« Le Cimetière des rêves » – Hanan EL-Cheikh

Cette année se termine, elle avait si bien commencé !…

…tant de rêves, tant de projets peuplaient nos têtes….patatras… un petit machin a tout foutu en l’air, un petit machin a tout cassé, a brisé tous nos projets, nos vies, nos rêves de voyage, nos libertés.

Oui nous rêvions et nous avons du faire le deuil de nos projets, et pour certains de nos amis, ou de membres de notre famille…

Et pourtant, d’habitude quand nous rêvions nous parvenions souvent à mettre ces rêves en musique, à les vivre, a concrétiser nos projets..en totalité ou en partie.

Cruelle déception !

Nous ne sommes pas les seuls à rêver…depuis des lustres, des femmes rêvent d’une autre vie, d’une indépendance qu’elle n’auront jamais. Elles vivent sous des cieux qui ne les ont pas vu naître parce qu’elles suivent leur mari, dans des grandes villes ou dans des villages loin du monde qu’elles ne quitteront jamais.

Là, elles passeront leur vie, à rêver d’une autre monde, d’une autre vie.

Elles veulent être actrices de leur vie, de leur rêves…mais c’est un rôle qui leur est souvent interdit.

13 nouvelles, de quelques pages, pour nous offrir 13 émotions, treize vies.

2020, année pourrie pour nous, se répète depuis bien des années sous d’autres cieux pour certaines de ces femmes. Et pour longtemps sans doute !

Pensons-y !

Éditeur : Actes Sud – 2000 – 218 pages – traduction par Yves Gonzalez-Quijano


Suivre le lien vers la présentation de Hanan EL-Cheickh


Quelques lignes

  • « J’ai détourné le visage pour contempler la lessive qu’on avait mise à sécher au dessus d’une tombe, une bassine vide abandonnée là, un plat posé sur une autre pierre tombale, comme si c’était une table. Les gens étaient venus s’installer en cet endroit à cause de la crise du logement. Ils avaient occupé le mausolée familial, celui de leurs voisins. On les louait comme s’ils s’agissait de maisons normales, on y vivait une vie ordinaire. Des antennes de télé se dressaient la où la mère de Farid songeait à agrandir » (P. 23)
  • « En fait morte ou vive, j’aime autant être seule » (P. 24)
  • « Je reconnais que je ne suis pas folle, que j’ai peur et honte, par ce que je suis tombée amoureuse d’un autre homme et que j’ai voulu divorcer pour pouvoir l’épouser » (P. 32)
  • « Elle avait peur de perdre patience et de révéler la vérité, peur de hurler tout haut cette chose scandaleuse : non, non son amour ne l’avait pas trompée, non, elle n’était pas malade mais elle avait décidé de ne pas avoir d’époux, des années auparavant quand elle avait découvert que le seul résultat du mariage, c’était de geler ces sentiments qui avaient le don de faire battre les cœurs, de susciter une attente anxieuse en colorant tout d’un jour d’une attente anxieuse » (P. 55)
  • « Elle croyait que la lassitude qui la gagnait par moments était due à une tension trop basse, mais elle comprenait à présent que la seule cause était son manque de goût pour l’exigence qu’elle menait » (P. 131)

« Bas les voiles ! » – Chahdortt Djavann

« De treize à vingt-trois ans, j’ai été réprimée, condamnée à être une musulmane, une soumise, et emprisonnée sous le noir du voile. De treize à vingt-trois ans. Et je ne laisserai personne dire que ce furent les plus belles années de ma vie. »

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« Le voile de Téhéran » – Parinoush Saniee

LE VOILE DE TÉHÉRAN

«Le problème, c’est que je ne sais pas ce que signifie le mot “bonheur”» dira Massoum.
Oui, le bonheur est un état d’âme bien rare dans ce livre, bien bref, si l’on considère le bonheur des femmes de ce roman….C’est tout autre chose si on prend en considération le lecteur qui trouvera certainement qu’il est bien difficile de fermer ce livre le soir, qui éprouvera le bonheur d’une lecture qui le transportera vers d’autres mondes, vers d’autres époques, qui l’indignera et le percutera de plein fouet.
Massoumeh Sadeghi, appelée Massoum par les siens, est la narratrice et le personnage principal du roman. C’est une jeune femme aux yeux verts dont je suis tombé amoureux…Le texte et …l’image de la couverture en sont la cause. Nous la suivons pendant plusieurs dizaines d’années, au fil des évolutions politiques de l’Iran, évolutions qui n’apportent aucune révolution dans la mentalité de la majorité des hommes. Au contraire.. 

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« Une si longue lettre » – Mariama Bâ

Une si longue lettreRamatoulaye femme sénégalaise vient de perdre son mari décédé d’une crise cardiaque. Un mari avec lequel elle a eu 12 enfants pendant leurs 30 années de vie commune. Il avait obtenu en France sa licence en droit et avait été  avocat des syndicats puis fonctionnaire. Elle écrit ces longues lettres destinées à son amie Aïssatou : « la confidence noie la douleur ».
Une douleur vive en partie du fait de ce décès, mais aussi parce que en respect de la tradition africaine, elle est dépouillée de ses biens, de la maison familiale, quelques jours après le décès par la belle famille de son mari…un mari qui l’avait abandonné pour épouser une gamine amie de lycée de sa propre fille…
Douleurs joies et peines diverses ponctuent ces courriers. Plus tard des prétendants lui proposeront le mariage.

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