« Tout homme est une nuit » – Lydie Salvayre

Tout homme est une nuitAnas est un homme jeune, qui essaye de faire face à sa maladie, aux séquelles du cancer qui le fragilisent physiquement et moralement.  Pas facile d’avaler ce coup dur, de résister à ce coup de massue, d’y faire face …
Alors il se retire seul -on saura pourquoi- dans un petit village du sud de la France. Sans doute aussi parce que afin de se reconstruire et de tenter d’oublier, il a besoin du soleil et de la jovialité légendaire des gens du sud ….
Quoi de mieux qu’un bistrot pour faire des rencontres, pour se rapprocher d’autres et discuter de tout, de rien, se changer les idées..un café dans lequel on entre, dans lequel on lance, à la cantonade, un bonjours poli ?…
Mais ce bonjour poli n’amène aucune réponse. 
Au contraire, on le considère avec méfiance..et une fois qu’il a quitté le bar, les langues se délient…« Il aurait pu au moins se présenter….On sait rien de lui, on sait même pas son nom, on sait pas d’où il vient…..Il boit pas d’alcool, c’est un indice…..Il a parlé à personne, pourquoi ?….Il a l’air complètement égaré…. »

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« Et je suis restée debout vivante » – Evelyne Abondio

Et je suis restée debout vivanteL’action de ce livre mettant en scène des femmes de conditions diverses, se déroule dans un pays imaginaire d’Afrique : le Diamonda, un pays dans lequel le lecteur pourrait reconnaître beaucoup de pays d’Afrique noire, « jeune nation pleine aux as des revenus du cacao, du pétrole et des diamants », devant faire face à un coup d’état…Tout ceci parce que « la police, en proie à une transe inexplicable que certains avaient qualifiée de mystique, avait tiré à balles réelles sur les paysans venus protester contre le prix dérisoire auquel ils étaient contraints de céder leurs récoltes. »

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« La terre qui les sépare » – Hisham Matar

la terre qui les sépareLorsqu’en 1969, le jeune colonel Mouammar Kadhafi renverse le vieux roi Idriss 1er, Jaballa Matar,  diplomate libyen à New-York et père d’Hisham Matar « avait regagné la maison aussi vite que possible […] par enthousiasme pour cette nouvelle ère de modernité républicaine. » Trés vite Jaballa Matar entra en opposition avec le dictateur et son régime et, devenu dangereux aux yeux du dictateur, dut s’exiler en Égypte. Condamné à mort par contumace, il fut enlevé, en 1990, avec l’aide probable du gouvernement égyptien, et emprisonné ainsi que plusieurs autres membres de sa famille dans les prisons du dictateur libyen, « Guide de la Révolution »
Jaballa Matar put faire sortir clandestinement quelques lettres pour sa famille qui n’eut, par la suite, plus aucune nouvelle de lui.

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« Les douze balles dans la peau de Samuel Hawley » – Hannah Tinti

Les douze balles dans la peau de Samuel HawleyDifficile de se faire une opinion tranchée sur le personnage de Samuel Hawley, héros principal de cette longue ballade américaine, petit truand toutefois attachant. 
Quant au roman c’est à la fois une histoire familiale, celle d’un père et de sa fille, un roman noir mêlant bons et mauvais garçons, un récit d’aventures dans ces paysages américains du Massachusetts à l’Alaska, une ode à la protection de la nature, un thriller…Un roman qui pourrait servir de scénario à un de ces films noirs américains dans lesquels humour, beaux paysages, violence se côtoient… tournés par les frères Coen. 
Samuel Hawley est un petit malfrat qui gagne sa vie en participant à des cambriolages, en étant homme de main pour des truands…bref, le genre de bonhomme qui peut difficilement avoir une vie de famille rangée. Un bonhomme qui avant de sortir, choisit dans sa panoplie les armes qui vont l’accompagner..Il n’en manque pas….

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« Le poète de Gaza » – Yishaï Sarid

Le Poète de GazaIl est agent des services secrets israéliens, spécialiste des interrogatoires musclés au cours desquels il utilise la violence, les coups pour faire parler les plus récalcitrants, pour obtenir un nom, une dénonciation… Toujours sur la brèche, il lutte en permanence contre les kamikazes cherchant à se faire exploser devant une synagogue, dans un bar. Alors tout lui est permis. Quelques fois les prisonniers meurent. Ses chefs lui le reprochent : le mort n’a pas parlé, n’a pas livré ses secrets, des noms…Ils lui demandent d’avoir un entretien, qu’il fuit, avec un psychologue.
Pour lui, dans Israël qui possède « des satellites-espions capables de détecter l’odeur du rot que laissera échapper n’importe quel gars de Jénine après avoir mangé un hoummous aux fèves et aux oignons, on en revient toujours aux mêmes méthodes : la douleur, la peau, les nerfs, le sac en toile puant sur la tête, les mains attachées par des liens qui entaillent la chair. Le seul moyen d’éviter ça, c’est de les faire crever de trouille à l’idée de ce que tu risques de leur infliger. »

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« Tropique de la violence » – Nathacha Appanah

Tropique de la Violence_3735Un jeune homme, Moïse est enfermé dans une cellule d’un poste de police de Mayotte, petite île française.Il a tué Bruce.
Arrivant gamin sur l’île avec sa mère dans l’un de ces « kwassas kwassas », ces embarcations de fortune venues surchargés depuis les îles voisines avec ces émigrés cherchant là une vie meilleure dans ce paradis pour touristes. Ces touristes, et cette île aux belles plage et luxueux hôtels que Natacha Appenah ne nous dépeindra pas. Nous ne connaîtrons que le coté sinistre de Mayotte. Moïse a des yeux vairons, un noir, un vert..signe de malheur qui lui vaudra d’être rejeté par sa mère et d’être suspecté par tous d’être habité par un djinn. Marie, infirmière au grand cœur sera là pour l’accueillir, bébé, et l’adopter. Toujours accompagné par son chien Bosco, il porte avec lui « L’enfant et la rivière ». 

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« Le grand combat » – Ta-Nehisi Coates

Le grand combatQuand on est un gamin noir, vivant dans les années 80 dans le quartier, le ghetto de West-Baltimore, les seuls horizons qui s’offrent sont la drogue, les gangs, la violence, les flingues et la mort violente sur le bord d’un trottoir…les tentations sont grandes, on marche en permanence sur le fil du rasoir. 
Dès les premières pages du livre, Coates témoigne de la violence qui règne dans  ces quartiers :  « À cette époque, Baltimore était la proie des factions, divisée en gangs qui prenait le nom de leur quartier. Ceux de Walbrook Junction régnaient en maîtres, jusqu’à ce qu’ils se heurtent à North et Pulaski, une bande de lâches sans vergogne, le genre à te mettre la honte devant ta meuf. Mais tout en haut trônait Murphy Homes. L’ampleur de leur scélératesse leur conférait une dimension mythique. Partout où ils passaient -la vieille ville, Shake and bake, le port -, il brisaient des genoux et pêtaient des tronches. Jusqu’aux confins les plus reculés, on entendait résonner leur nom : Murphy Homes cassait du négro à coups de pistolet de pompe à essence. Murphy Homes lacérait les dos et versait du sel dans les plaies. Murphy Homes se téléportait en un clin d’oeil, volait à dos de chauve-souris, accomplissait des rites macabres au sommet de Druid Hill. »

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