« Apeirogon » – Colum McCann

« Une pierre conduit à une balle. Et un autre kamikaze conduit à une autre frappe aérienne. Et ça n’arrête pas. Jamais. »

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« Transatlantic » – Colum McCann

« Ils connaissent les mauvais tours des cinq sens, lorsqu’on est entré dans la soupe. L’illusion de voler en palier, alors qu’on est sur le dos. Se croire en virage incliné alors que les ailes sont à l’horizontale. Sans aucun avertissement, on se retrouve projeté sur une paroi, ou on s’abîme en mer. Donc rester à l’affût d’une infime étoile, d’un reflet de lune, d’un fragment d’horizon. »

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« Notre famille » – Akhil Sharma

« Pour moi, les deux meilleures choses de l’Amérique étaient la télévision et la bibliothèque. »

Ajay, le jeune indien a 10 ans quand ses parents décident d’émigrer aux États-Unis…Dès que la famille le sait, tous se précipitent pour récupérer tout ce qui ne pourra être emporté, une famille à la fois heureuse pour eux mais jalouse aussi .

Le rêve américain est enfin à la porté des deux gamins, Ajay et son frère Birju, gamin doué qui doit intégrer la Bronx Hight School of Science…Chacun rêve de réussite et prend plaisir à rejoindre leur oncle et tante déjà installés aux USA…tout serait si simple si….

Un  « si » dont je ne parlerai pas mais qui va rendre cette intégration plus difficile et plus douloureuse.  Et surtout plus dramatique

Ajay doit faire face aux remarques pas toujours gentilles, lancées par des gamins blonds à un gamin un peu trop « métèque »  à leur goût. Il y a un monde entre le rêve et la réalité…Ces remarques en abattraient plus d’un.

Au contraire elle stimulent le gamin. Ajay doit, seul, porter les rêves de réussite et d’intégration de la famille et faire rêver ses petits camarades, afin d’être reconnu. Quoi de mieux qu’un frère, héros fort et secret, pour montrer à tous que lui aussi….son imagination fait le reste. Et pourtant….

La lecture lui ouvre des horizons nouveaux qui effacent les dures réalités du quotidien. Petit indien, petit métèque fait tout pour s’intégrer,  pour être un américain, comme eux …pas toujours facile loin de là quand à la maison, le père picole de plus en plus, quand les assurances répondent « stop, ça suffit », et quand les faiseurs de miracles baissent les bras.

Malgré tout Ajay avance dans la vie et les études, et le petit métèque se bat, se bat et gagne.

Sans doute pour conjurer ce malheur qui a frappé la famille.

Un livre en grande partie autobiographique que l’auteur mettra dix ans à écrire…dure intégration couronnée de succès.

Un livre émouvant, drôle parfois, ne sombrant jamais dans le pathos….un grand plaisir de lecture.

Éditions de l’Olivier – Traduction : Paule Guivarch – 2015 – Parution initiale en 2014 – 220 pages


Lien vers la présentation d’Akhil Sharma


Quelques lignes

  • « Je ne pouvais me résoudre à croire qu’une fois que j’aurais quitté l’Inde, la maison de mes grands-parents continuerait d’exister, et que les caniveaux de la ruelle déborderaient toujours d’eau savonneuse. » (P. 22)
  • « « Est-ce que je deviendrai célèbre ? demandai-je finalement. – Je ne peux pas te révéler l’avenir, répondit Dieu. – Pourquoi ? – Même si je te révélais quoi que ce soit, je pourrais changer d’avis. – Mais ce serait plus difficile pour vous de changer d’avis après avoir dit qu’un certain événement allait arriver. » Dieu rit de nouveau. « Tu seras si célèbre que la célébrité deviendra un problème.. » (P. 59)
  • Au sujet de Paris….
    • « Là-bas, tous les bâtiments ressemblent aux Maisons du Parlement. C’est la plus belle ville du monde. Seulement il y a de la merde de chien partout. Quel est l’intérêt d’une aussi belle ville si l’on est obligé de regarder constamment par terre ?.» (P. 128)
  • « Il me déclara un jour qu’il était furieux de ne pas peser davantage parce que, alors, il pourrait absorber de plus grandes quantités d’alcool avant de tomber ivre mort. Il me dit également que c’était quand il avait recommencé à boire qu’il avait pris conscience qu’il ne pouvait s’en empêcher, qu’il n’avait pas le choix et que, quand il portait la bouteille de scotch à sa bouche, sa main continuait à la presser contre ses lèvres même quand il avait décidé d’arrêter, comme si cette main appartenait à quelqu’un d’autre. » (P. 186)

« La tragédie brune » -Thomas Cadène – Christophe Gaultier

« Il nous manque l’essentiel. Les tergiversations de la conférence sur le désarmement, les élections allemandes…nous sommes à un tournant. Il faut que tu sondes, encore, que tu auscultes l’Allemagne. » (P. 9)

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« La guillotine » – Rica & Marie Gloris Bardiaux-Vaïente

« Le bourreau Henri Desfourneaux doit s’y reprendre par trois fois, la foule quasi délirante passe les barrages de police pour tremper des mouchoirs dans le sang du supplicié : ça porte bonheur… »

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