« Harkis, un passé qui ne passe pas » – Katia Khemache

Harkis, un passé qui ne passe pasLes plus anciens d’entre nous, ceux qui ont connu la blouse à l’école primaire, se souviennent certainement de cette période du début des années 60, de la fin de la guerre d’Algérie. Après Zappy Max, on nous imposait le calme au moment des informations qu’on écoutait dans un silence religieux à la radio. Nos préoccupations de gamins ne nous permettaient pas de tout comprendre, mais nous saisissions bien inconsciemment, du fait des visages soucieux de nos parents, le drame de la situation.  
Puis nous vîmes arriver sur nos bancs d’école, en cours d’année, de nouveaux camarades avec un accent inconnu : l’instituteur ou les parents nous expliquèrent….La fin de la guerre, les enfants de rapatriés, un, deux, trois par classe.  Je n’ai entendu parler des Harkis, que quelques années plus tard – aucun camp n’existait à proximité du domicile familial – quand les journaux radio nous firent part de leur existence, quand leurs représentants s’exprimaient, ou quand sur la route des vacances vers le soleil du midi, nous croisions un de ces camps aux baraques sinistres rappelant un peu celles d’autres camps. Aucun de leurs enfants ne fréquentait nos écoles. 

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« Le Conte de la pensée dernière » – Edgar Hilsenrath

le conte de la pensée dernièreThovma Khatissian va mourir, il vit ses dernières heures.C’est le moment où toute sa vie défile, où ses dernières pensées conscientes lui viennent à l’esprit. Cette conscience qui s’échappe de son corps est le conteur, personnage irréel qui va nous parler pendant tout ce roman. Une forme de double qui le confronte à son passé et surtout à celui de sa famille, à ses origines. Un double qui au fil des pages sera tantôt « le conteur », tantôt « Meddah », ce double, cette conscience l’interrogera.
La construction est originale et plaisante
Thovma est né en 1915, pendant ce génocide arménien, si peu évoqué en littérature…il est l’un des derniers contemporains de cette horreur…Une horreur que sa famille a vécu.
Ne sortez pas les mouchoirs…préparez-vous à vivre une aventure dans laquelle le burlesque, la farce, côtoient l’Histoire, la vraie, la farce, l’horreur.  
Cette haine que portent les Turcs et Kurdes aux Arméniens est une haine ancestrale, viscérale. 

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« Le Retour au pays de Jossel Wassermann » – Edgar Hilsenrath

Le Retour au pays de Jossel Wassermann« Le porteur d’eau Jankl était monté le dernier dans le wagon. Rien d’étonnant s’il se trouvait tout près de la porte, qu’on avait verrouillé de l’extérieur. »  Le train part dans le froid glacial vers une destination inconnue.
L’un de ces sinistres trains
Jankel est sans aucun doute l’un des plus pauvre du shetetl, le village de planches de ces juifs que ce juifs viennent de quitter.. Il portait l’eau de porte en porte dans ces villages où l’eau courante n’existait pas….
On leur a promis qu’ils partaient vers de belles maisons…on est au début de la guerre. 
Il faut plutôt dire « était » l’un des plus pauvres, car il vient d’hériter de quatre-vingt mille francs suisses et trente trois centimes suisses de son oncle Jossel, dirigeant d’une usine de  fabrication de pain azyme en Suisse.  Lire la suite

« Sapiens : Une brève histoire de l’humanité » – Yuval Noah Harari

SApiensVous, moi …nous sommes tous des descendants de l’Homo Sapiens…Homo Sapiens qui cohabitait avec d’autres espèces d’hominidés, Homo neanderthalensis, Homo soloensis, Homo floresiensis, Homo erectus…..Nous avions tous il y a six millions d’années une grand-mère commune, chimpanzée  sans doute, vivant en Afrique… Et Sapiens conquit la planète et effaça de celle-ci toutes ces autres espèces d’hominidés il y a 15 000 ans environ….puis élimina, partout où il s’installait les espèces animales…. rayés de la terre les marsupiaux de plusieurs tonnes, les mammouths….les variations climatiques n’expliquent pas certaines disparitions d’animaux. Sapiens avait faim et procréait, allait à la conquête de nouveaux territoires, alors il tuait, tuait. 
Mais comment en est-on arrivé là?
En 500 pages souvent pleines d’humour qui se lisent comme un roman, Yuval Noah Harari, nous raconte cette histoire de la terre et de l’humanité, comment l’homme descendu il y a si longtemps du singe est devenu maître du monde, il a mis le pied sur la lune, et joue dorénavant au sorcier en cherchant à acquérir l’immortalité. 

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« La condition humaine » – André Malraux

La Condition humaineAdo, j’avais eu beaucoup de peine à entrer dans ce livre, et très vite, je l’avais laissé de coté, le style, me semblait lourd, l’action me paraissait confuse…Puis récemment, au hasard d’un vide grenier, j’ai retenté l’expérience. 
Cet ouvrage fut couronné par le Prix Goncourt en 1933, il y a plus de quatre-vingt ans…rares sans doute sont ceux et celles qui s’en souviennent….
Impossible également de trouver un lecteur qui se souvient des événements dont Malraux nous parle….ils remontent à 1927…. et pourtant ce livre conserve une grand intérêt et par bien des points une singulière actualité.

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« Écoutez nos défaites » – Laurent Gaudé

Écoutez nos défaitesIls ont passé une nuit ensemble, une nuit dont ils se souviennent…Elle lui a donné une statue antique.
Ils…ce sont Assem, agent des services secrets français, spécialiste des missions secrètes et des coups tordus. Elle, c’est Mariam, archéologue irakienne…Au matin chacun est reparti vers son propre monde, ses propres soucis…Elle doit lutter contre un cancer, il doit rencontrer son chef qui lui confiera la mission d’approcher Sullivan, agent des services spéciaux américains, et de « l’évaluer« , de « le renifler de près pour savoir ensuite s’il faut le condamner à mort ou s’il peut être récupéré« . 

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« Les amnésiques » – Géraldine Schwarz

les amnésiquesEt si le national-socialisme qui fit tant de victimes avait encore de « beaux » restes? Ne fait-il pas encore vibrer des personnages politiques qui servent une partie de ces restes dans leurs discours aux électeurs? 
Géraldine Schwarz est une jeune journaliste née d’un papa allemand et d’une maman française. Ils se rencontrèrent en 1968. 
L’histoire de la famille de son père n’est pas tout à fait exemplaire, et sert de fil conducteur au livre. Le livre n’est pas un roman, mais un travail journalistique d’enquêteur et d’historien portant à la fois sur la période de guerre mais aussi sur l’après-guerre, pays par pays.

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