On parle souvent de l'enchantement des livres. On ne dit pas assez qu'il est double. Il y a l'enchantement de les lire et il y a celui d'en parler. (Amin Maalouf – Les désorientés)
Homme politique français né le 7 août 1977 à Asnières-sur-Seine.
Membre du Parti socialiste, et maire d’Asnières-sur-Seine de mars 2008 à mars 2014, conseiller régional d’Île-de-France de mars 2004 et 2012 et député des Hauts-de-Seine de juin 2012 à juin 2017.
Il est premier adjoint au maire de Unzent depuis 2026.
«Le racisme et l’antisémitisme étaient ses nouvelles raisons de vivre. Il se sentait bien au parti, car celui-ci dérivait également dans ce sens et à vive allure. » (P. 101).
Je n’aurais sans doute pas feuilleté ce titre, si des circonstances familiales découvertes par hasard, à l’occasion d’une indiscrétion ne m’avaient titillé les oreilles.
Oui, au sein des familles, certaines circonstances de l’Histoire sont tues et soigneusement cachées…mais le hasard de ces quelques mots échappés au cours d’un repas, m’ont titillé pendant plus de soixante ans. Mots vite cachés, à la suite des gros yeux de circonstance. Il est des histoires voire des erreurs ou des passés familiaux qui ne méritent pas d’être évoquées, passes familiaux qui ouvrent une porte que tous cherchent à fermer le plus vite possible, surtout devant les enfants….mais le gamin de 15 ans que j’étais, avait été remué par ce silence imposé par les gros yeux de certains, et le silence réprobateur qui suivit, obligeant la discussion d’emprunter d’autres voies .
Aujourd’hui, le plus vieux survivant de ce repas familial a eu des réponses à ces mots de hasard, mots et maux qui m’ont longuement hanté.
Oui il est des tares familiales qui doivent impérativement être tues et cachées sous les assiettes au moment des repas.
Et j’avoue que cette lecture a contribué à m’ouvrir un peu plus les yeux, les oreilles et l’esprit sur cette période d’infamie, période qui semble, de nouveau, vouloir pointer son nez et imposer ses vues…de l’autre côté de l’Atlantique, et ici aussi..
Toute cette période de notre Histoire est née d’une idée et d’un projet porté par Doriot « brillant orateur qui jouissait d’une grande popularité au sein du Parti communiste. […] « Il effectua plusieurs voyages à Moscou où il rencontra Joseph Staline » et « était même l’un des principaux dirigeants du PCF »
Il évolua avec le temps et fut exclus du PCF… pour se rapprocher de la droite la plus extrême. Droite dont il fut l’un des chantres et des animateurs
C’est cette longue évolution qui est mise en roman dans ce titre…La nausée n’est jamais loin, voire toujours présente…..mais surtout ce titre nous en apprend beaucoup sur cette période cachée et tue au sein de certaines familles et surtout peu évoquée à l’occasion de ma scolarité .
Les silences familiaux avaient une cause que je comprends encore plus avec cette lecture. Dommage que la religion ait mis un voile pudique sur cette histoire à cacher à tout jamais…Voile qu’il me plaît de déchirer.
J’ai, en tout cas, avec cette lecture un embryon de réponse. L’école et le lycée ne m’en avaient pas parlé ou si peu…la guerre était achevée depuis une quinzaine d’années et les discussions familiales étaient bien trop superficielles et timorées pour évoquer cette période… qui ne fit que rarement l’objet de précisions. Cette honte !
Cette lecture m’a permis d’en savoir un peu plus..mais peut-être pas tout.
Ah ! Que j’aurais aimé entendre tout ceci des témoins familiaux, et surtout leur poser des questions.
Questions, non pour juger, car c’est toujours facile et bien présomptueux de juger les erreurs du passé. Oui, c’est bien insidieusement que ces années ont vu des hommes issus du PC évoluer vers la collaboration.
