« Un océan, deux mers, trois continents » – Wilfried N`Sondé

Un océan, deux mers, trois continentsCertains livres ont le don de vous happer dès les premières pages, de vous couper du monde et de vous plonger dans l’Histoire, dans la honte et le sublime. « Un océan, deux mers, trois continents » fait partie de ces livres que j’ai eu de la peine à refermer, en fin de journée.
Nsaku Ne Vunda, gamin né au bord du fleuve Kongo à la fin du XVIème siècle fut élevé par des missionnaires catholiques, blancs et devint l’un des premiers prêtres noirs. 
Le roi des Bakongos, le charge d’aller plaider la cause des Noirs devant le pape, de partir pour l’alerter du crime que connaissait alors le peuple de son pays, le Kongo, crime commis par des blancs, des portugais, des espagnols, qui trouvaient là une importante source de profits en vendant au delà des mers une main d’oeuvre bon marché, celle des esclaves… 

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« Les Confessions de Frannie Langton » – Sara Collins

Les Confessions de Frannie LangtonFrannie Langton va être jugée par un tribunal anglais pour le meurtre sauvage de ses employeurs, George et Marguerite Benham…Nous sommes en avril 1826.
Elle a été retrouvée dans le lit de Mme Benham, à ses côtés, les mains pleines de sang. Elle sait qu’elle va être condamnée à être pendue, même si elle ne se rappelle pas ce qui s’est passé. Aux yeux de tous, elle devient la « négresse meurtrière »…bien qu’elle soit mulâtre.
Oui, Frannie est une « négresse », on ne disait pas encore « une Noire », une vulgaire marchandise qui dira d’elle :  « Toute ma vie on m’a appris que les corps noirs n’ont aucune valeur, mais un prix supérieur à celui des rubis ».
Frannie raconte sa vie, son enfance en Jamaïque à Paradise, la plantation de canne à sucre de Langton, son maître qui lui donna son nom. Elle était domestique, un peu plus haut placée dans la hiérarchie des nègres qui y travaillent que les esclaves qui cultivent les cannes. Elle avait même appris à lire, ce que les autres nègres étaient incapables de faire. Elle adore lire, surtout Candide. Langton l’a faite venir avec lui en Angleterre et l’a offerte à Benham…sans état d’âme comme un vulgaire cadeau !

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« Bakhita » – Véronique Olmi

BakhitaLa gamine avait quand elle fut enlevée « cinq, six ou sept ans, comment savoir ? Elle est née en 1869. Peut être un peu avant. » Comment s’appelait-elle avant, elle ne s’en souviendra pas….mais le négrier qui la prit l’appela Bakhita  c’est à dire la « Chanceuse », une chanceuse qui sera bientôt incapable de dire où se trouve son village, et d’y retourner…
Son père était le frère du chef du village, et sa mère eut 11 enfants dont deux ont été enlevés, sans compter ceux qui sont morts dans l’enfance…banalité de l’Afrique, dans laquelle des hommes, des tribus gagnent de l’argent en enlevant les gamins et en les vendant comme esclaves. Non pas des esclaves qui partiront vers l’Amérique, mais des esclaves destinés à des maîtres africains, au Soudan, en Egypte….En effet, ce sont des africains qui furent responsables au XIXème siècle de la déportation, de l’esclavage d’autres africains…un fait culturel que Véronique Olmi nous rappelle..L’esclavage n’a pu exister que parce que des Africains l’organisaient.

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« L’histoire de Ponciá » – Conceicao Evaristo

L'histoire de PonciaPonciá Vicêncio est une descendante d’esclave noirs. Son acte de naissance mentionne qu’elle est brune de peau. Elle vit seule dans une pauvre masure. La vie n’a pas été facile pour elle. Marié à une homme silencieux et sale, elle aurait eu eu sept enfants, si elle n’avait pas fait des fausses couches répétitives. Elle a quitté sa mère et son frère et décidé d’aller vers la ville tenter d’y trouver un travail, un avenir.
Comme son grand-père, comme sa mère, elle aime travailler l’argile de la rivière, en faire sortir des formes, des statues..Parmi celles-ci celle de son grand-père, esclave,  lui tient particulièrement à cœur…Ses quatre enfants, bien que libres, avaient été vendus par le maître Blanc. Dans son désespoir il avait tué sa femme, la mère de ses enfants avec une faux et s’était tranché la main…Un désespoir, une tristesse cette « saudade » qui habite depuis des générations ces esclaves noirs et leurs descendants. Cette souffrance, cette « saudade ne s’explique pas, elle se vit ». Mêlant nostalgie, manque, mélancolie, elle se transmet de génération en génération. 

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« La saison de l’ombre » – Léonora Miano

La saison de l'ombreDix jeunes d’une tribu africaine sub-saharienne, les Mulongo, et deux adultes disparaissent à la suite d’un grand incendie. Où sont ils? Tout le clan s’interroge, leurs mères ou épouses en pleurs sont écartées et ne participent plus à la vie du clan, « leur douleur sera contenue en un lieu clairement circonscrit et ne se répandra pas dans tout le village ». Elles doivent être purifiées afin de ne pas porter malheur au groupe : en effet, « après ce drame on n’a pas fait les sacrifices que les circonstances méritaient ». Les superstitions régissent la vie du clan.

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