« L’histoire de Ponciá » – Conceicao Evaristo

L'histoire de PonciaPonciá Vicêncio est une descendante d’esclave noirs. Son acte de naissance mentionne qu’elle est brune de peau. Elle vit seule dans une pauvre masure. La vie n’a pas été facile pour elle. Marié à une homme silencieux et sale, elle aurait eu eu sept enfants, si elle n’avait pas fait des fausses couches répétitives. Elle a quitté sa mère et son frère et décidé d’aller vers la ville tenter d’y trouver un travail, un avenir.
Comme son grand-père, comme sa mère, elle aime travailler l’argile de la rivière, en faire sortir des formes, des statues..Parmi celles-ci celle de son grand-père, esclave,  lui tient particulièrement à cœur…Ses quatre enfants, bien que libres, avaient été vendus par le maître Blanc. Dans son désespoir il avait tué sa femme, la mère de ses enfants avec une faux et s’était tranché la main…Un désespoir, une tristesse cette « saudade » qui habite depuis des générations ces esclaves noirs et leurs descendants. Cette souffrance, cette « saudade ne s’explique pas, elle se vit ». Mêlant nostalgie, manque, mélancolie, elle se transmet de génération en génération. 

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Conceicao Evaristo

« Il était persuadé que quand une personne savait lire ce qui est écrit et ce qui ne l’était pas, elle faisait un pas crucial vers sa libération. » (« Banzo, mémoires de la favela » – P. 159)

« Je ne suis pas née entourée de livres, j’insiste. C’est dans le temps et l’espace que j’ai appris depuis l’enfance à cueillir les mots. Notre maison était dénuée de biens matériels mais habitée par les mots. Ma mère et ma tante étaient de grandes conteuses, mon vieil oncle était un grand conteur, nos voisins et amis contaient et racontaient es histoires. Chez nous, tout était raconté, tout était motif de prose-poésie. Mais c’est également au sein de ma famille que le monde de la lecture, celui du mot écrit, me furent présentés. Majoritairement semi-analphabète, tout mon entourage était néanmoins séduit par la lecture et l’écriture. Nous avions toujours à la maison des vieux livres, des vieilles revues, des journaux. Je me souviens de nos nuits de lecture, où ma mère ou ma tante feuilletaient avec nous les pages imprimées et les traduisaient. En grandissant, j’inversai les rôles et fis moi-même la lecture pour tous. » (Préface de « L’histoire de Ponciá » Discours prononcé en 2009 par Conceição Evaristo, lors d’un colloque de littérature)

« Banzo, mémoires de la favela » – Conceicao Evaristo

Banzo, mémoires de la favela.jpgTous vivent dans une ces favela brésiliennes..dans quelle ville ? On ne le saura pas, mais qu’importe ! C’est LA favela type proche des grandes villes mais sans lien avec celles-ci. Leur monde se limite à ces taudis. Une favela faite de poussière quand il fait beau et de boue les jours de pluie, construite au grès du temps, de bric et de broc, où vivent des petites gens, travaillant sur des chantiers, des femmes délaissées ou veuves, des femmes de ménage, des vieux qui attendent la mort..un bidonville ou presque aux portes d’une grande ville, qu’on ne verra jamais. Un bidonville dont personne ne sait à qui appartient le sol. C’est facile de les expulser sans recours possible.

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Conceicao Evaristo

Conceicao Evaristo.jpegAuteure brésilienne née en 1946 dans une favela de Belo Horizonte (Minais Gerais).

Cadette d’une famille de neuf enfants, elle a grandi dans la favela et a passé le concours d’institutrice en 1971. Quelques années plus tard, elle déménage à Rio de Janeiro et poursuit sa carrière d’enseignante dans les écoles élémentaires publiques.

Ses premières nouvelles et premiers poèmes sont publiés en dans les années 1990 dans l’anthologie Cadernos Negros. Son premier roman L’Histoire de Poncia a été publié au Brésil en 2003 et est étudié aujourd’hui par les candidats au baccalauréat brésilien. Il a été vendu à plus de 20 000 exemplaires. Lire la suite