Plus personne ayant vécu cette période n’est encore là pour nous en parler. Seuls certains livres sont là pour nous ouvrir les yeux….mais sans doute, faut-il croiser d’autres regards, lire d’autres livres, pour en apprendre plus.
« Le discours de Doriot fut particulièrement galvanisant pour ses troupes. Il était à la fois anticommuniste et antifasciste. Le chef considérait que le PPF était le meilleur rempart à la montée du fascisme et du nazisme en France et en Europe. Beaucoup d’anciens communistes présents approuvaient la nouvelle ligne de leur nouveau parti.» (P. 13)
« Fort de son expérience au sein des jeunesses communistes, c’était Jacques Doriot qui avait pensé et conceptualisé l’UPJF » (P. 14)
« Alors pendant deux ans, malgré son jeune âge, Eugène fit tout pour se faire remarquer. Il assistait à toutes les réunions, collait des affiches, vendait au marché l’Emancipation, le journal militant de Saint-Denis, distribuait les papillons de propagande du maire. » (P. 15)
« Doriot voulait que cette grande réunion démontre que, depuis juin, le PPF était devenu la principale force politique en France rassemblant des hommes et des femmes d’horizons sociaux et politiques totalement différents. C’était un parti d’ouvriers et de gauche, mais pas seulement, il fallait recruter largement. C’était un véritable enjeu politique. » (P. 31)
« On doit accélérer pour sauver la France et contrer les cocos, les juifs, les francs-mac. » (P. 87)
A côté des grandes maisons d’édition, régulièrement invitées des chaînes télés, ou faisant la une des magazines littéraires, en mettant en avant des auteurs connus et reconnus par les médias, à chaque livre édité, des éditrices ou éditeurs moins médiatisés, moins mis en avant ont le don de découvrir et de promouvoir des auteurs moins connus, voire des nouveaux auteurs livrant aux lecteurs leurs premiers titres…des auteurs peu habitués aux plateaux-télés.
Ce sont souvent des auteurs qui ont eu le courage d’écrire un premier livre, ou un second…..des auteurs créatifs proposant au lecteur des personnages singuliers, plus ou moins atypiques, des histoires de vies en quelques nouvelles des textes de quelques pages.
Ces pans de vies plus ou moins banals, permettant au lecteur, par-ci , par-là de se reconnaître, et de retrouver des situations vécues, des personnes croisées un jour, des rencontres dues au hasard, des histoires de vies vécues, des amours recherchées et rapides !
En ce qui les concerne, ce sont des rencontres avec l’alcool, des tromperies, des désirs d’enfant, mais aussi le besoin de technologie, le recours ou l’intérêt pour des marques connues, le besoin de « bling-bling »…. sans oublier celui de retrouver la ligne….désirs d’enfant, que la nature ne veut pas toujours offrir et besoins de rencontres et besoin de technologie, les écrans,…et j’en passe. Des besoins, qui peu ou prou, s’apparentent aux besoins du lecteur….Qui peut s’y retrouver.
Autant de petits ou plus grands pans de vies, de rencontres avec des personnages singuliers dotés chacun de dons particuliers.
Autant de contes mettant en scène des personnages atypiques, qui peuvent, un jour ou l’autre croiser nos vies.
….rien à voir avec les poissons rouges…loin de là, mais des textes qui bousculent et interrogent le lecteur sur notre société, sur sa situation dans la la société.
Oui, c’est dans cette diversité, dans ce regard sur notre monde actuel que s’écrit cette lecture
Chacun des personnages ayant un don particulier qu’il est seul à posséder…et qui le rend différent des autres, des dons qui les distinguent les uns des autres….
Sauront-ils tirer profit de leurs singularités?
Ou seront-ils mis au ban de la société parce que « différents » ?
