« À l’ouest rien de nouveau » – Erich Maria Remarque

À l'ouest rien de nouveauÉcrit par un auteur allemand, lui même soldat blessé au cours de la guerre de 1914-18, Ce livre fait partie de ceux qu’il faut avoir lu pour connaître, et comprendre ce drame.
Le narrateur, Paul Bäumer est un fantassin allemand, engagé volontaire poussé à la mobilisation par le nationalisme de ses instituteurs/professeurs. Comme beaucoup d’autres. 
Il écrira à leur sujet : « Ils auraient du être pour nos 18 ans des médiateurs et des guides nous conduisant à la maturité, nous ouvrant le monde du travail, du devoir, de la culture et du progrès, préparant l’avenir. »
Il n’a pas le comportement du tueur sanguinaire. C’est avant tout un homme qui nous fait partager avec réalisme cette guerre, qui nous montre que de part de d’autres, les souffrances furent identiques. Il nous décrit les brimades des chefs, la faim, les conditions de couchage dans la boue, le froid la nuit pendant les gardes.

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« Le chemin des âmes » – Joseph Boyden

le chemin des âmes.jpgNombreux sont les livres écrits sur la 1ère guerre mondiale, soit par des combattants qui ont vécu l’horreur, « Le Feu« , « Ceux de 14 » de Genevoix, « A l’ouest rien de nouveau », soit par des romanciers y compris récents qui reçurent des prix littéraires, « Au revoir là-haut« , « Le Garçon« …ces listes ne sont bien sûr pas limitatives.
Tout avait été dit, semble-il et puis c’est si loin…
Ceux qui ont eu comme moi, des grands-pères anciens combattants, ont entendu de leur part, quelques mots dans les années 50-60, quelques rares souvenirs, évoqués souvent les yeux humides. Ces hommes n’aimaient souvent pas parler de ces années, et souhaitaient éviter ces horreurs aux gamins que nous étions. « Plus jamais ça ! »
Une vieille indienne  Niska, a remonté la rivière dans son canoë, pour aller chercher, à la gare, Elijah, mais c’est son neveu Xavier qui vient regagner le Canada après plus de 3 ans de guerre en Europe.Xavier, indien Cree, est amputé d’une jambe, il calme ses douleurs, et ses angoisses aussi, grâce à ses dernières ampoules de morphine, dont il est devenu dépendant.
Il ne courra plus les bois.

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« Notes d’un embusqué » – Aurèle Patorni

notes-dun-embusqueUn tout petit livre, très vite lu, interdit lors de sa sortie en 1919, qui devait certainement gêner un grand nombre de personnes, érudites ou non, d’hommes politiques, d’hommes de toutes conditions, de pousse au crime, qui avaient trouvé le « bon filon » pour ne pas risquer leur vie dans les tranchées. 
Un livre de petites citations, de « bonnes raisons » pour ne pas monter au front, et tout faire pour rester à l’arrière. Ces planqués que l’auteur débusque dans leurs propos d’hommes politiques, de députés, de harangueurs poussant à l’héroïsme. 
Un livre qui donne une autre image de cette France de 1914-18, qui vit comme tout pays en guerre, ses profiteurs, ses planqués….l’hypocrisie en temps de guerre. 

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« La chambre des officiers » – Marc Dugain

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Aux premiers jours de guerre, en août ou septembre 1914, le jeune lieutenant Adrien Fournier, ingénieur en génie civil est grièvement blessé à la face par un éclat de mortier allemand, alors qu’il effectuait une reconnaissance à cheval sur la Meuse avec deux autres officiers. « Une détonation part de tout près. Un sifflement d’un quart de seconde.j’ai le temps de voir une tête qui se détache d’un corps qui plie sur des genoux, un cheval qui s’effondre. L’autre sous lieutenant , qui était resté en selle,s’écroule de mon côté, l’épaule arrachée, l’os qui sort comme d’un jambon. Je sens comme une hache qui vient s’enfoncer sous la base de mon nez. Puis on coupe la lumière. »
Les éclats lui ont emporté une partie de la face et de la mâchoire.. Ses amis sont morts. Ne pouvant être soigné sur place, il sera rapatrié en véhicule sanitaire à l’hôpital militaire du Val de Grâce à Paris…. il devra supporter les conditions de transport difficiles et longues dans ces ambulances des débuts de l’automobile.
Il devient le premier patient du service destiné à accueillir les officiers blessés à la face. 

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« Voyage au bout de la nuit » – Louis-Ferdinand Céline

Voyage au bout de la nuitJe vais sans doute me mettre à dos un bon nombre de lecteurs, qui classent ce livre parmi les chefs d’œuvre de la littérature française, mais globalement je n’ai pas totalement apprécié cet ouvrage, ce voyage de Bardamu, un long voyage dans l’espace, le temps et l’ennui parfois
J’ai, pendant toute ma lecture, essayé de faire abstraction du personnage qu’est devenu Céline, de ses écrits et paroles antisémites des années d’occupation, légitimant la mort de milliers de juifs

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« Au revoir là-haut » – Pierre Lemaitre


Au revoir là-haut2 novembre 1918 : le front est calme. Soldats français et allemands attendent l’armistice. Tous ces poilus ont vu mourir et partir estropiés tant de leurs camarades! « Ceux qui pensaient que la guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps » C’est le moment que choisit un lieutenant bravache, le lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle que la guerre n’a pas encore promu capitaine, pour lancer un dernier assaut afin de conquérir quelques mètres de la côte 113. « L’idée de la fin de la guerre, le lieutenant, ça le tuait ».
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« Le feu » – Henri Barbusse


Le feu
Après avoir vu les émissions spéciales, les films d’époque montés en séries et présentés à la télévision à l’occasion du centenaire de la guerre de 1914-18, j’ai eu besoin de prendre le temps de lire des livres de témoignages écrits par ceux qui ont vécu cette épreuve, non pas des livres de combats, mais des livres sur la vie au quotidien de ces poilus.

Ces poilus, ces « hommes , des bonshommes quelconques arrachés brusquement à la vie. Comme des hommes quelconques pris dans la masse, ils sont ignorants, peu emballés, à la vue bornée, pleins d’un gros bon sens, qui parfois déraille; enclins à se laisser conduire et à faire ce qu’on leur dit de faire, résistants à la peine, capables de souffrir longtemps ».(P.59) Lire la suite