
« Continue d’instruire les plus jeunes sur ce qui est dangereux : il faut qu’ils l’apprennent . J’ai bien compris qu’un Inuk doit connaître tout ce qui concerne la nourriture. Même si tu es vieux, tes paroles sont utiles et elles te survivront. » (P. 190)
Surprenant !
Un monde inconnu s’ouvre à nous…la quatrième de couverture précise dans son introduction : « Un roman atypique. Sur la vie. Au jour le jour. Les joies et les peines d’une petite communauté inuit du nord du Canada. … »
Barak Obama écrivait : « La lecture est importante. Si vous savez lire, alors le monde entier s’ouvre à vous. »
Rares sont les livres nous ouvrant la porte du Grand-Nord…Non pas les livres d’aventuriers ou d’explorateurs, partageant les quelques semaines de découverte de cette part de notre planète.
Non, je veux parler du partage par un auteur local, y vivant, qui nous permettrait de mieux connaitre le mode de vie de ces populations, leur culture….méconnue certainement par le plus grand nombre d’entre nous . En tout cas je n’en connais pas !
L’image de la page de garde et la quatrième de couverture m’ont de suite convaincu : « un roman atypique »….. »Les joies et les peines d »une petite communauté »…. »Une expérience rare est ici offerte, celle de voir le monde singulier des Inuit avec les yeux de l’héroïne Sanaaq. »
Alors, pourquoi pas, une bonne dose de fraîcheur par ces temps de canicule, pourquoi pas découvrir un mode de vie méconnu, une civilisation qui a sans doute peu évolué au cours des siècles….mais une civilisation qui s’ouvre depuis à notre monde
Une civilisation de « viandards », peu de plantes poussent sous ces étoiles, sauf quelques racines, alors la chasse et la pêche sont les seuls moyens de manger, de s’habiller. Une civilisation dans laquelle rien ne se perd…tout est valorisé, utilisé dans l’animal que l’on tue, que ce soit un poisson, une perdrix blanche, un phoque, un ours blanc. Les morceaux de viande sont débarrassés de leurs tendons qui serviront à coudre les bottes étanches en peau de phoque. La graisse est fondue et selon la nature de cette graisse elle servira à l’éclairage, à la cuisson, au chauffage….les tripes sont un met de choix, ne parlons pas des yeux des poissons ! …
On découvre que des civilisations vivant dans des conditions extrêmes vivent de notre planète sans l’épuiser…certes tout ceci n’est pas toujours très appétissant… ni très facile.
La glace et la neige font partie du paysage…neige amie qui permet de se bâtir en quelques instants un abri contre le vent, glace traitresse dont il faut apprendre à se méfier, car elle peut casser sous les pieds du chasseur et glace amie, également, quand elle permet d’approcher le gibier, phoque, beluga ou autre. Les hameçons, quant à eux, permettent de capturer des poissons ou des oiseaux. Tout se mange.
Mais des familles peuvent en vivre…Quelle leçon pour nous qui chaque jour vidons notre poubelle, nos plastiques…et ce que nous laissons dans nos assiettes, nos vêtements…notre civilisation poubelle en prend un coup!
Oui ! mais c’était il y a encore quelques années, depuis, les grands sourcils et les missionnaires ont apporté leur civilisation et leur vision du monde, un avion s’est posé, une évacuation sanitaire a été effectuée…
La police est elle aussi venue régler des disputes conjugales….. pas spécifiques à notre monde !
La « civilisation » est en marche ! Bien triste!
Le livre quant à lui est passionnant, le lexique très fourni permet de mieux vivre cette aventure.
« …tu dois toujours te souvenir que tu es un chasseur et que n’importe quand, tu auras à affronter le danger et à passer des moments désagréables. il te faudra faire en sorte que les tiens ne souffrent jamais de la faim, et penser plus à eux qu’à toi! Tu ne devras jamais rester à ne rien faire quand se présente une possibilité de subvenir à leurs besoins. » (P. 108)
« Si tu veux, j’achèterai un morceau de bois pour te faire une canne » (P. 248)
Éditeur : Dépaysage – Traduction par Bernard Saladin d’Anglure – 2022 – Parution initiale en 2003 – 336 pages
Lien vers la présentation de Mitiarjuk Nappaaluk
Quelques lignes
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Nous avons été témoins de l’arrivée des Grands Sourcils. Ils ont même commencé à s’installer sur notre terre. » (P. 69)
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« …tu dois toujours te souvenir que tu es un chasseur et que n’importe quand, tu auras à affronter le danger et à passer des moments désagréables. il te faudra faire en sorte que les tiens ne souffrent jamais de la faim, et penser plus à eux qu’à toi! Tu ne devras jamais rester à ne rien faire quand se présente une possibilité de subvenir à leurs besoins. » (P. 108)
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« Ce soir Sanaaq fait de la couture. Elle confectionne des moufles en peau de phoque non épilée. Elle taille avec son Uku les deux pièces pour le dos des mains, puis celle pour la partie supérieure des paumes et enfin celle pour la partie inférieure des paumes. Puis elle écrase entre ses dents un morceau de tendon, elle l’assouplit, l’épure de ses restes de viande, en tire une fibre, qu’elle enduit de graisse et l’enfile dans le chas de son aiguille à section triangulaire. Elle peut maintenant piquer dans le cuir et coudre les pièces. » (P. 133)
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« Continue d’instruire les plus jeunes sur ce qui est dangereux : il faut qu’ils l’apprennent. J’ai bien compris qu’un Inuk doit connaître out ce qui concerne la nourriture. Même si tu es vieux, tes paroles sont utiles et elles te survivront. Ton enseignement comme aîné va continuer à se transmettre. » (P. 190)
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« Ceux qui ne sont pas des aînés ont moins de connaissance que leurs aînés. Sans les aînés, les Inuit ne sont rien, car il ya une foule de connaissances que seuls les aînés possèdent. » (P. 192)