Editeur : Le Chant des Voyelles – 2025 – 140 pages
« Après tout ce qu’elle avait donné sans compter pour l’instruction, les loisirs et même l’établissement de ses garçons, il ne restait plus qu’un matelas, certes toujours confortable, mais pas infini pour assouplir la seconde moitié de sa vie. » (P.87)
« Son amertume face au soulagement qu’il ne parvenait pas à cacher, son amertume face aux écrans omniprésents qui l’avaient stérilisé comme un chat pour mieux le garder dans leur giron cathodique. » (P. 122)
« Il était né, non pas pour lier son destin à un autre, mais pour réparer dans l’humanité entière, inlassablement, les erreurs parfois grotesques du fatum. » (P.133)
« Comment prétendre à un quelconque demain quand on n’a plus d’hier » (P. 135)
« le grand méchant diagnostic fut posé, clair, net, irréfutable. Le voleur de passé, le cambrioleur de vie, le grand A terrifiant, qui, chez toute personne sensée, figure sur la short-list de l’horreur. Plus de conjectures : c’était écrit désormais, noir sur blanc. »
« Ici, on ne vend pas le pain des Français aux bougnoules! Dix baguettes ! Et encore quoi ? »
éructa le boulanger, les bras croisés derrière sa longue vitrine de pâtisseries. J’avais six ans, et mon père, qui me tenait par la main en resta sans voix. » (P. 13)
L’enfant accompagne son père et va, avec lui acheter du pain à la Boulangerie…..Les plus anciens d’entre nous se souviendront de ce sketch de Fernand Raynaud, dans les années 50-60….sketch qui mettait en scène un boulanger arabe, également rejeté par racisme, quittant son pays d’adoption et laissant les villageois sans pain…
Fernand Raynaud évoquait le départ du boulanger quittant son village, vaincu par le racisme…. un rire jaune pour dénoncer cet ostracisme, ce racisme avoué, envers ces arabes qui déjà étaient accusés de venir manger « le pain des Français ». On en riait dans les années 60-70.
Un autre « comique » Jacques Chirac avait évoqué en parlant des étrangers d’origine maghrébine le « Bruit et l’odeur »… pas très malin à mes yeux. Des propos qui venant de la bouche d’un Président de la République en exercice, m’avaient indigné ..
Mais cet ouvrage est bien loin de faire rire le lecteur de 2025…Le but est identique…montrer les ravages du racisme, du rejet de l’autre parce qu’il est étranger. Au contraire, il va le bousculer, le déranger fortement.
Le propos de Xavier Leclerc est bien plus dérangeant qu’un sketch de Fernand Raynaud ou plus grave, qu’une boutade indigne d’un Président de la République en exercice !!!
Xavier Leclerc évoque les crimes commis en masse en Algérie par la France, ces arabes jeunes et vieux décapités à l’épée, à la hache, agenouillés avec une corde tendue autour du cou pour bien dégager la nuque et dont les crânes sont conservés au Musée de l’Homme, à Paris, crânes dont il imagine les conversations dans les caves du Musée, notamment cette gamine décapitée, dont le crâne est répertorié, un numéro sur la tempe….comme tous les autres. Certains enfants et adultes ont été vendus comme bêtes de foire. Et des restes humains, des crânes, des mâchoires, ont été jetés aux fauves de la ménagerie ou vendus à des collectionneurs !…
En imaginant la vie de cette gamine de 8 ans décapitée, comme bien d’autres, il dérange le lecteur en insistant sur les autres ignominies, les autres saloperies, pardon pour le mot, mais je n’en ai pas d’autre, faites lors de cette conquête de l’Algérie. Les restes humains et les os des cimetières ont été exploités « Pour parfaire l’empierrement qui relevait du service des Ponts et Chaussées, d’innombrables squelettes mélangés aux stèles de marbre servirent à remblayer les routes. » (P. 70)
Il donne d’autres chiffres, d’autres données…..terribles : 420 000 algériens sont morts du fait de la guerre, 2.5 millions de paysans furent déportés dans des « camps de regroupement », 8 000 villages furent en partie ou totalement détruits et 27 000 harkis furent abandonnés à leur triste sort après le départ des Français. On sait ce qu’il advint d’eux
Même la violence des intégristes fut largement dépassée et n’a pas atteint les 250 000 victimes. On en vient à se demander si ces données sont justes ou non!
