« Zouleikha ouvre les yeux » – Gouzel Iakhina

Zouleikha ouvre les yeuxMariée avant 1915, à 15 ans, avec un homme de 45 ans, Zouleikha a eu 3 filles, trois filles décédées alors qu’elles étaient bébés…depuis elle vit avec cet homme rustre dans une masure à coté de la maison de La Goule, sa belle-mère âgée, portant la méchanceté dans la peau. 
Zouleika en est devenue le souffre-douleur, l’esclave presque, chargée de lui préparer le bain, d’être à ses petits soins. Le bonheur lui est une notion inconnue. 
Mais c’est une vie normale, pour l’époque et les lieux. Les familles vivent au jour le jour à coté des animaux…mais la vie de Zouleikha sera bousculée au moment où des hommes envoyés par Moscou, par Staline expulsent Zouleikha de leur masure. C’était la dékoulakisation.

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« Le Serpent d’étoiles » – Jean Giono

Le-Serpent-dEtoiles_8348Jamais l’idée m’est venue d’acheter un livre audio…Le livre est avant tout, pour moi, un objet papier.
Quand Babelio m’a proposé ce titre à l’occasion d’une opération Masse critique, je n’avais pas prêté attention au format du livre…
Surprise lors de la réception…et à l’occasion de l’écoute. 
Une écoute qui devient plaisir, si elle accompagne une ballade dans la solitude d’une nature sauvage…dans un lieu perdu, ravitaillé par les corbeaux, comparable à celui dans lequel  Giono transporte le lecteur.
Un lieu où seuls des bergers et des moutons peuvent vivre tout un été de transhumance. Là ou la poésie et les mots de Giono prennent encore plus de sens. 
La Provence rurale non détruite par le tourisme!

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« L’herbe des nuits » – Patrick Modiano

L'herbe des nuitsAh! Monsieur Modiano, l’idée d’abandonner cette lecture m’a un temps effleuré !…J’ai eu un peu de mal à entrer dans le roman, un peu de mal à situer l’action, les périodes, puis votre petite musique a fait le reste. Tout s’est progressivement ordonné, ce petit carnet noir, objet essentiel du roman a trouvé sa place…Et au final vous m’avez enchanté..
« Sur les pages du carnet se succèdent des noms, des numéros de téléphone, des dates de rendez-vous, et aussi des textes courts qui ont peut-être quelque chose à voir avec la littérature. » : un carnet qui a accompagné la vie du narrateur, un auteur. 
Ce carnet lui servait à noter les événements, les rencontres qui émaillaient sa vie, des éléments qui pouvaient être réutilisés dans ses romans. 

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« Là où les chiens aboient par la queue » – Estelle-Sarah Bulle

Là où les chiens aboient par la queueMorne-Galant en Guadeloupe…vous connaissez ? 
C’était un coin paumé, en ces années 40, « Morne-Galant n’est nulle part, autant dire une matrice dont je me suis sortie comme le veau s’extirpe de sa mère : pattes en avant, prêt à mourir pour s’arracher aux flancs qui le retiennent. »
Une toute première phrase pleine de promesses, d’images, de langage fleuri, d’humour…une première phrase qui dit tout.
La suite est au diapason. 
Apollone est l’aînée de cette famille, mais tous l’appellent Antoine, son « nom de savane », choisi pour embrouiller les mauvais esprits.

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« Capitaines des sables » – Jorge Amado

Capitaines-des-sablesAvec Capitaines des sables, on est bien loin du Brésil qui fait rêver, celui du Carnaval, des grandes plages de Copacabana, des belles filles siliconées en maillots de bains « timbres poste ». On voyage au contraire dans le Brésil qu’on ne montre pas, qu’on tait sur les brochures touristiques, celui de la violence, du vol, du viol, des favelas. Bien qu’écrit il y a plus de 80 ans, en 1937, Capitaines des Sables, n’en conserve pas moins, de ce fait une actualité brûlante.
Les Capitaines des sables sont ces enfants abandonnés ou orphelins, vivant en groupe pour commettre leurs vols et autres méfaits. Ils sont une centaine, âgés de 8 à 16 ans, qui volent dans les maisons de riches, se cachent de la police, et n’hésitent pas à jouer du couteau… 

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« Qu’attendent les singes » – Yasmina Khadra

Qu'attendent les singesÀ Alger, une jeune fille est retrouvée morte… 
L’enquête est confiée au commissaire Nora, une femme énergique. Malgré les menaces et les pressions de sa hiérarchie, elle s’accrochera et fera tout pour aller jusqu’au terme de son enquête. Son orientation sexuelle la livre aux remarques et observations de ses collègues. Pas banal de retrouver une femme flic commissaire dans un pays dominé par les hommes.
Le sujet aurait pu être plaisant et explosif. 

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« Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants » – Kenzaburo Oé

Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfantsAvec « Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants » Kenzaburo Oé nous transporte dans un Japon bien éloigné du Japon de la contemplation bouddhiste, du Japon patrie du Zen.
Avec ce livre Kenzaburo Oé met en scène toute la complexité du Japon, qui peut aussi être le pays de la violence extrême. 
Y compris envers des enfants ce qui est encore bien plus difficile à concevoir et à vivre. 
Lors de la deuxième guerre mondiale, des enfants d’une maison de correction, qui ne sont donc sans doute pas des anges, fuient les bombardements. Ils sont évacués sous la conduite de leur éducateur vers un village de montagne isolé suite à une crue qui causa un glissement de terrain et emporta la route. Le seul moyen d’y accéder est d’emprunter un wagonnet  qui enjambe la rivière sur des rails. Il est utilisé d’habitude pour le transport de bois.
L’éducateur part à la recherche d’un gamin qui a fugué et confie les autres à la responsabilité du maire, qui les enferme dans une grange, sans leur donner ni à boire ni à manger.

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