« Les déracinés » – Catherine Bardon

Les déracinésWill, journaliste, écrit des chroniques dans des quotidiens autrichiens  et fréquente les soirées au cours desquelles se réunissent les artistes et écrivains viennois. Almah quant à elle est une jeune étudiante rêvant de devenir dentiste. Un regard, le coup de foudre est immédiat. Promenades sages, sous un ciel qui se couvre de plus en plus. Chez les voisins allemands les vexations contre les juifs sont de plus en plus fréquentes, et à Vienne Dollfuss commence à copier les mesures allemandes anti-juives. Présentations aux familles, mariage…une belle vie d’amour s’ouvre devant eux…tout ce rêve serait si simple et si beau si Almah et Will n’étaient pas de jeunes juifs vivant à Vienne dans les années 30. Vienne où les personnages du roman croisent au fil des ans Zweig, Herzl, Freud… Et le moustachu berlinois décida d’annexer l’Autriche au Reich. Un Reich qui devait durer 1000 ans. Alors seule solution, fuir, et abandonner sur place ceux qu’on aime..Abandonner l’avenir brillant qui les attendait.
Une solution imposée.

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« Sigmaringen » – Pierre Assouline

SigmaringenJ’ignorais que le gouvernement français de l’Occupation était parti se réfugier en Allemagne en septembre 1944, quelques mois après le débarquement allié…..À moins que le moustachu, n’ayant pas trop confiance en leur loyauté ait pris l’initiative de les écarter des affaires en les ayant sous la main.
Merci à Dominique, elle se reconnaîtra…Elle m’a dit en me prêtant ce livre (et d’autres) : « je crois que tu aimeras, j’ai vu que tu appréciais Pierre Assouline et l’Histoire ».
Et j’ai apprécié cette découverte littéraire et historique.
Le Maréchal Pétain, Laval, Doriot, de Brinon, Bonnard, Déat, Luchaire, Rebatet, Ménétrel, médecin personnel de Pétain, le docteur Destouches, plus connu sous le nom de Céline et j’en passe arrivèrent ensemble, en train au château de Sigmaringen, réquisitionné par les nazis. Le drapeau des princes de Hohenzollern, maîtres des lieux fut descendu et remplacé par le drapeau français…le château devint ainsi un petit bout de France, qu’aucun des pensionnaires, du plus petit au plus grand ne devait quitter.

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« La leçon d’allemand » – Siegfried Lenz

La leçon d'allemandSiggi Jepsen devait rédiger un devoir sur le thème « Les joies du devoir »… Il rend une copie blanche. Non pas par manque d’inspiration, mais il a tant de choses à dire. Alors il est puni, il restera enfermé dans sa chambre du centre de redressement où il se trouve, tant qu’il n’aura pas achevé son devoir.
Siggi se met alors à écrire, écrire, sans jamais s’arrêter. Cahier après cahier, jour après jour, mois après mois il raconte le plat pays, les brumes et le froid de cette Allemagne du Nord,  son père policier, son ami peintre, les derniers mois de guerre, l’après guerre. Personne en peut l’arrêter.
Jens Ole Jepsen, son père, était le responsable du poste de Police de Rugbüll. A vélo il effectuait son travail de policier de l’Allemagne nazie, surveillait les gens, et surtout faisait respecter sans état d’âme les décisions prises par le régime. Toutes les décisions, même celles qui touchaient ses amis.

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« Les amnésiques » – Géraldine Schwarz

les amnésiquesEt si le national-socialisme qui fit tant de victimes avait encore de « beaux » restes? Ne fait-il pas encore vibrer des personnages politiques qui servent une partie de ces restes dans leurs discours aux électeurs? 
Géraldine Schwarz est une jeune journaliste née d’un papa allemand et d’une maman française. Ils se rencontrèrent en 1968. 
L’histoire de la famille de son père n’est pas tout à fait exemplaire, et sert de fil conducteur au livre. Le livre n’est pas un roman, mais un travail journalistique d’enquêteur et d’historien portant à la fois sur la période de guerre mais aussi sur l’après-guerre, pays par pays.

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« Ces rêves qu’on piétine » – Sébastien Spitzer

Ces rêves qu'on piétineNous échangions sur nos coups de cœur littéraires avec un ami, quand celui-ci me parla de « Ces rêves qu’on piétine » et m’intrigua en me disant   « Savais-tu que l’épouse de Goebbels avait un père juif, enfin pas son père, mais le mari de sa mère, dont elle portera le nom ? » 
Je craignais de lire un ixième livre sur la 2ème guerre mondiale, sur le nazisme….cette période qui fascine les auteurs…et les lecteurs.  
Bien sûr ce livre a pour cadre cette période. Mais il est différent des autres ouvrages, car il aborde ce cataclysme sous un angle à la fois historique, psychologique et romancé, en mettant en parallèle des destins : d’une part celui de déportés et d’un homme en particulier, et d’autre part celui de cette femme, la première dame du régime, cette femme mère de sept enfants, qui se cache comme un rat dans le bunker de Berlin, alors que les soldats russes avancent dans les décombres. Cette femme qui connut la puissance et la gloire est considérée comme la première dame du régime et eut même un amant juif…
Comment ne pas s’interroger face à ce destin ?

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« L’ordre du jour » – Éric Vuillard

L'ordre du jour

Que serait la littérature sans la seconde guerre mondiale ? Celle-ci fascine de nombreux auteurs…et lecteurs, et il faut bien reconnaître que les écrits sont très inégaux. L’imagination l’emporte souvent sur la réalité historique, et en permanence, le lecteur doit s’interroger quant à la réalité des faits qui lui sont présentés.
Eric Vuillard, quant à lui échappe à cette interrogation. Je l’ai connu avec Congo, Tristesse de la terre, 14 juillet, et dans chacun d’eux, il arrive en 150 pages environ à décortiquer un fait historique, et surtout à passionner son lecteur. 
Dans « L’ordre du jour », il ne décrira ni les batailles, ni les bombardements massifs, les camps de concentration ou les millions de morts, mais se limitera à quelques faits qui à eux seuls peuvent résumer cette guerre, Des faits qui ont permis ce conflit mondial.

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« Ce que j’ai voulu taire » – Sándor Márai

ce que j'ai voulu taireIl y a quelques mois, par hasard, je découvrais Sándor Márai avec Les Braises et la Sœur ..Et les quelques mots écrits sur la quatrième de couverture de « Ce que j’ai voulu taire » que je feuilletais dans la bac des livres à ranger en rayon de la Médiathèque m’ont interpellé : « Longtemps présumé perdu avant d’être retrouvé et de paraître en 2013… »…
Un hasard, qui fait bien les choses. 
Un peu désuet peut-être, assez oublié des médias, Sándor Márai a le charme des vieilles choses, le charme d’un temps révolu, et le regard d’un humaniste, d’un homme sans doute désespéré, qui quitta son pays, la Hongrie en 1948, pour fuir le régime communiste….et se donner la mort en 1989

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