On est bien loin du « Bruit et de l’odeur »…l’écœurement est garanti ! Les chiffres sont là pour étayer les propos de l’auteur. Surtout quand ces faits historiques ont été commis par des hommes, des soldats du pays des Droits de l’Homme! Par la France qui parfois dans d’autres occasions, donne des leçons de dignité au restes du monde .
Oui j’ai été écœuré par cette lecture. Ecœuré par les chiffres, écœuré par les situations décrites par la France, Pays des droits de l’Homme! qui stocke dans ses sous sols « 18000 crânes dont la moitié vient des colonies » ! ….des crânes humains.
Si vous aussi, lecteurs, cherchez un titre bouleversant, un propos historique, quelques heures dérangeantes, n’hésitez pas !
L’auteur précise : « Son silence fit du garçon que j’étais l’écrivain qui greffera sur les écorchés, toute sa vie, des mots comme de la peau. » (P. 16)
« Je savais déjà qu’écrire ne consistait pas à produire de belles rimes niaises, mais à basculer dans un autre monde. » (P. 22)
« Comment se libérer du terrible conflit de loyauté, de cet héritage colonial si douloureux.? je n’ai pas trouvé mieux que ce brise-chaîne d’établi qu’est la littérature.( P. 25)
« Les chantiers, les mines étaient avides de cette main d’œuvre payée un tiers en moins que leurs collègues français » (P. 14)
« Le jeu des ratonnades qui commençait par des injures racistes , des coups et des brimades dans la rue se finissait souvent avec un crâne défoncé contre l’arête d’un trottoir, des côtes cassées, des noyades ou selon l’humeur des copains, une pendaison dans les bois. » (P.14)
« J’étais une mouche coincée entre les rideaux et la vitre, que le mot « tapette » assommerait tôt ou tard. » (P. 17)
« Au fond, se divertir ou rire de ces clichés sur les immigrés et leurs enfants offrait à la nation le goût sucré du paternalisme, une accoutumance qui remontait à l’empire colonial et se poursuivait après les Trente Glorieuses » (P.20)
« Cette mutilation nous ramène à ton époque, lors des conquêtes où les oreilles des indigènes valaient dix francs et leurs têtes parfois le double. Un commerce macabre qui amusait des hommes ivres d’un sentiment de supériorité. Aux lueurs de l’aube, j’imagine les racistes d’aujourd’hui, perdus dans la fumée et les étincelles d’une disqueuse, consumés par une rage qu’ils confondent avec le patriotisme. » (P. 43)
« Cultivant la peur du lendemain, la peur des Noirs et des Arabes, ces fascistes s’érigent en gardiens de la chrétienté, mais détestent les étrangers, le droit d’asile et ce qu’ils appellent « la culture du repentir » (P. 43)
« Le « calme de ce bon docteur » me raconte ton histoire, Zohra, bien plus que le la fureur des conquêtes, du feu et des armes. ce calme de boucher qui découpe de la viande d’homme. ce calme ce collectionneur qui étiquette des crânes rangés sur ses étagères. ce calme d’un artisan de tannerie, où la peau des hommes est salée, écharnée, épilée, pelée, reverdie, séchées et pendue à des crochets. ce calme qui, comme par un doux frottement d’agate sur la fleur, lisse et satine le cuir des martyrs. » (P. 50)
« Il n’a jamais été question de tragédies mais de spécimens.[…] ces médecins militaires qui les offraient en souvenir ou pour garnir des cabinets de curiosités » (P. 60)
…les crânes comme trophées de chasse « des « têtes de choix » comme l’on disait autrefois « les pièces du boucher » (P. 64)
« Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire soit en détruisant les moissons à l’époque de la récolte, soit dans tous les temps en faisant de ces incursions rapides qu’on nomme razzias et qui ont pour objet des s’emparer des hommes et des troupeaux. » (P. 73)
« D’un côté, l’Algérie était un pays sublime, de l’autre, les injustices du système colonial avaient asphyxié les indigènes. » (P. 94)
« On me dit que les Arabes sont heureux, qu’ils n’ont besoin de rien, qu’il leur suffit d’avoir à manger pour aujourd’hui et qu’ils ne s’inquiètent pas du lendemain, que leur religion le veut ainsi. Je en sais pas si cela est vrai, mais ce qui est sûr, c’est que nous Européens, nous pensons différemment et que nos principes en tout cas voudraient que nous fassions quelque chose pour les tirer de cette misère qui est, à proprement parler, une honte. Je n’ai jamais été colonialiste mais après cette expérience, je le suis moins que jamais. » (P. 98)
« En ce temps-là, on ne les appelait pas encore les ratons, mais les troncs de figuier, sans doute parce qu’ils aiment s’assoir au pied des arbres. Après la guerre 14-18 on commença à leur donner le nom de bicots. » (P. 101)
«Comment leur expliquer les lois abracadabrantes avec lesquelles se gouvernent les Arabes ?
