arbres qui se déracinent seuls et tombent. A tout ceci s’ajoute l’arrivée d’une troupe de forains sur la place de la ville, des forains qui présentent une énorme baleine dans une gigantesque remorque.

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