« Canada » – Richard Ford

CanadaLa vie presque banale d’un gamin de 15 ans, une vie bouleversée par le hold-up minable commis par ses parents. Un père ancien aviateur, mis à la porte de l’armée pour des magouilles, incapable de s’adapter à cette nouvelle vie, n’arrivant pas à trouver un travail, à joindre les deux bouts, obligé de se lancer dans des boulots pour lesquels il n’est pas fait, qu’il abandonne pour de nouvelles magouilles, en mentant  à sa famille, mensonges qui lui font croire à ses projets. Une mère juive, mariée trop tôt, parce qu’enceinte du jeune Dell, le narrateur et de sa sœur jumelle. Un couple qui ne se comprend pas, ne se parle pas, un père un peu fantasque, une mère « hostile au monde », souffrant d’un complexe de supériorité.

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« Diên Biên Phù » – Marc-Alexandre Oho Bambe

Diên Biên Phù

« Écrire est un geste, un acte plein, qui me soigne et me signe.
J’écris. »
Alexandre, Journaliste et écrivain idéaliste selon lui, écrit, c’est son métier. 
Il nous berce, nous remue, nous étonne par ses mots, nous fait vibrer d’émotion en écrivant cette longue lettre, celle longue déclaration d’amour à Maï Lan, « une entraîneuse et plus si affinité » qu’il a connue il y bien longtemps quand il était soldat à Diên Biên Phù…
Pour fuir cette vie , qui ne lui apportait rien, pour fuir son épouse en France, il s’était engagé dans l’armée, « Jeune et mal marié » il cherchait un idéal, une vie….Là bas dans un de ces bars à bidasses, entre deux combats, il la rencontra et l’aima…sa vie en fut à jamais changée, bouleversée. Chaque jour il combattait les jeunes vietnamiens de l’âge de Maï Lan, tuer ou être tué, jusqu’à cette funeste bataille de Diên Biên Phù, formidable coup de pied au cul qui le renvoya rapidement en métropole, lui et ses copains, sans qu’il puisse la revoir, lui dire au-revoir …

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« L’Empreinte » – Alexandria Marzano-Lesnevich

L'EmpreinteDès les premières pages, l’auteure nous avertit : « il s’agit d’un livre sur ce qui s’est produit, oui, mais aussi d’un livre sur ce que nous faisons de ce qui s’est produit. Il parle d’un meurtre, il parle de ma famille, il parle d’autres familles dont les vies ont été bouleversées par le meurtre. Mais plus que ça, bien plus que ça, il s’agit d’un livre sur la façon dont nous comprenons nos vies, le passé, sur la façon dont nous nous comprenons les uns les autres. » Tout est dit sur ce livre dense, fouillé, fort et puissant car vrai puisque écrit à partir d’archives importantes et de souvenirs personnels traumatisants de l’auteure. 

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« Le voile de Téhéran » – Parinoush Saniee

LE VOILE DE TÉHÉRAN

«Le problème, c’est que je ne sais pas ce que signifie le mot “bonheur”» dira Massoum.
Oui, le bonheur est un état d’âme bien rare dans ce livre, bien bref, si l’on considère le bonheur des femmes de ce roman….C’est tout autre chose si on prend en considération le lecteur qui trouvera certainement qu’il est bien difficile de fermer ce livre le soir, qui éprouvera le bonheur d’une lecture qui le transportera vers d’autres mondes, vers d’autres époques, qui l’indignera et le percutera de plein fouet.
Massoumeh Sadeghi, appelée Massoum par les siens, est la narratrice et le personnage principal du roman. C’est une jeune femme aux yeux verts dont je suis tombé amoureux…Le texte et …l’image de la couverture en sont la cause. Nous la suivons pendant plusieurs dizaines d’années, au fil des évolutions politiques de l’Iran, évolutions qui n’apportent aucune révolution dans la mentalité de la majorité des hommes. Au contraire.. 

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« Un océan, deux mers, trois continents » – Wilfried N`Sondé

Un océan, deux mers, trois continentsCertains livres ont le don de vous happer dès les premières pages, de vous couper du monde et de vous plonger dans l’Histoire, dans la honte et le sublime. « Un océan, deux mers, trois continents » fait partie de ces livres que j’ai eu de la peine à refermer, en fin de journée.
Nsaku Ne Vunda, gamin né au bord du fleuve Kongo à la fin du XVIème siècle fut élevé par des missionnaires catholiques, blancs et devint l’un des premiers prêtres noirs. 
Le roi des Bakongos, le charge d’aller plaider la cause des Noirs devant le pape, de partir pour l’alerter du crime que connaissait alors le peuple de son pays, le Kongo, crime commis par des blancs, des portugais, des espagnols, qui trouvaient là une importante source de profits en vendant au delà des mers une main d’oeuvre bon marché, celle des esclaves… 

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« L’homme de Kiev » – Bernard Malamud

L'HOMME DE KIEVZhenia Golov, un gamin âgé de 12 ans est retrouvé sauvagement assassiné par deux autres gamins. Son corps criblé de coups de couteau avait été saigné à blanc. 
« Les Juifs » sont montrés du doigt….
Yakov Shepsovitch Bot, un homme simple, vivant de petits boulots, a été abandonné par son épouse infidèle, alors il part vers la grande ville, vers Kiev dans sa vieille charrette déglinguée tirée par son vieux cheval pour chercher du travail. Il accepte tout, il sait tout faire, notamment réparer tout ce qui est cassé. D’ailleurs il est « Le Réparateur ». 
Yacov n’est pas un homme inculte, il aime lire Spinoza
Il sauve un vieil homme riche, Nicolai Maximovitch Lebedev, qui s’était affalé dans la neige. Reconnaissant le vieil homme lui proposera de remettre en état un appartement qu’il loue, puis de surveiller sa briqueterie afin de réduire les vols de briques… Yakov se méfie de cet homme qui arbore l’insigne des « Cent-Noirs » épinglé à son manteau…l’insigne d’une groupe ouvertement antisémite et raciste.
Yacov est juif, il a besoin de travailler et malgré les risques qu’il encourt, il accepte ces deux propositions. Et donne toute satisfaction, sauf aux ouvriers et contremaîtres de l’usine…il gêne leurs petits trafics . 

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« Suite française » – Irène Némirovsky

Suite-francaise« Mon Dieu ! que me fait ce pays ? Puisqu’il me rejette, considérons-le froidement, regardons-le perdre son honneur et sa vie. Et les autres, que me sont-ils ? Les Empires meurent. Rien n’a d’importance. Si on le regarde du point de vue mystique ou du point de vue personnel, c’est tout un. Conservons une tête froide. Durcissons-nous le cœur. Attendons. »
Quelques mots relevés dans les annexes du livres, extraits des notes de l’auteure reprises en fin d’ouvrage… Irène Némirovsky était lucide. Quelques mois plus tard elle était gazée à Auschwitz…une parmi six millions. Elle avait presque 40 ans.
J’avais lu ce livre il y a bien longtemps, lorsqu’il obtint le prix Renaudot en 2004. Une récompense posthume bien méritée, une reconnaissance qui m’avait bouleversé. C’était la première fois que ce prix était attribué à un auteur disparu.

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