« Meilleur ami / Meilleur ennemi » – James Kirkwood

Meilleur ami - Meilleur ennemiUn jeune homme, Peter Kilburn, élève dans un collège est emprisonné, il a tué le directeur de son lycée et écrit à son avocat qui lui a demandé de consigner par écrit le déroulement des faits une longue lettre afin de lui expliquer  son geste.
Nous sommes en 1929.
Ce gamin ressemble par bien des cotés à l’auteur : son père est acteur de cinéma, un acteur du muet dorénavant oublié par les producteurs, tirant le diable par la queue, sa mère est décédée quand il avait six ans, …le père de James Kirkwood était non seulement acteur de cinéma, mais également réalisateur et scénariste, sa mère était actrice.

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« Les saisons de la nuit » – Colum McCann

Les saisons de la nuitUn grand roman sur l’amitié, un grand roman sur New York, sur les conditions de vie dans cette ville de ses habitants entre 1916 et les années 90, sur le racisme, les mariages mixtes mal vus, la pauvreté, la misère….. 
Toute la vie des personnages de ce roman a pour toile de fond soit les tunnels de New York, soit les gratte-ciels, sans lesquels New York ne serait pas New York. On assiste à leur terrassement ou à leur construction. 
Faits historiques et faits romancés se mêlent. 
À la suite d’un accident du travail lors du creusement d’un tunnel deux des survivants se lient d’amitié, malgré leurs différences, l’un est blanc l’autre est noir. Si ces différences n’existent pas au cours du travail, face au danger, elles réapparaissent à l’extérieur. Pas pour eux!!!

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Diane Ackerman

Diane Ackerman.jpgÉcrivain, poète, essayiste et naturaliste américaine née Waukegan (Illinois) en 1948
Ancien professeur de littérature à Columbia, Cornell et New-York
Elle publie aussi de la poésie et des livres pour enfants
Elle collabore à des journaux et revues comme le Nationale Geographic
Diane Ackerman vit à Ithica dans l’état de New York

(Source Babelio) Lire la suite

« Le grand combat » – Ta-Nehisi Coates

Le grand combatQuand on est un gamin noir, vivant dans les années 80 dans le quartier, le ghetto de West-Baltimore, les seuls horizons qui s’offrent sont la drogue, les gangs, la violence, les flingues et la mort violente sur le bord d’un trottoir…les tentations sont grandes, on marche en permanence sur le fil du rasoir. 
Dès les premières pages du livre, Coates témoigne de la violence qui règne dans  ces quartiers :  « À cette époque, Baltimore était la proie des factions, divisée en gangs qui prenait le nom de leur quartier. Ceux de Walbrook Junction régnaient en maîtres, jusqu’à ce qu’ils se heurtent à North et Pulaski, une bande de lâches sans vergogne, le genre à te mettre la honte devant ta meuf. Mais tout en haut trônait Murphy Homes. L’ampleur de leur scélératesse leur conférait une dimension mythique. Partout où ils passaient -la vieille ville, Shake and bake, le port -, il brisaient des genoux et pêtaient des tronches. Jusqu’aux confins les plus reculés, on entendait résonner leur nom : Murphy Homes cassait du négro à coups de pistolet de pompe à essence. Murphy Homes lacérait les dos et versait du sel dans les plaies. Murphy Homes se téléportait en un clin d’oeil, volait à dos de chauve-souris, accomplissait des rites macabres au sommet de Druid Hill. »
Mais quand on s’appelle Ta Nehisi Coates, on a sur les autres un avantage : on a un père qui s’occupe de vous, qui veille sur vous, un père qui ne démissionne pas, un père qui s’engage à la fois pour ses enfants, et pour la communauté, un père instruit, vivant dans les livres, « Il clamait que le peuple avait besoin de livres et il lui en fournissait. », ancien militant des Blaks Panthers, il a connu Malcom X. Le clan Coates c’est trois autres femmes acceptées par la maman de Ta-Nehisi et sept autres enfants, nés des unions légitimes ou non de William Paul Coates..On s’y perd un peu, mais tous vivent en bonne intelligence, et craignent la ceinture du père, qui n’hésite pas à s’en servir…
Sans lui, les gamins auraient pu mal tourner. Mais il leur a permis cet éveil, leur a ouvert la voie vers la Conscience et la Connaissance…qui ont façonné Ta-Nehisi, Conscience de l’histoire des Noirs au États Unis, de leur place dans le monde. Un encouragement à lever la tête, à s’affirmer, à apprendre et à partager : « Une balle pouvait éliminer un ennemi, une grenade en tuer quelques uns, en revanche la machine à polycopier pouvait toucher le cœur et l’esprit de milliers d’entre eux et faire naître encore plus d’alliés. »
Ta-Nehisi a parfois emprunté des chemins de traverse qui auraient pu le faire basculer : il a été mis à la porte pour violence de certaines écoles…mais la ceinture du père et la musique l’ont chaque fois remis sur le droit chemin. 
La musique, c’est le hip-hop, les percussions et le djembé. qui rythment les pages du livre et les heures de loisirs du gamin. 
Le Grand Combat est à la fois un livre témoignage « coup de poing » sur cette vie dans les banlieues noires, sur cette époque, sur la situation des Etats-Unis dans les années 80, un livre d’amour et de reconnaissance pour ce père qui, par l’éducation qu’il leur a donné,  a permis à Ta-Nehisi et à ses frères et sœurs  d’échapper à ce déterminisme, à cette voie toute tracée pour de nombreux gamins, celle de la drogue, de la violence, de la mort violente. Un témoignage qui peut sans doute être transféré et utilisable pour d’autres quartiers, dans d’autres pays et d’autres temps.
Le Grand Combat, est aussi un livre message sur le combat que chacun, quel que soit son lieu de vie, peut mener afin de s’élever dans la société par la Conscience de sa place, de son rôle et par le désir d’améliorer ses Connaissances

