« La Maison Zeidawi » – Olga Lossky

la-maison-zeidawiUne jeune femme Evelyne et son gamin, Charbel, arrivent dans un village des montagnes du Liban. Après avoir été rejetée du fait de sa grossesse elle revient et propose au chef du village un projet ambitieux : créer une activité de sériciculture qui pourrait  donner du travail aux femmes et assurer la prospérité du village.
 
Un parisien au prénom arabe, Fouad, vient à Bayrouth, signer avec deux des cousins la vente, à un promoteur immobilier, de la maison familiale abandonnée . L’occasion pour lui d’en apprendre un peut plus sur le passé méconnu de sa mère Nelly, sur son passé

Lire la suite

« Origines » – Amin Maalouf

OriginesFace à une malle remplie de courriers familiaux divers Amin Maalouf écrira : « Moi qui étais venu chercher en ce lieu une clé pour ma porte, je voyais de dresser devant moi mille portes sans clés. Que faire de cet amas de vieux papiers ? Je ne pourrai jamais rien écrire à partir de cela ! Et, ce qui est pire : tant que ces reliques encombreront ma route, je n’écrirai rien d’autre non plus. ».
Et commence pour l’auteur un long travail de tri et de recoupements de courriers, de télégrammes, de photos, pour comprendre ce passé familial, l’histoire de son grand père et de son frère, son grand oncle. Une enquête minutieuse, associée à ses souvenirs, aux conversations avec ses parents, pour comprendre et nous faire partager cette histoire familiale mais aussi une partie de cette histoire de l’immense Turquie, qui s’étendait avant la Première Guerre mondiale bien au delà de ses frontières actuelles…c’était avant la création des actuels Syrie, Irak, LibanPalestine, Jordanie, Yemen, de la Grèce dans ses frontières d’aujourd’hui….

Lire la suite

« Le rocher de Tanios » – Amin Maalouf

le rocher de TaniosUn beau roman prenant pour cadre le village libanais de Kfaryabda dirigé par un cheikh amateur de femmes…il demande régulièrement aux femmes de son village de lui apporter quelques fruits ou quelques douceurs au moment de la sieste, et tout le monde sait qu’il est père de nombreux enfants dans le village. Et un jour il demande à la belle Lamia, épouse de son intendant Gérios de lui apporter des fruits pendant sa sieste.
Quelques mois après naît un garçon, qu’il prénomme comme si c’était son propre fils Abbas. Heureusement les  parents arrivent à donner à cet enfant le prénom de Tanios…Il n’en fallait pas plus pour semer un doute jamais éclairci dans l’esprit de chacun: qui est le vrai père de Tanios ?

Lire la suite

« Les désorientés » – Amin Maalouf


Les désorientés« Ton ami va mourir, il demande à te voir »

Adam, le narrateur va nous faire vivre 16 jours au cours desquels il va essayer de regrouper autour de la veuve de son ancien ami, tout le groupe des « byzantins », groupe d’amis étudiants, arabes, chrétiens, juifs, que les circonstances de la vie, que les guerres du Liban, pays qui n’est jamais cité par l’auteur, ont éloigné les uns des autres depuis plus de 30 ans. Lire la suite

« Le quatrième mur » – Sorj Chalandon

Le quatrième murSamuel Akounis  se définissant comme « Juif de Salonique, devenu grec par l’exode, français de préférence et metteur en scène parce que lorsque je n’ai plus d’idée, j’invente un personnage », souhaite monter « Antigone » d’Anouilh à Beyrouth. Les acteurs appartiendront à toutes les factions et pour la préparation et le spectacle oublieront leurs fusils. Pour lui, « monter Antigone sur une ligne de feu allait prendre les combats de court. Ce serait tellement beau que les fusils se baisseraient ».
Hospitalisé, car il lutte contre un cancer en phase terminale , il demande à son ami de fac, Georges avec lequel il a fait le coup de poing contre les étudiants d’Ordre nouveau, d’aller à Beyrouth pour monter à sa place cette pièce de théâtre.
Pourquoi Antigone ? Ce serait un beau clin d’œil à l’histoire puisque cette pièce a été montée dans des conditions identiques pendant l’occupation. Georges découvre cette ville, sa situation complexe : il va connaitre les barrages dans les rues et les laissez-passer, les snippers, la boule dans le ventre, le danger permanent. Il doit marcher sur la pointe des pieds pour convaincre Chrétiens, Musulmans, Chiites, Palestiniens….d’accepter l’ambitieux projet de son ami Samuel.
Allers retours vers Beyrouth, tractations avec les acteurs, si certains se reconnaissent dans les personnages d’autres rechignent compte tenu de leur religion à tenir tel ou tel rôle.
Tous cependant acceptent ce challenge et arrivent à être côte à côte, à parler pendant ces quelques heures de préparation sans se battre en laissant leurs armes à la porte.
Mais la guerre omniprésente reprendra ses droits. Georges sortira fortement traumatisé par cette expérience, par ses visions d’horreur.
Une tragédie autour de la tragédie d’Anouilh. L’auteur aussi a, à l’occasion d’entretiens, confirmé que cette période de sa vie de journaliste reporter à Beyrouth l’a fortement marqué. Il réussi dans ce livre à transmettre ses tensions, ses peurs…

Un livre que je n’ai pas pu lâcher, que j’ai dévoré, qui m’a marqué. Un livre dense, plus troublant, plus dérangeant que « Retour à Killybegs » ou « Mon traitre ». Je le relirai certainement dans un an


 Plus sur Sorj Chalandon