« Frère d’âme » – David Diop

Frère d’âmeIls sont morts en silence, hachés par la mitraille, toujours en première ligne, chair à canon pas chère en larmes…
« ILS » …ce sont ces tirailleurs sénégalais dont on parle assez peu dans la littérature sur la Première Guerre Mondiale….Petite précision de ma part, on parle toujours des « tirailleurs sénégalais », mais en fait ces combattants furent arrachés à tous les pays africains de la France coloniale. Il est nécessaire de le rappeler. Il fallait David Diop , auteur qui vécut au Sénégal pour en parler un peu plus…
Pour nous émouvoir de leur sort, de leur vie.
Ce roman hallucinatoire ne peut laisser indifférent. Il a au moins le mérite de donner la voix à ces milliers d’anonymes noirs, venus de différentes tribus mourir dans les tranchées. Ils sortaient de la tranchée en criant, pour faire peur à l’ennemi…dit-on.

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« Le Poids de la neige » – Christian Guay-Poliquin

Le poids de la neigeHiver canadien, hiver québécois….atmosphère étrange et surréaliste pour ce roman dans lequel l’ennui côtoie le plaisir…
Un vieil homme Matthias a été chargé par les autres habitants du village de prendre soin d’un jeune homme qui a été retrouvé les jambes écrasées sous sa voiture accidentée. Le vieil homme le loge dans une véranda, alors que lui vit dans la maison attenante. Le jeune homme, dont on ne connaîtra pas le prénom, n’a pour seules distractions, que celles de voir tomber la neige, et de surveiller avec sa longue vue l’échelle à neige que le vieil homme a planté dans le pré voisin…Il attend avec impatience la venue de la belle Maria, la vétérinaire qui l’a soigné, qui a recousu ses plaies, posé des attelles sur ses jambes… et refait régulièrement ses pansements
Huis clos entre ces deux hommes…Unité de lieu, de temps et unité d’action…ou plutôt d’inaction forcée. Les composantes du drame classique.

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« Mon chien Stupide » – John Fante

Mon chien stupideEn arrivant à la maison, un soir de pluie au volant de sa Porsche, Henri, trouve sa femme sur la pelouse, un fusil à la main, terrifiée par un chien monstrueux couché sur la pelouse, indifférent à la pluie et trempé comme une soupe. 
Il font entrer le chien dans la maison, dans leur vie…Stupide, ce sera son nom, est un chien Akita, un gros chien japonais -bien différent de l’image de la couverture du livre- un peu idiot et obsédé sexuel, pour lequel toute personne ou tout autre chien est l’objet de fantasmes sexuels qu’il tente immédiatement de calmer. Ce qui ne facilite pas les relations avec le voisinage. Un chien clochard un peu idiot, qui donnera le titre du roman mais n’en sera pas le personnage principal….il ne sera là que comme prétexte pour décrire les soucis familiaux et personnels d’Henri, le narrateur et pour décrire un pan de cette société américaine. 

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« Une nuit à Aden » – T1 – Emad Jarar

Une-nuit-a-Aden-Tome-1Essai, biographie romancée…. »Une nuit à Aden » (Tome I) est un peu de tout, difficile à définir, unique et bigrement captivant, bigrement intéressant pour celui ou celle qui s’intéresse aux soubresauts pouvant aller jusqu’aux tempêtes de notre monde, de notre actualité.
Indubitablement, l’auteur nous parle de lui, de son enfance, de sa famille, de ses origines. Il n’est pas banal d’être aujourd’hui à la fois un américain, d’origine Palestinienne et chrétienne, « Musulman « éduqué dans une culture chrétienne a raison des origines grecques de ma mère et de sa religion catholique de rite grec-melkite », golden-boy à Wall-Street et ….play-boy ! 

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« Grand frère » – Mahir Guven

grand frère mahir guvenHistoire banale de deux frangins, une histoire qui ne fait jamais la « Une » des journaux, sauf le jour où….une histoire qui vous explose à la figure…
Azad, le Grand-frère est chauffeur Uber, il conduit 11 heures par jour une grosse berline étrangère, noire. Il aime conduire, c’est d’ailleurs pour cela qu’il fait ce boulot. Conduire vite, c’est pour ça qu’il n’a presque plus de points sur son permis et que Le Guen, un flic l’a dans le collimateur.
Hakim, Petit frère est quant à lui  infirmier à l’hôpital Pompidou à Paris. 
Maman, bretonne d’origine, est partie rejoindre les anges, et Papa quant à lui guérit sa solitude en conduisant un taxi depuis qu’il est arrivé en France. Il râle contre ce fils qui, avec sa grosse voiture noire, lui prend le travail…Le sien et celui de tous ses collègues.

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« La Chambre de Giovanni » – James Baldwin

La Chambre de GiovanniDavid est un jeune américain dans le Paris des années 50. Sa fiancée Hella est en Espagne…Seul, il fréquente les bars, cherche de la drogue…il doit de l’argent, ne sait où dormir…Rencontre avec Giovanni, jeune italien, qui l’héberge. Début d’une relation sexuelle, d’un amour, d’amours qu’on cachait alors. Magnifique roman, que certains disent autobiographique sur l’amour homosexuel… 
Roman tragique aussi sur la peine de mort, évoquée très tôt dans le livre. Pourquoi ? Je vous laisse le découvrir.
Si Giovanni se donne complètement à cet amour véritable, il n’en est pas tout à fait de même pour David, qu’on perçoit tantôt passionné, tantôt incapable et fautif du fait de cette relation interdite par l’époque, interdite par les bonnes mœurs. Tiraillé par les conventions. Incapable de s’assumer.

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« Les oiseaux morts de l’Amérique » – Christian Garcin

Les oiseaux morts de l'AmériqueLas Vegas …. pour tous c’est le fric qui s’étale, les casinos, les belles bagnoles et belles nanas, le bling-bling à tous les coins de rue, bref…..une ville superficielle et sans âme qui tous connaissent. C’est ce qu’on y voit en surface : le brillant des dollars qui coulent à flot.
Mais dans ses sous-sols, dans ses immenses collecteurs ou coulent à flot les eaux des orages du désert, vivent ceux qui rejettent tout ce fric, qui rejettent cette société, des parias. Ce sont, pour certains d’anciens soldats ayant combattu au Vietnam ou ailleurs. Ils vivent tous en marge de cette société qui leur a fait perdre leur jeunesse.
Hoyt Stapleton, l’un d’eux, connaît bien ces tunnels, cette vie sous terre. Las-bas, au Vietnam, il était un « rat des tunnels. Il fait partie de ces nombreux hommes traumatisés par cette guerre, incapables de surmonter cette horreur. Il combattait non pas dans la jungle, à l’ombre des forêts, mais dans les commandos sous terre, dans les tunnels creusés par les Viets pour se déplacer sous la jungle, sous le napalm….Il était chargé de les éliminer, au couteau.

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