C’est enfin un livre d’espoir, qui après « Une colère Noire », laisse à penser qu’on entendra encore parler de l’auteur Ta-Nehisi Coates


Quelques lignes sur le livre
  • Les statistiques étaient désastreuses et souvent récitées : un jeune Noir sur vingt et un tué, en général  par un autre noir, plus d’entre nous en prison qu’à l’université. » (P. 19)
  • « La bicoque croulait sous la Connaissance ; les pièces étaient remplies de livres aux titres prophètiques évoquait l’action militante et la gloire recouvrée. [….] Mon père avait des amis qui lui ressemblaient ; ils formaient des collectifs et organisaient des fêtes en l’honneur de Malcom X, et de Marcus Garvey. » (P. 25)
  • « Mon père à sept enfants de quatre femmes différentes. […] Vu comme ça c’est le bordel, mais pour moi c’est de l’amour. C’est ce qui a formé et forme encore ma définition de la famille. » (P. 28)
  • « Nous étions coupés en deux : un pied en Amérique, l’autre dans un pays en guerre. On nous demandait de nous comporter en individus civilisés, alors que le monde autour de nous était au bord du carnage. Bill avait perdu toute mesure. Être armé signifiait prendre les commandes de nos existences à la dérive. Un flingue, c’était une machine à explorer le temps et une ancre : c’était lui qui dictait les événements. Être armé, c’était être son propre maître, devenir autre chose qu’un homme dont la vie et la mort pouvaient simplement être saisies et jetées au hasard. » (P.48-49)
  • « Cependant, j’avais beau faire, la rue n’était pas mon habitat naturel. » (P. 67)
  • « Règle de la Connaissance numéro 2080 : du ver de terre à l’homme l’univers est remplie de petits despotes. Il valait donc mieux apprendre à se défendre que de passer sa vie à courber l’échine et à tirer sur sa chaîne. » (P. 81)
  • « Il était de ceux qui croyaient que notre mal – une population paupérisée, souffrante, illettrée, mutilée, abrutie, plus éprouvée qu’aucune autre dans ce pays – n’était pas une tumeur à exciser, mais la preuve que le corps tout entier était tumeur, que l’Amérique n’était pas victime de la gangrène, mais qu’elle était la gangrène même. » (P. 91)
  • « Fils, commença mon père, tu vas devenir un homme imposant. Tu vas devoir apprendre à être conscient de ton corps. Tu n’es pas méchant, mais, à cause de ta taille, tu feras des choses qui paraîtront menaçantes à certains. Il faut que tu fasses attention en particulier à proximité des Blancs. Tu es grand et fort, et tu es un jeune homme noir. Tu dois faire attention à ce que tu fais et à ce que tu dis. » (P. 199)
  • « Fuir le ghetto ne nous sauvera pas, car partout nous sommes présumés violents, partout on se demande quelle sera notre prochaine victime. Le fléau qui ravageait ma ville déchue m’avait détruit pour me reconstruire à son image. On m’avait pris mes ailes et donné un couteau à la place. Je m’étais égaré, là-bas. mes rêves s’étaient atrophiés  ne me laissant que l’instinct de survie, un minimum de dignité et de respecte de soi. » (P. 219)
  • « Tous les soirs, nous parlions pendant des heures de ces riens dont dépend l’avenir du monde quand on est jeune » (P. 223)

« De sang-froid » – Truman Capote

De sang-froidDeux jeunes hommes, Dick et Perry souhaitant cambrioler la maison d’un riche fermier, l’assassinent froidement, ainsi que son épouse et deux de ses enfants. Ils ont ligoté les victimes et les ont égorgé ou leur ont tiré dans la tête….Préméditation : il fallait « leur foutre…leur mettre tout plein de cheveux sur les murs ». Deux jeunes hommes passés de la petite délinquance au crime sordide. 
Comment pour quelques dollars, pour un poste de radio, pour un chéquier peut-on tuer sauvagement une famille, une gamine..?
Roman né de l’imagination d’un auteur ? Non. Il s’agit de l’un de ces faits divers que connaissent les Etats-Unis de la fin des années 50 et des années 60

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