En dehors de la complicité, ils connaissent seulement la soumission et la révolte aveugle, passant de l’une à l’autre lorsqu’on s’y attend le moins. Frères en religion, cousins par le sang, voisins dans la promiscuité, mais ennemis dans l’âme, ainsi sommes nous. » (P. 209-10)
Difficile, alors qu’il a fait et fait toujours l’objet, de temps en temps, des titres de nos journaux d’actualité, de passer à côté de cet auteur et de pas se pencher sur l’un de ses livres, de ne pas se saisir de l’un de ses titres, que je n’avais pas encore lu…et j’avoue bien humblement que je suis, en partie, passé sans doute à coté de ce livre que j’ai trouvé parfois assez confus ou répétitif dans certaines prises de positions.
Voire parfois un peu « lourd » !
Ce livre aurait été, vraisemblablement, bien plus percutant, s’il avait été plus concis. Plus ciblé ! Avec moins de digressions.
Certes, il souhaite dénoncer, preuves à l’appui, ces régimes dangereux pour la liberté du fait de leurs interventions dictées uniquement par des prises de position, au nom uniquement de la religion !….ou des interprétations qui en sont faites par les hommes au pouvoir… !
Sans aucune possibilité de les amender, ou de les contredire, au risque de sa vie ou de sa liberté.
C’est tout à son honneur, et c’est pour cela que je l’apprécie ! Je gardais un excellent souvenir des autres titres de cet auteur. Il manifeste, par ses propos, un très fort courage politique…et un engagement indéniable au nom de la liberté de conscience de chacun.
Cependant, certaines digressions alourdissent son propos…et ont lassé parfois le lecteur que j’étais.
Malgré tout, il est indiscutablement l’un des auteurs que j’ai le plus lus et commentés sur mon blog, sans aucun doute parce que j’ai toujours admiré ses prises de position au nom de la liberté de conscience de chacun, .. par des cris d’alarme lancés non pas de l’extérieur….mais depuis l’Algérie gouvernée par le régime qu’il dénonce….régime qui n’a pas hésité à l’emprisonner. Une force et un courage indiscutable que j’admire.
Cependant les Symboles évoqués alourdissent le propos. Sansal se livre à une critique, sans aucune concession de l’Algérie et des intégristes hypocrites, violents et indifférents à autrui, mais aussi à une critique de certains actes de la France
…L’actualité récente nous a confirmé, une fois encore, qu’il méritait notre attention, au nom de la liberté des peuples…au nom de la liberté de croyance religieuse ou son absence. Au nom de notre liberté individuelle
Liberté avec un très grand « L »
Cette liberté lui a coûté la prison, accompagnée vraisemblablement de violences…
Comment ne pas les évoquer ?
Boualem Sansal est, et reste, un auteur pas tendre du tout avec le pouvoir politique islamiste…uniquement parce les islamistes sont les initiateurs de ce régime religieux qu’il dénonce…et pas tendres non plus avec le peuple arabe, sans aucun doute, du fait de prégnance de la religion dans la vie et les attitudes de la population, qui ne vit et ne pense que « Religion »…sans possibilité de remise en cause.
