« Fusillé sur son brancard – L’affaire Chapelant et les fantômes de la Grande Guerre » – Jean-Yves Le Naour

Fusillé sur son brancardLe 11 octobre 1914, au Bois-des-Loges, lors des premiers combats, la section de mitrailleurs du sous-lieutenant Julien Chapelant résiste vaillamment aux assauts allemands et cause d’importantes pertes à l’ennemi. Mais les munitions s’épuisent, les mitrailleuses sont lourdes à transporter et les camions n’arrivent pas. Les soldats sont encerclés et se rendent sur ordre du sous-lieutenant…
Dans les rangs français l’ordre de tirer sur ces soldats déserteurs est donné, le sous-lieutenant est blessé à la jambe par un de ces tirs français. Malgré tout, le lendemain, il réussi son évasion et rampe dans le no-mans land qui sépare les deux armées. De là il est ramené dans les lignes française par ses camarades de combat. 
Le Lieutenant-colonel Didier, son chef de corps, décide de le faire passer en conseil de guerre et d’en faire un exemple. Il lui propose même de se suicider avec son arme, sur son brancard, ce que Chapelant refusera. 

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« L’Empreinte » – Alexandria Marzano-Lesnevich

L'EmpreinteDès les premières pages, l’auteure nous avertit : « il s’agit d’un livre sur ce qui s’est produit, oui, mais aussi d’un livre sur ce que nous faisons de ce qui s’est produit. Il parle d’un meurtre, il parle de ma famille, il parle d’autres familles dont les vies ont été bouleversées par le meurtre. Mais plus que ça, bien plus que ça, il s’agit d’un livre sur la façon dont nous comprenons nos vies, le passé, sur la façon dont nous nous comprenons les uns les autres. » Tout est dit sur ce livre dense, fouillé, fort et puissant car vrai puisque écrit à partir d’archives importantes et de souvenirs personnels traumatisants de l’auteure. 

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« L’homme de Kiev » – Bernard Malamud

L'HOMME DE KIEVZhenia Golov, un gamin âgé de 12 ans est retrouvé sauvagement assassiné par deux autres gamins. Son corps criblé de coups de couteau avait été saigné à blanc. 
« Les Juifs » sont montrés du doigt….
Yakov Shepsovitch Bot, un homme simple, vivant de petits boulots, a été abandonné par son épouse infidèle, alors il part vers la grande ville, vers Kiev dans sa vieille charrette déglinguée tirée par son vieux cheval pour chercher du travail. Il accepte tout, il sait tout faire, notamment réparer tout ce qui est cassé. D’ailleurs il est « Le Réparateur ». 
Yacov n’est pas un homme inculte, il aime lire Spinoza
Il sauve un vieil homme riche, Nicolai Maximovitch Lebedev, qui s’était affalé dans la neige. Reconnaissant le vieil homme lui proposera de remettre en état un appartement qu’il loue, puis de surveiller sa briqueterie afin de réduire les vols de briques… Yakov se méfie de cet homme qui arbore l’insigne des « Cent-Noirs » épinglé à son manteau…l’insigne d’une groupe ouvertement antisémite et raciste.
Yacov est juif, il a besoin de travailler et malgré les risques qu’il encourt, il accepte ces deux propositions. Et donne toute satisfaction, sauf aux ouvriers et contremaîtres de l’usine…il gêne leurs petits trafics . 

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Robert Badinter

Robert Badinter (2).jpgAvocat, homme politique et écrivain français né à Paris en mars 1928
 
Militant pour les droits de l’Homme, il exerce aussi diverses responsabilités au sein de la Ligue des droits de l’Homme, d’Amnesty International et des instances de la communauté israélite.

Ministre de la justice sous le président Mitterrand (1981-1986), il fit voter l’abolition de la peine de mort le 9 octobre 1981. 

De 1986 à 1995, il a présidé le Conseil constitutionnel. En 1995, il a été élu Sénateur (socialiste) des Hauts-de-Seine et réélu en 2004. 

Il est l’époux de la philosophe Élisabeth Badinter.

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« Les Confessions de Frannie Langton » – Sara Collins

Les Confessions de Frannie LangtonFrannie Langton va être jugée par un tribunal anglais pour le meurtre sauvage de ses employeurs, George et Marguerite Benham…Nous sommes en avril 1826.
Elle a été retrouvée dans le lit de Mme Benham, à ses côtés, les mains pleines de sang. Elle sait qu’elle va être condamnée à être pendue, même si elle ne se rappelle pas ce qui s’est passé. Aux yeux de tous, elle devient la « négresse meurtrière »…bien qu’elle soit mulâtre.
Oui, Frannie est une « négresse », on ne disait pas encore « une Noire », une vulgaire marchandise qui dira d’elle :  « Toute ma vie on m’a appris que les corps noirs n’ont aucune valeur, mais un prix supérieur à celui des rubis ».
Frannie raconte sa vie, son enfance en Jamaïque à Paradise, la plantation de canne à sucre de Langton, son maître qui lui donna son nom. Elle était domestique, un peu plus haut placée dans la hiérarchie des nègres qui y travaillent que les esclaves qui cultivent les cannes. Elle avait même appris à lire, ce que les autres nègres étaient incapables de faire. Elle adore lire, surtout Candide. Langton l’a faite venir avec lui en Angleterre et l’a offerte à Benham…sans état d’âme comme un vulgaire cadeau !

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« Même les monstres » – Thierry Illouz

même les monstres« Un crime monstrueux…. », « Le monstre a tué… »que de fois ces poncifs nous ont été asséné par les médias. Que de fois avons-nous eu de telles pensées à la lecture de comptes-rendus de procès? 
Quand à l’avocat, c’est souvent aussi qu’on lui pose cette question « Vous défendez même les monstres? ». L’avocat Thierry Illouz, s’en défend, il défend uniquement des hommes, des criminels. Il réfute le mot de monstre, et dans ce court livre d’une centaine de pages, presque une plaidoirie, l’avocat, l’homme Thierry Illouz, nous parle de lui, né en Algérie puis de la France, où il arriva, à un an, en 1962 dans le flot des pieds noirs. 
Et aussi, et surtout, de cette vocation, de ce métier difficile qu’est celui d’avocat : « Il ne faut pas être d’accord avec le monde pour choisir le métier fou et désespéré de défendre. »

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