« Une si longue lettre » – Mariama Bâ

Une si longue lettreRamatoulaye femme sénégalaise vient de perdre son mari décédé d’une crise cardiaque. Un mari avec lequel elle a eu 12 enfants pendant leurs 30 années de vie commune. Il avait obtenu en France sa licence en droit et avait été  avocat des syndicats puis fonctionnaire. Elle écrit ces longues lettres destinées à son amie Aïssatou : « la confidence noie la douleur ».
Une douleur vive en partie du fait de ce décès, mais aussi parce que en respect de la tradition africaine, elle est dépouillée de ses biens, de la maison familiale, quelques jours après le décès par la belle famille de son mari…un mari qui l’avait abandonné pour épouser une gamine amie de lycée de sa propre fille…
Douleurs joies et peines diverses ponctuent ces courriers. Plus tard des prétendants lui proposeront le mariage.

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« Et je suis restée debout vivante » – Evelyne Abondio

Et je suis restée debout vivanteL’action de ce livre mettant en scène des femmes de conditions diverses, se déroule dans un pays imaginaire d’Afrique : le Diamonda, un pays dans lequel le lecteur pourrait reconnaître beaucoup de pays d’Afrique noire, « jeune nation pleine aux as des revenus du cacao, du pétrole et des diamants », devant faire face à un coup d’état…Tout ceci parce que « la police, en proie à une transe inexplicable que certains avaient qualifiée de mystique, avait tiré à balles réelles sur les paysans venus protester contre le prix dérisoire auquel ils étaient contraints de céder leurs récoltes. »

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« Johnny chien méchant » – Emmanuel Dongala

Johnny Chien Méchant« Johnny chien méchant »….fait partie de ces livres écrits pour bousculer notre tranquillité de lecteur, nous déranger…l’un de ces livres qu’on n’oublie pas, tant ils sont criants de vérité, tant ils sont porteurs d’indignation diverses. 
Tout oppose d’une part Lufua Liwa, Matiti Mabé qui prendra le nom de Johnny Chien Méchant comme nom de guerre, et d’autre part Laokolé, une jeune ado de seize ans, amoureuse de la vie…Ils sont les deux personnages principaux du roman. 
Laokolé fuit avec son frère Fofo. Avant de quitter la maison, elle a enterré une malle contenant tous les objets ayant même une petite valeur ou une valeur affective. Elle fuit sans trop savoir où et transporte, dans une brouette, sa mère gravement blessée aux jambes à la suite d’un précédent pillage au cours duquel son papa a été tué.

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« Photo de groupe au bord du fleuve » – Emmanuel Dongala

Photo de groupe au bord du fleuveJe suis bien incapable de dire comment j’ai connu ce livre qui figurait depuis des mois dans la liste toujours plus grande des ouvrages que je souhaite découvrir, afin continuer à voyager jusqu’au jour du  grand départ… 
Emmanuel Dongala, que j’ai découvert avec ce titre m’a transporté au cœur de l’Afrique Noire…non pas le noir couleur de peau, mais le Noir de la corruption, de la condition des femmes, de l’obscurantisme des sorciers, des superstitions, des viols, des mariages forcés, des veuves que la belle famille spolie et jette à la rue, le noir des dictateurs brassant des milliers, presque des millions de francs CFA pour les meilleures bouteilles de champagne et méprisant une population qui tous les jours trime pour manger.

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Emmanuel Dongala

Emmanuel-Dongala.jpegÉcrivain congolais né en à Alindao (République centrafricaine)

Il fut contraint à la fin des années 90 de quitter le Congo-Brazzaville, à la suite des  luttes fratricides, qui l’ensanglantèrent.

Il est diplômé Master of Sciences de la Rutgers University (U.S.A.) et Docteur ès Sciences de l’Université de Montpellier (France)

Il se réfugia aux États-Unis où il est professeur de chimie à Simons’ Rock Collège, dans le Massachusetts, et professeur de littérature africaine francophone à Bard College dans l’état de New-York.

(Source Babelio) Lire la suite

« Bakhita » – Véronique Olmi

BakhitaLa gamine avait quand elle fut enlevée « cinq, six ou sept ans, comment savoir ? Elle est née en 1869. Peut être un peu avant. » Comment s’appelait-elle avant, elle ne s’en souviendra pas….mais le négrier qui la prit l’appela Bakhita  c’est à dire la « Chanceuse », une chanceuse qui sera bientôt incapable de dire où se trouve son village, et d’y retourner…
Son père était le frère du chef du village, et sa mère eut 11 enfants dont deux ont été enlevés, sans compter ceux qui sont morts dans l’enfance…banalité de l’Afrique, dans laquelle des hommes, des tribus gagnent de l’argent en enlevant les gamins et en les vendant comme esclaves. Non pas des esclaves qui partiront vers l’Amérique, mais des esclaves destinés à des maîtres africains, au Soudan, en Egypte….En effet, ce sont des africains qui furent responsables au XIXème siècle de la déportation, de l’esclavage d’autres africains…un fait culturel que Véronique Olmi nous rappelle..L’esclavage n’a pu exister que parce que des Africains l’organisaient.

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« Comedia infantil » – Henning Mankell

ixComedia infantilJosé Antonio Maria Vaz, boulanger est assis sur le toit d’un théâtre aux cotés d’un enfant qui vient de mourir. Il l’a trouvé sur la scène du théâtre  Ils ont passé ensemble ces neufs nuits d’agonie, neufs nuits fantastiques, neuf nuits au cours desquelles Nelio le gamin racontera sa vie à son sauveur…
Une mise en scène qui donne un petit air de conte à « Comedia infantil »…
Nelio est l’un de ces nombreux gamins africains, orphelin, car des hommes armés ont détruit son village et tué sa famille, sa mère a été enlevée et violée, et il a été recruté pour devenir l’un de ses enfants soldats. Ces enfants qui tuent sans état d’âme…Il a vécu dans des trous sordides avec d’autres gamins, orphelins comme lui.
Mais Nelio a une âme, une âme pure qui lui donne une conscience et une sagesse, presque cette sagesse des vieillards africains.
Une sagesse et une philosophie de vie qui lui permettront d’échapper à cette condition de tueur.

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