« Route One » – Michel Moutot

« Il a fallu bâtir trente deux ponts, faire sauter des pans de montagne et s’abîmer dans l’océan des dizaines de machines, aplanir des collines, creuser défilés et tunnels pour mettre ce point final à la conquête de l’Ouest. » (P. 313)

Lire la suite

« La France goy » – Christophe Donner

« Quels que soient les différents termes qu’on utilise, ce qu’ils recouvrent a toujours existé. Simplement, autour de cette nouveauté sémantique, la haine des Juifs se modernise : elle est devenue raciale. » (P. 47)

Difficile, quand on s’intéresse à notre monde, à notre actualité, à l’Histoire, de résister à cette tentation, à ce livre proposé sur un présentoir de médiathèque, insultes ici,  violences physiques ailleurs, tags sur des murs ou sur des tombes dans des cimetières….

Qu’importe l’Histoire, et ses millions de morts !

Certains cherchent des explications…une explication religieuse : ce peuple déicide a permis l’élimination de Jésus le fils de Dieu, en le livrant aux Romains. Ou bien une explication économique :  on jalouse leur richesse, depuis le Moyen Âge, époque au cours de laquelle on leur réservait tous les métiers méprisés, comme ceux des banquiers…les juifs étant accusés de contrôler les banques et l’économie….et une explication raciale…

Tout ça je le savais, tous ces actes antisémites ou racistes m’écœurent, l’Histoire avec un grand H, avec ses millions de morts m’effraie.

Alors je ne pouvais qu’être attiré par ce titre, par ce pavé, par ce travail.

Christophe Donner s’appuie sur des lettres échangées entre son arrière grand-père Henri Gosset, et Léon Daudet…fils d’Alphone et son ami Edouard Drumont …deux antisémites qui militaient déjà pour une « France aux Français »…écœurement et Histoire de notre pays. On passe de l’affaire Dreyfus, aux assassinats de Sadi Carnot et de Jean Jaurès, en passant par le scandale de Panama, ou l’exécution de Ravachol, sans oublier la bande à Bonnot, Maurras, l’Action Française ….et bien d’autres rencontres telles que Zola, les soupes Maggi, et ces allemands…

Tout ça grâce à des chapitres courts, qui ravissent le lecteur./La vie de la famille de l’auteur et les actualités de cette « Belle époque » se mélangent …Une « Belle époque » pas si belle que ça…finalement !

A la fois captivant, désagréable parfois, effrayant et nauséabond aussi, souvent même.

C’est notre Histoire mais aussi une partie de notre actualité…les temps ont changé, les thèmes qui excitent certains polémistes sont restés les mêmes!

On en apprend beaucoup sur cette époque et sur ses hommes politiques, grâce aux lettres de cet arrière grand-père. L’indignation est présente.

Bref…de belles heures de lecture…pas toujours facile !

