« La voix cachée » – Parinoush Saniee

La voix cachée« J’ai compris peu à peu le vrai sens du mot « débile » et je me suis rendu compte qu’ils s’étaient moqués de moi pendant tout ce temps, sans que je le sache. Lentement, une terrible colère s’est emparée de moi. Ce mot s’est mis à m’inspirer une telle répulsion que, rien qu’à l’entendre, j’avais la tête brûlante. Je sentais mon visage devenir écarlate et quelque chose bouillonner en moi. »
Shahaab, le gamin de 4 ans nous parle, nous explique sa vie…. une vie de famille en Iran. Tout le monde ou presque le considère comme débile car, à son âge, il ne parle toujours pas. Alors certains le martyrisent et lui font faire un peu n’importe quoi. Tout le monde…? Non sa mère, l’autre narratrice, est consciente des capacités de son fils, tous deux se comprennent, sans se parler.
Elle l’adore.

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« Sérotonine » – Michel Houellebecq

Sérotonine

Je viens de découvrir Houellebecq…par hasard, parce qu’une amie m’a prêté son dernier livre, « LE » livre que tout le monde attendait !!! Parait-il…..
La presse nous l’avait vendu, les superlatifs anticipaient sa venue, la rentrée littéraire attendait cette sortie…les hommes de marketing avaient bien fait leur boulot. Le livre fut placé en tête de gondole dans les grandes surfaces, afin que personne ne le manque et qu’on se l’arrache. Les prix littéraires qu’il obtint ne sont pas bien sûr étrangers à cette promotion.
Bizarrerie de la langue française…Une rentrée littéraire n’est qu’une somme de sorties de livres. 
Bref, si on ne lisait pas cet ouvrage, on allait passer pour un ringard…Tout lecteur se devait de posséder et de lire ce titre. Blabla, blabla…

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« Le voile de Téhéran » – Parinoush Saniee

LE VOILE DE TÉHÉRAN

«Le problème, c’est que je ne sais pas ce que signifie le mot “bonheur”» dira Massoum.
Oui, le bonheur est un état d’âme bien rare dans ce livre, bien bref, si l’on considère le bonheur des femmes de ce roman….C’est tout autre chose si on prend en considération le lecteur qui trouvera certainement qu’il est bien difficile de fermer ce livre le soir, qui éprouvera le bonheur d’une lecture qui le transportera vers d’autres mondes, vers d’autres époques, qui l’indignera et le percutera de plein fouet.
Massoumeh Sadeghi, appelée Massoum par les siens, est la narratrice et le personnage principal du roman. C’est une jeune femme aux yeux verts dont je suis tombé amoureux…Le texte et …l’image de la couverture en sont la cause. Nous la suivons pendant plusieurs dizaines d’années, au fil des évolutions politiques de l’Iran, évolutions qui n’apportent aucune révolution dans la mentalité de la majorité des hommes. Au contraire.. 

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« Miss Sarajevo » – Ingrid Thobois

Miss SarajevoJoaquim, jeune photographe de vingt ans arrive dans Sarajevo en guerre…nous sommes en 1993. Terrible période, terribles souvenirs pour les plus anciens. La guerre était à nos portes. Joaquim reste traumatisé par la mort de Viviane, sa petite sœur de 15 ans, qui s’est défenestrée. Ces souvenirs lui reviennent à l’esprit, en boucle. C’est peut-être pour tout cela qu’il se confronte à la mort, dans son métier. 
Depuis Joaquim a une phobie des fenêtres, une peur viscérale, une peur accrue dans cette ville où les snippers prennent plaisir depuis leurs fenêtres à faire des cartons sur toutes les cibles à leur portée.
Aujourd’hui, quelques années plus tard, en 2017 Joaquim se rend aux obsèques de son père….Il ne l’avait pas vu depuis 20 ans. Un père difficile dont il fallait affronter les sautes d’humeur, les coups de tête. Jaoquim est maintenant seul, sans famille proche…courant le monde. Sa mère aussi a disparu, et il n’a jamais connu son jeune frère mort-né…un secret qui est sans doute la cause de ces malaises, de ces incompréhensions familiales.

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« Un océan, deux mers, trois continents » – Wilfried N`Sondé

Un océan, deux mers, trois continentsCertains livres ont le don de vous happer dès les premières pages, de vous couper du monde et de vous plonger dans l’Histoire, dans la honte et le sublime. « Un océan, deux mers, trois continents » fait partie de ces livres que j’ai eu de la peine à refermer, en fin de journée.
Nsaku Ne Vunda, gamin né au bord du fleuve Kongo à la fin du XVIème siècle fut élevé par des missionnaires catholiques, blancs et devint l’un des premiers prêtres noirs. 
Le roi des Bakongos, le charge d’aller plaider la cause des Noirs devant le pape, de partir pour l’alerter du crime que connaissait alors le peuple de son pays, le Kongo, crime commis par des blancs, des portugais, des espagnols, qui trouvaient là une importante source de profits en vendant au delà des mers une main d’oeuvre bon marché, celle des esclaves… 

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« L’homme de Kiev » – Bernard Malamud

L'HOMME DE KIEVZhenia Golov, un gamin âgé de 12 ans est retrouvé sauvagement assassiné par deux autres gamins. Son corps criblé de coups de couteau avait été saigné à blanc. 
« Les Juifs » sont montrés du doigt….
Yakov Shepsovitch Bot, un homme simple, vivant de petits boulots, a été abandonné par son épouse infidèle, alors il part vers la grande ville, vers Kiev dans sa vieille charrette déglinguée tirée par son vieux cheval pour chercher du travail. Il accepte tout, il sait tout faire, notamment réparer tout ce qui est cassé. D’ailleurs il est « Le Réparateur ». 
Yacov n’est pas un homme inculte, il aime lire Spinoza
Il sauve un vieil homme riche, Nicolai Maximovitch Lebedev, qui s’était affalé dans la neige. Reconnaissant le vieil homme lui proposera de remettre en état un appartement qu’il loue, puis de surveiller sa briqueterie afin de réduire les vols de briques… Yakov se méfie de cet homme qui arbore l’insigne des « Cent-Noirs » épinglé à son manteau…l’insigne d’une groupe ouvertement antisémite et raciste.
Yacov est juif, il a besoin de travailler et malgré les risques qu’il encourt, il accepte ces deux propositions. Et donne toute satisfaction, sauf aux ouvriers et contremaîtres de l’usine…il gêne leurs petits trafics . 

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« Un loup pour l’homme » – Brigitte Giraud

Un loup pour l'hommeUne amie me l’avait conseillé, vivement conseillé…Après 5 lignes, j’ai failli le lâcher. 
Dès la première page j’ai été « bousculé » par l’attitude  qui me semblait irréaliste du « médecin [qui] ne voit aucune raison d’interrompre la grossesse » de Lila, parce qu’Antoine son mari est appelé en Algérie en qualité de bidasse. « Elle est en parfaite santé, elle est jeune »
Certes les médecins avaient depuis 1955 la possibilité de faire pratiquer ou de pratiquer des avortements thérapeutiques mais le sujet demeurait encore tabou, et interdit par les mœurs, et la loi sur de très nombreux points. Seules les « faiseuses d’anges » dont les noms et adresses s’échangeaient sous le manteau, réglaient les erreurs dues à la méthode de calcul d’Ogino, « père » de si nombreux enfants….. Le médecin ne pouvait nullement fonder sa décision sur la seule jeunesse et la seule santé de la maman, qui n’étaient pas les seuls critères pris en compte…un peu trop rapide à mon goût !

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