« Miss Sarajevo » – Ingrid Thobois

Miss SarajevoJoaquim, jeune photographe de vingt ans arrive dans Sarajevo en guerre…nous sommes en 1993. Terrible période, terribles souvenirs pour les plus anciens. La guerre était à nos portes. Joaquim reste traumatisé par la mort de Viviane, sa petite sœur de 15 ans, qui s’est défenestrée. Ces souvenirs lui reviennent à l’esprit, en boucle. C’est peut-être pour tout cela qu’il se confronte à la mort, dans son métier. 
Depuis Joaquim a une phobie des fenêtres, une peur viscérale, une peur accrue dans cette ville où les snippers prennent plaisir depuis leurs fenêtres à faire des cartons sur toutes les cibles à leur portée.
Aujourd’hui, quelques années plus tard, en 2017 Joaquim se rend aux obsèques de son père….Il ne l’avait pas vu depuis 20 ans. Un père difficile dont il fallait affronter les sautes d’humeur, les coups de tête. Jaoquim est maintenant seul, sans famille proche…courant le monde. Sa mère aussi a disparu, et il n’a jamais connu son jeune frère mort-né…un secret qui est sans doute la cause de ces malaises, de ces incompréhensions familiales.

Lire la suite

« Un océan, deux mers, trois continents » – Wilfried N`Sondé

Un océan, deux mers, trois continentsCertains livres ont le don de vous happer dès les premières pages, de vous couper du monde et de vous plonger dans l’Histoire, dans la honte et le sublime. « Un océan, deux mers, trois continents » fait partie de ces livres que j’ai eu de la peine à refermer, en fin de journée.
Nsaku Ne Vunda, gamin né au bord du fleuve Kongo à la fin du XVIème siècle fut élevé par des missionnaires catholiques, blancs et devint l’un des premiers prêtres noirs. 
Le roi des Bakongos, le charge d’aller plaider la cause des Noirs devant le pape, de partir pour l’alerter du crime que connaissait alors le peuple de son pays, le Kongo, crime commis par des blancs, des portugais, des espagnols, qui trouvaient là une importante source de profits en vendant au delà des mers une main d’oeuvre bon marché, celle des esclaves… 

Lire la suite

« Cinq branches de coton noir » – Yves Sente / Steve Cuzor

Cinq branches de coton noirIl est bon de rappeler certaines vérités historiques, notamment lorsqu’on va célébrer le 75ème anniversaire du débarquement américain en Normandie. Il est bon aussi de jouer de l’Histoire, de la grande Histoire, pour nous distraire, nous faire rêver… « Cinq branches de coton noir » est construit entièrement autour de ces vérités qui peuvent déranger et du roman…
Roman dont on cherche une fois la dernière page tournée à vérifier la part de vérité.
La bande dessinée est également construite autour de deux périodes, Janvier 1776 à Philadelphie, période de proclamation de l’Indépendance des États-Unis et du premier drapeau américain et juin 1944, date du débarquement en Normandie…deux périodes qui alternent agréablement au fil des pages

Lire la suite

« Idiss » – Robert Badinter

Idiss« Il est simplement le récit d’une destinée singulière à laquelle j’ai souvent rêvé. »….écrira Robert Badinter sur la 4ème de couverture du livre….la destinée d’une grand-mère, Idiss, qui a certainement forgé une partie d’une autre destinée, celle de Robert Badinter…
Que d’émotions, que d’humanité dans ces deux destinées…Oui, j’admire cet homme, ses combats, ces engagements, sa culture. Un homme réservé. Tout simplement un Homme, à mes yeux. 
Il m’a ému lorsque j’ai visionné en replay, quelques jours après, l’émission « La grande librairie », et ému lors de cette lecture. Je n’avais pu l’écouter en direct.
Cruauté d’une vie, dans cette Bessarabie qui chassait le Juif, cet Ydishland, qui parquait les juifs, qui les écartait de la culture, et même de l’enseignement, seuls quelques uns pouvant sortir de cette condition de misère. Et pourtant le Tsar, acceptait et même imposait à ces Juifs de faire la guerre pour son compte. 

Lire la suite

« Un loup pour l’homme » – Brigitte Giraud

Un loup pour l'hommeUne amie me l’avait conseillé, vivement conseillé…Après 5 lignes, j’ai failli le lâcher. 
Dès la première page j’ai été « bousculé » par l’attitude  qui me semblait irréaliste du « médecin [qui] ne voit aucune raison d’interrompre la grossesse » de Lila, parce qu’Antoine son mari est appelé en Algérie en qualité de bidasse. « Elle est en parfaite santé, elle est jeune »
Certes les médecins avaient depuis 1955 la possibilité de faire pratiquer ou de pratiquer des avortements thérapeutiques mais le sujet demeurait encore tabou, et interdit par les mœurs, et la loi sur de très nombreux points. Seules les « faiseuses d’anges » dont les noms et adresses s’échangeaient sous le manteau, réglaient les erreurs dues à la méthode de calcul d’Ogino, « père » de si nombreux enfants….. Le médecin ne pouvait nullement fonder sa décision sur la seule jeunesse et la seule santé de la maman, qui n’étaient pas les seuls critères pris en compte…un peu trop rapide à mon goût !

Lire la suite

« Poste restante – Alger » – Boualem Sansal

poste restanteOn ne présente plus Sansal, cet auteur engagé, qui, à plusieurs reprises a été menacé et insulté par certains de ses compatriotes. 
Le pouvoir politique algérien ne l’aime pas, du fait sans doute de ses succès littéraires, de sa liberté de parole que ces derniers lui permettent.  D’autres auraient choisi de se taire ou d’émigrer. Lui au contraire parle. 
Et dans chacun de ses livres, il a le don de frapper là où ça fait mal, le don de nous faire réfléchir, de nos émouvoir. « Mes précédents livres m’ont disqualifié aux yeux de certains. » dit-il. 
Le titre « Poste restante », véritable lettre ouverte à ses compatriotes, est resté censuré dans son pays. Ce pamphlet, attaque frontalement le FLN, parti qui dirige l’Algérie depuis l’Indépendance, parti incapable de placer l’Algérie sur la voie du développement, malgré les immenses ressources pétrolières dont elle dispose. 

Lire la suite

« Magda » – Mazarine Pingeot

MagdaMagda et Guillaume son mari, sont agriculteurs dans une ferme des Pyrénées-Atlantiques. Ils vivent presque en autarcie et fréquentent peu de monde. Ils prennent beaucoup de plaisir à faire ensemble des randonnées en montagne. Ils restent toujours peu absents de leur ferme, afin de rester proches d’Ézéchiel, leur fils de 27 ans, schizophrène, qui vit dans une dépendance de la ferme, suivi par une assistante de vie. Ils mènent une vie simple, loin du monde et son agitation. 
Leur fille Alice vit, quant à elle, dans une communauté rejetant la société de consommation et fréquente peu ses parents. Alice et son compagnon Fabrice, qu’ils n’apprécient pas, sont arrêtés et accusés de terrorisme, Alice ayant été vue dans une voiture à proximité du lieu d’un sabotage sur une voie ferrée. 

Lire la suite