« Je ne suis pas celle que je suis » – Chahdortt Djavann

je-ne-suis-pas-celle-que-je-suisDonya, jeune fille iranienne, n’a qu’un désir, celui de fuir le régie des mollahs, qui lui imposent le port du foulard, qui persécute tous ceux qui tentent de prendre quelques libertés avec leurs lois, avec leurs interdits. Une jeune fille de plus en plus rebelle au fil des pages, qui sera torturée à 12 ans, violée à vingt ans…
Elle brave les interdits en passant des nuits avec Armand, son ami. Femme, elle n’a pas le droit d’être avec un homme avec lequel elle n’est pas mariée…La seule solution qui s’offre à elle, c’est de quitter l’Iran, de se marier avec un étranger, qu’elle n’aimerait pas, et d’obtenir un visa. « Je sais pourquoi j’accepte ce mariage arrangé : parce que tout simplement, ça m’arrange. »
Oui, mais Donya est foncièrement honnête avec les autres et avec elle-même…Elle n’a jamais accepté l’hypocrisie et le mensonge du régime, tous les mensonges, toutes les hypocrisies, la turpitude. 

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« 14 Juillet » – Eric Vuillard

14-juilletTous les profs d’histoire qui ont attisé nos peurs des « interros écrites » nous ont parlé de ces grands hommes, généraux, rois, empereurs qui ont fait l’Histoire, qui ont gagné ou perdu des batailles. Les soldats qui crevaient sur le terrain étaient toujours oubliés. Un soldat fait la guerre, un général la gagne.
Au sujet du 14 juillet, ils nous imposaient simplement d’être en mesure de répondre « Prise de la Bastille ». Aucun historien, aucun prof ne nous a parlé dans le détail de ces petites gens, qui versaient leur sang. De temps en temps ils nous parlaient du « peuple » et c’est tout. Seuls les écrivains ont parlé, guerre après guerre, de ces morts, de ces soldats.
Eric Vuillard donne des visages, des noms et des prénoms à ce peuple de Paris, et nous transporte parmi ces gueux et ces gueuses qui, ce jour là ont fait basculer l’Histoire, ces  » pauvres filles venues de Sologne et de Picardie, […] mordues par la misère et parties en malle-poste, avec un simple ballot de frusques. Nul n’a jamais retracé leur itinéraire de Craponne à Paris […]. Nul n’a jamais écrit leur fable amère. » On été nommé par le nom de son métier, de son village d’origine, ou on était défini par un défaut, Loucheur, Bigot. Même les noms des rues définissaient les métiers qui s’y exerçaient, Petit-Musc anciennement Pute-y-Muse… 

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« Laëtitia ou la fin des hommes » – Ivan Jablonka

laetitiaLaëtitia Perrais est cette jeune fille enlevée en janvier 2011 et assassinée, dont le corps démembré fut retrouvé 12 jours après ..
D’autres crimes, d’autres faits divers ont, depuis, fait oublier en partie cette affaire. En partie seulement, car tous se souviendront de la tournure politique que prit cet enlèvement, le chef de l’État, Nicolas Sarkozy à l’époque ayant publiquement mis en cause l’incompétence des juges, leur promettant des sanctions. appelTout le monde se souviendra de ses propos, de l’indignation des magistrats, des lois qui s’en suivirent. Fautes supposées de la justice, parce que l’assassin arrêté deux jours après son crime avait des antécédents judiciaires.
Fautes de la justice, ou manque de moyens, surcharge des services ?
Éternelle question.

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Ivan Jablonka


jablonka-ivanHistorien, éditeur et auteur né à Paris en 1973, agrégé d’histoire

Il soutient en 2004 sa thèse de doctorat sur les enfants de l’Assistance publique sous la Troisième République. L’année suivante, il devient maître de conférences en histoire contemporaine à l’université du Maine, et en 2013 professeur à l’université Paris 13.

En 2005, il a publié sous le pseudonyme d’Yvan Améry un roman, « Âme sœur ».

Depuis 2009, il codirige avec Pierre Rosanvallon la collection La République des Idées (éditions du Seuil), où il a édité des ouvrages de sociologues et d’économistes comme Éric Maurin, Camille Peugny, François Dubet, Esther Duflo ou Thomas Piketty.

Il est un des fondateurs et rédacteurs en chef de La Vie des idées, revue en ligne née en 2007.

En 2013, il fonde la collection « La Vie des Idées » aux Presses universitaires de France.

(Source Babelio)

Ses titres 

  • Les vérités inavouables de Jean Genet
  • Ni père ni mère : histoire des enfants de l’Assistance publique (1874-1939)
  • Enfants en exil : transfert de pupilles réunionnais en métropole 
  • Jeunesse oblige : histoire des jeunes en France 
  • Les enfants de la République: l’intégration des jeunes de 1789 à nos jours
  • Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus
  • Nouvelles perspectives sur la Shoah
  • L’enfant-Shoah
  • Le monde au XXIIème siècle. Utopies pour après-demain
  • L’histoire est une littérature contemporaine
  • Le corps des autres
  • Laëtitia ou la fin des hommes

Dans Mesbelleslectures

laetitia

« La route sombre » – Ma Jian

la-route-sombreKongzi n’est pas n’importe qui, à ses yeux au moins…il est l’un des descendants de Confucius…à la 76ème génération..il faut absolument qu’il ait un fils afin que cette longue filiation ne soit pas interrompue…Une fille, ça ne compte pas. Malheureusement sa femme Meili lui a donné une fille qui va sur ses 2 ans.
Alors en infraction avec la politique nationale de l’enfant unique, il a tout fait pour avoir un garçon. Mais c’est sans compter avec les agents du planning familial qui font la chasse aux femmes enceintes de leur deuxième enfant, afin de les faire avorter contraintes et forcées, de leur poser un stérilet, et ceci dans des conditions d’hygiène déplorables.

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Ma Jian

ma-jianÉcrivain, poète, photographe, peintre  chinois né à Qingdao en 1953.

Il fut journaliste au service de la propagande des syndicats chinois jusqu’en 1983.

En 1986, il quitta la Chine communiste du fait de la censure de ses œuvres  par le gouvernement chinois.  

En 1997 il émigra en Europe, d’abord en Allemagne puis à Londres où il habite toujours.

Gao Xingjian, prix Nobel de littérature,a déclaré que selon lui, Ma Jian est « une des voix les plus courageuses et importantes de la littérature chinoise actuelle ». Lire la suite

« Les dépossédés » – Steve Sem-Sandberg

les-depossedesEncore un roman sur le nazisme direz-vous…! Oui, mais un roman qui éclaire cette période avec un point de vue différent: la vie d’un ghetto, de plus de 230 000 personnes, celui de Łódź devenu par la volonté d’un homme l’une des plus importante usine de production pour l’armée allemande. Un roman qui s’appuie sur un très important travail de documentation de l’auteur qui étudia les archives juives et nazies du ghetto, photocopies d’archives intégrées aux pages du roman.valises
Un ghetto préexistant, comme dans toute la Pologne, à l’arrivée des soldats allemands, qui connut des arrivées de juifs d’autres pays parlant d’autres langues, et ses départs….ses déportations

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