Ce courage est sa force. Combien se tairaient par crainte de représailles…Représailles qu’il dut endurer !
Cependant ses écrits auraient gagné, sans aucun doute à être plus percutants, avec moins d’impression de redites, de « déjà lu ». Je l’ai trouvé parfois bavard, confus, avec des impressions de « déjà lu » et confus dans certains propos, voire répétitif. J’avoue que je fus parfois perdu du fait de ces redites…
Ce n’était sans doute pas toujours facile pour moi de rester concentré, du fait de problèmes personnels bien indépendants de ma volonté !
Aujourd’hui, il a quitté l’Algérie et le continent africain. Et vit en Europe …Tant mieux !
Depuis l’Europe il sera, vraisemblablement, mais peut-être pas… encore plus virulent avec les régimes politiques….Au risque de sa vie ! Afin de sauvegarder son témoignage, il mérite notre protection sur notre territoire!
Une critique très féroce des Algériens de l’Algérie….de sa politique…de ses leaders
…la source des relations entre Boualem Sansal et le pouvoir algérien ?
« Dans les cellules, on se prépare au plus dur : dormir avant de sombrer dans la démence. Les vieux taulards ont leur recettes, forgées par une longue expérience de la nuit blanche. Ils les cachent jalousement aux jeunes. » Première page
« le pavillon des femmes fait penser à une base lunaire coupée de la terre. [..] les fenêtres sont briquetées, les murs surélevés, les portes renforcées, les gardes immensément jaloux de leur domaine. » (P.13)
« Il y a enfin cet enfant fou qui habite l’arbre creux au milieux de la cour. » (P. 14)
« Enchaînée aux Aurès, qui sont au pays ce que l’épine est au pied, la nation vit des crises à répétition. On parle de bien par amour du mal et de progrès par mépris des gens » (P. 17)
« L’Algérie devrait se résoudre à suer aussi durement si elle veut se tailler une place au soleil. Nous disons « une place au soleil » pas « à la place du Soleil »; il faut avoir l’oreille modeste et la langue courte. Pleurer sa misère est un mauvais programme de travail, envoyer des fumées dans le ciel pour apitoyer le grand Manitou revient à pisser dans le sable, et bien entendu, il est indigne d’un président adulé de terroriser les petites gens. » (P. 35)
« Allah aime le suicide collectif et chérit le tueur résolu. » (P. 48)
« Plus un système est fermé, plus il y a des petits génies pour y percer des trous. » (P. 50)
« Pour les gens d’Alger, le problème c’est justement l’ordre et la propreté. Le désordre, il l’ont dans la tête. Si on est propre, on va les choquer. » (P. 63)
« Sacré farceur de Français, va! Nous avons décide de te libérer si on trouve le moyen de le faire en douce…il nous faut la certitude que tu ne parleras pas sitôt en sureté à Paris…cela dit, on se torche de vos discours, la caravane passe sur les chiens. Maintenant, si nos plans ne marchent pas comme prévu, couic, tu passes à la casserole. » (P. 67)
« ….l’Algérie offrant autant d’occasions de se rencontrer en prison que de circonstances pour y entrer à son tour. » (P. 86)
« Le rabbin, le curé et l’imam étaient une bande d’emmerdeurs, toujours à chipoter sur l’organisation de l’alphabet, mais à l’heure de l’apéro, Sabras, Bédouis et Gaouris pratiquaient le même langage. A l’heure dite» (P. 95)
« Vous les Français, vous êtes drôles, on vous prendrait presque pour des saints. Vous nous avez enculés pendant un siècle et demi et maintenant, les mains dans les poches, vous nous demandez pourquoi on marche de travers. On vous a fichu la pâtée, une fois, ça vous suffit pas ? » (P. 104)
« En quelques heures à Alger, j’ai su qu’à côté des morts et des survivants, il y avait les disparus. » (P. 115)
« …l’Algérie offrant autant d’occasions de se rencontrer en prison que de circonstances pour y entrer à son tour. » (P. 86)