Éditeur : Grasset – 2021 – 506 pages


Lien vers la présentation de Christophe Donner


Quelques lignes

  • « Drumont n’a pas inventé la haine des Juifs, mais il a fait mieux que souffler dessus, il en a créé la version moderne, baptisée « antisémitisme ». Il ne fut pas non plus le premier à exécuter cette galipette terminologique consistant à remplacer le mot juif par le mot sémite. C’est au très scientifique, très socialiste et très jeune communard Gustave Tridon qu’on le doit. Il le fait presque sans s’en rendre compte. Cauchemar encyclopédique qu’aucun grammairien ni académicien de l’époque ne cherchera à rectifier. » (P. 44)
  • « Ce qui inquiète aussi beaucoup Zola, c’est que cette ignoble chose pourrait se vendre. Car le diable a du talent, son brûlot se lit comme un roman. D’ailleurs, c’est un roman, il en emprunte le rythme, la tension, le tragique des personnages, il sait de quoi il parle, Zola, lui le maître, le gardien, le garant de la marque. Si cette France juive se pose en concurrente du prochain Rougon-Macquart, c’est à désespérer de la littérature. N’importe qui peut écrire n’importe quelles horreurs. »  (P. 51)
  • « « En dehors de toute considération religieuse, il existe chez l’immense majorité des militaires un sentiment de répulsion instinctive contre les fils d’Israël (…) Il en est de l’invasion sémitique comme de la culture des microbes : quand le milieu n’est pas favorable, le développement se fait mal. » » (P. 122)
  • « Plus d’une centaine de députés chéquards, courbés sous le poids de l’opprobre, des ministres suicidés, des présidents démis, des banquiers en fuite, Drumont les a rayés de la vie politique. » (P. 149)
  • « …de l’or qui n’a pas été touché par la main des Juifs est chose rare à notre époque. » (P. 197)
  • « Notre combat final contre les Juifs, cela va vous paraître paradoxal, mais ce ne sont pas les antisémites qui, demain, vont devoir le mener. Ce sont nos soldats. Ce qui se prépare, c’est la guerre contre l’empire de Guillaume, le grand enjuivé. Avoir sa peau, c’est triompher des Juifs. » (P. 352)
  • « Les causes d’une guerre ne se trouvent jamais ailleurs que dans la précédente. Et la paix n’est qu’une succession de difficiles et discrètes victoires sur la guerre. » (P. 357)

« Peste et choléra » – Patrick Deville

« On est encore à cette époque où l’homme finit de se rendre maître et possesseur de la nature. Où la nature n’est pas encore une vieillarde fragile qu’il faut protéger, mais un redoutable ennemi qu’il faut vaincre. » (P. 94)

Lire la suite

« Islande, Groenland, Vínland » – Régis Boyer

« …les certitudes absolues sont exclues – ce qui ne signifie certes pas qu’un doute total doive être la règle. » (P. 77)

Un petit essai d’une centaine de page pour tenter de lever un pan de l’Histoire…Christophe Colomb est-il celui qui découvrit d’Amérique?

Ne faut-il pas envisager l’hypothèse d’une découverte par les Scandinaves  dans les années 870-900. Ceux-ci avaient colonisé l’Islande dès les années 870…il ne leur restait qu’à faire un nouveau saut depuis l’Islande vers Terre-Neuve. Terreneuve où l’on découvrit

Le Vinland, est le nom donné par le Viking islandais  Leif Erikson, au territoire qu’il explora le premier autour de l’an 1000. Ce territoire se trouve sur l’île de Terre-Neuve au Canada . Des fouilles en une datation au carbone 14 qui donne l’an 100, ont permis d’y retrouver des traces de la présence des Vikings notamment à L’Anse aux Meadows..

Alors pourquoi pas remettre cause l’Histoire qui nous est enseignée ?

ARKHÈ Èditions – 2021 – Parution initiale en 2011 – 118 pages


Lien vers la présentation de Régis Boyer


Quelques lignes

  • « Les Scandinaves, qui étaient une poignée d’hommes et de femmes – n’oublions pas qu’à l’heure actuelle, ils sont, toutes nations confondues, Danemark, Islande, Norvège, Suède et Féroé, moins de dix-neuf millions ! soit nettement moins que le tiers de la France, ont peut-être vraiment découvert, mais en tout cas habité, avec les Celtes, l’Islande à partir d’environ 870 de notre ère, puis, de là, le Groenland d’où ils se sont très vraisemblablement rendus à Terre-Neuve ou dans le Labrador, ce qui fait d’eux les premiers découvreurs de l’Amérique du Nord, le tout avant l’an mille. » (P. 9)
  • Un moine du XII° siècle écrit : « Les Suédois descendaient en bateau du fond du golfe de Finlande jusqu’à Constantinople. C’étaient comme tous leurs congénères, des hommes d’ordre, bien organisés – le contraire exact des populations slaves. » (P 26)
  • « Les «renseignements » que ces sagas nous procurent sont beaucoup trop vagues pour que l’on puisse déduire de leurs indications des renseignements précis, par exemple sur l’emplacement des régions présentées. » (P. 67)
  • « …trois siècles séparent les faits rapportés de la rédaction des textes qui nous en parlent. » (P. 67)