
« Notre culture stipulait qu’il était très mal de faire l’amour à une lycéenne de quinze ans. Faire l’amour à sa voisine mariée n’était pas non plus recommandé, mais au moins c’était légal. » (P. 290)
Cela faisait bien longtemps que je voulais approcher cet auteur américain, un de ces grands, de la même veine qu’Hemingway, Faulkner, Steinbeck, London….plusieurs d’entre eux m’ont donné ce goût de la lecture, m’ont fait découvrir ce pays mythique, ses grands espaces, sa morale…. et un hasard m’a mis ce livre entre les mains.
Hasard d’une rencontre sur un chariot le livres à ranger, dans la médiathèque…un livre défraichi, qui passa sans doute entre de nombreuses mains, aux pages cornées parc certains qui méconnaissent l’usage d’un marque page…amis lecteurs, faites ce que vous voulez de vos livres mais, s’il vous plait, respectez ceux qui ne sont pas à vous!
Découverte donc de cet auteur….qui semble-t-il a été réédité en 2017 après son grand départ vers l’éternité en 2016.
Découverte et semi déception…Trois nouvelles, Les Œufs, Le chien, L’affaire des bouddhas hurleurs, trois nouvelles qui finalement ne m’ont pas apporté grand chose, trois nouvelles qui mettent en scène des gamines vues par un narrateur lubrique qui ne pense qu’à leur petite culotte, aux chiens de chasse et à leur caractère, aux chevaux, aux femmes matures, à la pêche à la truite ou à la chasse au chevreuil.
Vision de l’Amérique profonde pas toujours très passionnante, en tout cas qui m’a parfois donné envie de lâcher ce livre et de passer à autre chose, car on retrouve en totalité ou en partie, ces thèmes dans ces trois textes : « la pêche, la picole et la baise » (P. 165)
…je m’attendais à autre chose, mais c’est en tout cas, une autre image de cette Amérique pudibonde et puritaine, une image inhabituelle, iconoclaste qui a au moins le mérite d’être courageusement mise en avant par un éditeur. Surtout quand l’auteur se met dans la peau d’une femme en mal d’enfant.
Si le premier auteur venu, avait proposé un tel texte, aurait-il été édité? Sans doute pas
Mais, rappelons le, ce texte fut exhumé après le décès de l’auteur. Jim Harrison était un grand….il n’était pas le premier venu. Il était l’un des derniers!
Éditeur : Flammarion – Traduction par Brice Matthieussent – 2017 – 295 pages
Lien vers la présentation de Jim Harrison
Quelques lignes
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« A quatre-vingt-cinq ans, Catherine s’occupait encore elle-même de ses poulets. Quand on savourait une poule au pot, Catherine connaissait son petit nom. Cela ne la dérangeait pas. Son trépas faisait tout bonnement partie de la vie. » (P. 24)
- « Le problème, du moins le croyait-elle, c’était qu’il n’y avait pas «d’extérieur» à New-York, pas de Crazy Mountains couronnées de neige ni de plaines s’étendant à perte de vue. » (P. 50)
- « Au diable le monde et ses guerres, pensa-t-elle. ceux qui les déclenchent ne meurent jamais dans la bataille.’ (P. 78)
- « Il s’agissait au mieux d’une question ancestrale, mais la seule chose qui comptait dans la vie était de savoir si, oui ou non, on avait l’âme en paix. » (P. 90)
- « Le passé survit en chacun de nous. Peu importent les coups reçus, ces blessures ne sont que les déchets difformes de la mémoire, si souvent manipulés qu’ils en deviennent incolores, à peine vivants. » (P. 93)
- « Aux États-Unis, au dessus de quarante-cinq degrés de latitude Nord, la température varie entre moins quarante et plus quarante. Peu de gens comprennent que le Montana, qualifié de désert d’altitude, n’existerait pas en tant que tel sans l’immense réseau d’irrigation destiné aux récoltes. » (P. 177)
- « Il suffit de supprimer tout le superflu pour conserver seulement les éléments fondamentaux que sont un toit sur sa tête et de la nourriture sur sa table. » (P. 214)