« En pères tranquilles, ils vivent du rescapé, semant d’un côté clous, huile de vidange et fausses indications et ramassant de l’autre la gratitude des éclopés et le dernier souffle de leur ferraille. » (P .93°
« La misère est bruyante jusqu’à la conflagration. Ceux qui la gèrent pour compte et ceux qui la subissent rivalisent d’ardeur. C’est à celui qui flanchera le premier. » (P. 96-7)
« En quelques heures à ALGER, j’ai su qu’à côté des morts et des survivants, il y avait les disparus » (P. 115)
« L’intelligence est née avec les Arabes, mais ils ont les derniers à s’en servir. » (p.119)
« Où en est l’Algérie après quarante années d’existence seulement ? Un désert dans un désert et pas un touriste en vue. » (P. 121)
« Un homme qui se met au garde-à-vous devant un drapeau n’est rien devant celui qui a confectionné le symbole. » (P. 171)
« J’étais un Français, et comme tel responsable des maux de son pays. Nous étions leurs colons, nous voilà leur Juifs. » (P. 177)
« J’étais un Français, un Gaouri, un clandestin, un sans-papiers, un SDF, exclus, méprisé, menacé, recherché par toutes les polices. Les journaux parlent de moi comme d’un mystère ambulant. A Paris on me comptabilise parmi les problèmes bilatéraux en suspens, entre biens vacants et remboursement de la dette. À Alger, les services se battent à la grenade pour décider lequel sera derrière mon affaire. Mes troupes ont un côté Don Quichotte face aux Maures qui m’aurait fait mourir de rire en d’autres circonstances. » (P. 197)
«Comment leur expliquer les lois abracadabrantes avec lesquelles se gouvernent les Arabes ? En dehors de la complicité, ils connaissent seulement la soumission et la révolte aveugle, passant de l’une à l’autre lorsqu’on s’y attend le moins. Frères en religion, cousins par le sang, voisins dans la promiscuité, mais ennemis dans l’âme, ainsi sommes nous. » (P. 209-10)
«Au lieu de s’étriper les unes les autres, les langues s’approchent, elles se flairent, elles se touchent, et quand elles se plaisent ou se jugent utiles, elles se croisent, elles s’accueillent. Drôle de mariage me direz-vous » (P. 53)
Un essai bigrement enrichissant pour tous ceux qui aiment les livres, la lecture, les mots, bref notre langue. Que de découvertes !
Oui, notre langue, comme, sans doute, de nombreuses autres langues est une langue vivante, une langue non figée, une langue qui s’est enrichie, au fil du temps des apports d’autres langues, d’autres cultures ….de ces brassages de population, de l’arrivée de population nouvelles. Mots que l’on utilise bien inconsciemment tous les jours, sans savoir qu’ils nous viennent d’autres cultures…Un peu comme ces chiffres arabes que nous utilisons et lisons tous les jours…y compris les racistes de tout poil qui prêchent le rejet de cette immigration et de ces étrangers qui viennent manger notre pain sans y être invités.
Nous serions sans aucun doute bien embarrassés, et bien ridicules si devions poser nos additions en utilisant les chiffres romains !
Eric Orsenna nous prouve, avec humour parfois que notre langue française, Cocorico ! est faite en grande partie, de mots issus de cette immigration, ce ce brassage de population, au fil des siècles , de mots que nous utilisons, couramment sans savoir qu’ils viennent d’ailleurs…
Mots d’origine allemande, grecque, latine et j’en passe. Ce sont ces brassages en tous sens qui ont fait notre langue, notre culture….notre identité.
Certes notre langue a emprunté, sans aucune gène des mots nés hors de nos frontières, mais aussi de provinces aujourd’hui françaises…Combien de nos mots viennent de la langue bretonne, du provençal, de l’occitan…autrefois parlés et aujourd’hui abandonnés dans nos relations quotidiennes…et ont créé ce franglais utilisé dans les nouvelles technologies.
