« Fusillé sur son brancard – L’affaire Chapelant et les fantômes de la Grande Guerre » – Jean-Yves Le Naour

Fusillé sur son brancardLe 11 octobre 1914, au Bois-des-Loges, lors des premiers combats, la section de mitrailleurs du sous-lieutenant Julien Chapelant résiste vaillamment aux assauts allemands et cause d’importantes pertes à l’ennemi. Mais les munitions s’épuisent, les mitrailleuses sont lourdes à transporter et les camions n’arrivent pas. Les soldats sont encerclés et se rendent sur ordre du sous-lieutenant…
Dans les rangs français l’ordre de tirer sur ces soldats déserteurs est donné, le sous-lieutenant est blessé à la jambe par un de ces tirs français. Malgré tout, le lendemain, il réussi son évasion et rampe dans le no-mans land qui sépare les deux armées. De là il est ramené dans les lignes française par ses camarades de combat. 
Le Lieutenant-colonel Didier, son chef de corps, décide de le faire passer en conseil de guerre et d’en faire un exemple. Il lui propose même de se suicider avec son arme, sur son brancard, ce que Chapelant refusera. 

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« N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures » – Paola Pigani

N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures

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La Kommandantur l’avait demandé : plus aucun nomade sur les routes…verboten ! Kontrol Bitte !!…
Alors du préfet au simple gendarme, tout le monde a obéi…La grande Histoire de la France, est parfois, faite de petites ou de plus grandes turpitudes des hommes au pouvoir. L’histoire de la Seconde Guerre Mondiale, de la collaboration, nous le confirme. 
Une bassesse de plus de ce régime nous est dévoilée avec ce roman de Paola Pigani.
On est bien loin, avec de nouveau titre, de la poésie « Des orties et des hommes« , roman qui m’avait permis de faire connaissance avec l’auteure. 
Mais là encore j’ai pu apprécier le réalisme de cette auteure.

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« Norilsk » – Caryl Férey

NorilskEn cette période estivale de canicule, je vous recommande chaudement « Norilsk » ce livre de Caryl Férey…Chaudement oui, vous aurez intérêt à vous couvrir pour ce voyage à 300 km au nord du cercle polaire…un coin dans lequel vous serez certain de ne pas croiser un autre touriste…Seuls ceux qui y sont nés arrivent à y survivre…sans toutefois être certains d’y faire de vieux os. L’espérance de vie ne dépasse pas 57 ans. 
Et puis en cette saison estivale, vous n’y verrez pas le soleil se coucher……presque deux mois sans nuit ! Pour la plage rien de tel !
Norilsk est une ville créée de toute pièces par Lenine, ce bon vieux Lénine, qui voulait y exploiter les fabuleuses richesses minières. « La statue de Lénine réalisée par Merkoulov est posée sur un socle élevé et tournée de telle façon que ce dirigeant qui a porté dans son cœur l’idée des camps de concentration regarde justement de leur côté »

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« Diên Biên Phù » – Marc-Alexandre Oho Bambe

Diên Biên Phù

« Écrire est un geste, un acte plein, qui me soigne et me signe.
J’écris. »
Alexandre, Journaliste et écrivain idéaliste selon lui, écrit, c’est son métier. 
Il nous berce, nous remue, nous étonne par ses mots, nous fait vibrer d’émotion en écrivant cette longue lettre, celle longue déclaration d’amour à Maï Lan, « une entraîneuse et plus si affinité » qu’il a connue il y bien longtemps quand il était soldat à Diên Biên Phù…
Pour fuir cette vie , qui ne lui apportait rien, pour fuir son épouse en France, il s’était engagé dans l’armée, « Jeune et mal marié » il cherchait un idéal, une vie….Là bas dans un de ces bars à bidasses, entre deux combats, il la rencontra et l’aima…sa vie en fut à jamais changée, bouleversée. Chaque jour il combattait les jeunes vietnamiens de l’âge de Maï Lan, tuer ou être tué, jusqu’à cette funeste bataille de Diên Biên Phù, formidable coup de pied au cul qui le renvoya rapidement en métropole, lui et ses copains, sans qu’il puisse la revoir, lui dire au-revoir …

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« Sérotonine » – Michel Houellebecq

Sérotonine

Je viens de découvrir Houellebecq…par hasard, parce qu’une amie m’a prêté son dernier livre, « LE » livre que tout le monde attendait !!! Parait-il…..
La presse nous l’avait vendu, les superlatifs anticipaient sa venue, la rentrée littéraire attendait cette sortie…les hommes de marketing avaient bien fait leur boulot. Le livre fut placé en tête de gondole dans les grandes surfaces, afin que personne ne le manque et qu’on se l’arrache. Les prix littéraires qu’il obtint ne sont pas bien sûr étrangers à cette promotion.
Bizarrerie de la langue française…Une rentrée littéraire n’est qu’une somme de sorties de livres. 
Bref, si on ne lisait pas cet ouvrage, on allait passer pour un ringard…Tout lecteur se devait de posséder et de lire ce titre. Blabla, blabla…

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« Miss Sarajevo » – Ingrid Thobois

Miss SarajevoJoaquim, jeune photographe de vingt ans arrive dans Sarajevo en guerre…nous sommes en 1993. Terrible période, terribles souvenirs pour les plus anciens. La guerre était à nos portes. Joaquim reste traumatisé par la mort de Viviane, sa petite sœur de 15 ans, qui s’est défenestrée. Ces souvenirs lui reviennent à l’esprit, en boucle. C’est peut-être pour tout cela qu’il se confronte à la mort, dans son métier. 
Depuis Joaquim a une phobie des fenêtres, une peur viscérale, une peur accrue dans cette ville où les snippers prennent plaisir depuis leurs fenêtres à faire des cartons sur toutes les cibles à leur portée.
Aujourd’hui, quelques années plus tard, en 2017 Joaquim se rend aux obsèques de son père….Il ne l’avait pas vu depuis 20 ans. Un père difficile dont il fallait affronter les sautes d’humeur, les coups de tête. Jaoquim est maintenant seul, sans famille proche…courant le monde. Sa mère aussi a disparu, et il n’a jamais connu son jeune frère mort-né…un secret qui est sans doute la cause de ces malaises, de ces incompréhensions familiales.

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« Un océan, deux mers, trois continents » – Wilfried N`Sondé

Un océan, deux mers, trois continentsCertains livres ont le don de vous happer dès les premières pages, de vous couper du monde et de vous plonger dans l’Histoire, dans la honte et le sublime. « Un océan, deux mers, trois continents » fait partie de ces livres que j’ai eu de la peine à refermer, en fin de journée.
Nsaku Ne Vunda, gamin né au bord du fleuve Kongo à la fin du XVIème siècle fut élevé par des missionnaires catholiques, blancs et devint l’un des premiers prêtres noirs. 
Le roi des Bakongos, le charge d’aller plaider la cause des Noirs devant le pape, de partir pour l’alerter du crime que connaissait alors le peuple de son pays, le Kongo, crime commis par des blancs, des portugais, des espagnols, qui trouvaient là une importante source de profits en vendant au delà des mers une main d’oeuvre bon marché, celle des esclaves… 

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