Que de découvertes, de sourires !
Même notre langue d’oïl qui a donné en partie le français que nous parlons est issue d’un sous ensemble de langues romanes parlées autrefois dans la moitié nord de la France, de la Belgique des îles Anglo-Normandes, de la Suisse et des langues locales parlées il y a bien longtemps , le berrichon, le bourguignon, le wallon, le provençal. .Et abandonnées
Bref…ce sont ces brassages, qui ont fait notre langue…et qui continuent à l’enrichir.
Avec le développement de l’informatique, de l’intelligence artificielle, de la robotique, notre langue va vraisemblablement s’enrichir de mots nouveaux, inconnus aujourd’hui….sans omettre les brassages culturels, les brassages de populations nés des immigrations.
Une évolution de notre langue qui a accompagné dans le passé des brassages de population et qui vraisemblablement, accompagnera demain des brassages de technologies, d’inventions de tous types !
Il suffit de considérer les évolutions culturelles et sociologiques nés de l’informatisation de nos sociétés
Un beau sujet de réflexion…et d’actions voire de réactions.
Quel« Puisque, Madame, vous insultez les êtres humains venus d’ailleurs, nous mots immigrés, avons, en signe de solidarité, décidé aujourd’hui de commencer une grève illimitée.[….] Ne vous inquiétez pas ! Il vous reste les mots de pure origine gauloise, par exemple boue, , cervoise, tonneau, chemin, ruche, sapin….» (P. 17)
« Peut-être vous demandez-vous : qui sont les AMIs ? Allons faites un effort ! Vous n’avez pas deviné ? Tout bonnement les membres d’une association reconnue d’utilité publique : l’Association des Mots Immigrés. Fondée en 1936 durant la guerre d’Espagne : les plus beaux mots de la République espagnole trouvaient alors refuge en France. » (P. 21)
« C’est de ce latin du peuple, un latin celtisé, qu’est issu le français. » (P. 46)
«Quelle bêtise et quel gâchis d’abandonner le latin classique ! Idiots que vous êtes, n’avez-vous pas compris qu’il offre un second vocabulaire, des termes de science et de technique [….] le grec nous rend le même service
«Au lieu de s’étriper les unes les autres, les langues s’approchent, elles se flairent, elles se touchent, et quand elles se plaisent ou se jugent utiles, elles se croisent, elles s’accueillent. Drôle de mariage me direz-vous » (P. 53)
« On les reconnaît bien là ! Les langues empruntent sans scrupule, elles altèrent sans réticence, elles font vocable de tout bois » (P. 65)
« Ces mots que nous appelons « immigrés » forment une sorte d’alluvion, un dépôt fertile accumulé par notre langue au fil de tous les échanges commerciaux, techniques, culturels, dont notre pays a profité au cours des siècles. » (P. 90)
« ces mots du mode entier dont notre langue s’est fait l’écho ont traversé les océans avec les ballots de marchandises, sont passés d’une main marchande à une autre » (P. 91) (il en est de même dans d’autres langues,
« Oui, la francophonie est un trésor inestimable, une source permanente et si précieuse pour l’avenir de notre français » (P. 105)
Votre blue jeans, c’est notre ancien bleu de gênes ; et votre denim, c’est notre toile de Nîmes » (P. 108)
« ….une langue est vivante !Un être vivant ! Alors la laisser mourir, c’est comme un meurtre. Et faites-moi confiance ! Des morts j’en ai vu sur les champs de bataille ! Un mort, je sais ce que c’est, et croyez-moi, c’est pa beau » (P. 111)
Quand allons-nous comprendre que la diversité des langues nous est aussi nécessaire que la multiplicité des êtres ? Si nous n’agissons pas, 90% de nos langues auront disparu à la fin de ce siècle. Je plains nos descendants : ils se croiront sourds. Ils accuseront leurs oreilles alors que c’est le monde qui sera devenu silencieux. Déjà qu’il se vide de tous nos oiseaux. » (P. 121)