« Quand Dieu boxait en amateur » – Guy Boley

Quand Dieu boxait en amateurSi je devais définir Guy Boley, je dirais de lui que c’est d’abord le « Fils du père », le fils de René.
René, qui, par sa personnalité, l’a forgé et lui a permis d’être cet homme libre, ce saltimbanque de cirque qui vécut mille vies, et ce jongleur de mots que j’avais découvert avec « Fils du feu« . Aussi, quand j’ai vu en rayon, « Quand Dieu boxait en amateur », aucune hésitation ne m’a effleuré l’esprit…il fallait à tout prix que je le lise. Vite…
Comme dans « Fils du feu », son père, René, en est le personnage principal. « Car c’était lui, mon père, qui fut tout à la fois mon premier homme, ma première parole, ma première étincelle et ma première aurore. » 
Un père dont il accompagne, dans les premières pages, les derniers instants dans une banale chambre d’hôpital de Besançon. Un père si discret, qu’il profitera d’un instant d’assoupissement de Guy pour quitter le monde. Parti sans dire au revoir…René était né 73 ans plus tôt dans le même hôpital, trois étage plus bas ! 
La boucle est bouclée.

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« 10 jours en terre ceinte » – Bernard Bloch

10 jours en terre ceinteJ’aimerais sincèrement que cette chronique permette de faire connaître ce livre, dont le titre « jeu de mots » m’avait intrigué et dont la lecture m’a procuré de nombreuses d’émotions. 
De la rage d’abord si, pour éviter ces morts quotidiennes, rien n’est entrepris pour sortir durablement du conflit israélo-palestinien, et aussi de l’espoir. 
Il le mérite.
Bernard Bloch ne s’en cache pas, il est juif, a fait sa Bar Mitzvah en 1962 en Israël , mais n’est pas pratiquant. Dès les premières pages il nous prévient : « Mes réserves envers la politique d’Israël sont légion et certaines radicales. Mais ce qui reste inacceptable pour moi, c’est la remise en cause de son existence ». 
En se joignant à un groupe de chrétiens, à l’occasion d’un voyage organisé par « Témoignage chrétien », il parcours Israël pendant 7 jours en juin 2013. 
Puis seul, il se rendra auprès des membres de sa famille installés en Israël.

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« Le Retour au pays de Jossel Wassermann » – Edgar Hilsenrath

Le Retour au pays de Jossel Wassermann« Le porteur d’eau Jankl était monté le dernier dans le wagon. Rien d’étonnant s’il se trouvait tout près de la porte, qu’on avait verrouillé de l’extérieur. »  Le train part dans le froid glacial vers une destination inconnue.
L’un de ces sinistres trains
Jankel est sans aucun doute l’un des plus pauvre du shetetl, le village de planches de ces juifs que ce juifs viennent de quitter.. Il portait l’eau de porte en porte dans ces villages où l’eau courante n’existait pas….
On leur a promis qu’ils partaient vers de belles maisons…on est au début de la guerre. 
Il faut plutôt dire « était » l’un des plus pauvres, car il vient d’hériter de quatre-vingt mille francs suisses et trente trois centimes suisses de son oncle Jossel, dirigeant d’une usine de  fabrication de pain azyme en Suisse.  Lire la suite

« Bakhita » – Véronique Olmi

BakhitaLa gamine avait quand elle fut enlevée « cinq, six ou sept ans, comment savoir ? Elle est née en 1869. Peut être un peu avant. » Comment s’appelait-elle avant, elle ne s’en souviendra pas….mais le négrier qui la prit l’appela Bakhita  c’est à dire la « Chanceuse », une chanceuse qui sera bientôt incapable de dire où se trouve son village, et d’y retourner…
Son père était le frère du chef du village, et sa mère eut 11 enfants dont deux ont été enlevés, sans compter ceux qui sont morts dans l’enfance…banalité de l’Afrique, dans laquelle des hommes, des tribus gagnent de l’argent en enlevant les gamins et en les vendant comme esclaves. Non pas des esclaves qui partiront vers l’Amérique, mais des esclaves destinés à des maîtres africains, au Soudan, en Egypte….En effet, ce sont des africains qui furent responsables au XIXème siècle de la déportation, de l’esclavage d’autres africains…un fait culturel que Véronique Olmi nous rappelle..L’esclavage n’a pu exister que parce que des Africains l’organisaient.

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« Dans le grand cercle du monde » – Joseph Boyden

J’ai depuis toujours été fasciné par Dans le grand cercle du mondeLe Canada, le Québec, leurs forêts immenses, leurs lacs, le froid, et j’ai retrouvé dans ce livre tous mes rêves d’enfants, une partie de mes bandes dessinées qui me transportaient, me faisaient rêver…mais là pas de cow-boys, mais des Corbeaux, ces jésuites venus de France, évangéliser ces Sauvages…
C’est comme ça qu’ils les présentaient : des sauvages…Non! mais des hommes, des peuples indiens ayant une culture différente, un autre mode de vie…des hommes au cœur de la nature, la vénérant, ainsi que ses animaux. 
Choc de deux cultures, Européenne et Amérindienne, choc de deux modes de vie.
Ces braves indiens Hurons vivaient tranquillement de la chasse, de la cueillette, de la pêche…certes de temps en temps ils se jetaient dans la guerre contre les Iroquois, une guerre ancestrale. C’était l’occasion de longues tortures pratiquées jusqu’à la mort sur les prisonniers. Ces peuples nomades ne vivaient pas sous des tentes, comme nos BD enfantines nous les présentaient. Sédentaires ils vivaient réunis par centaines dans des villages en dur, cultivaient la terre, pour faire pousser les trois sœurs, maïs, courges et haricots, et abandonnaient le village pour en créer de nouveaux lorsque la terre qu’ils avaient défrichée autour ne les nourrissait plus.

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« Le Magicien de Lublin » – Isaac Bashevis Singer

le-magicien-de-lublinYasha Mazur est magicien ou plutôt artiste de spectacle, il court les villes et villages de cette Pologne du 19ème siècle pour se produire. Il sait aussi marcher sur un câble, et aucune serrure ne lui résiste. Aucune femme non plus. Toutes tombent son charme, son coté hâbleur. Pour lui « les femmes sont comme les fleurs pour l’abeille. Il en faut toujours une nouvelle. »
Marie avec Esther, qui ne peut avoir d’enfant, il la quitte régulièrement pour plusieurs mois afin d’aller de salle en salle, accompagné par Magda son assistante et maîtresse et des trois animaux partenaires de son spectacle : le singe, la corneille, le perroquet .

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« Portnoy et son complexe » – Philip Roth

portnoy-et-son-complexeCe livre a du faire beaucoup de bruit et de remous lors de sa parution dans cette Amérique (déjà) puritaine. Il est devenu célèbre et figurerait dans les cinquante meilleurs livres du XXème siècle. Il a permis à son auteur Philip Roth, de confirmer sa célébrité, mais pour ma part j’ai préféré d’autres livres de cet auteur

Alexander Portnoy est un jeune gamin, que nous suivront au début de sa vie d’adulte. Il est né dans une famille juive assez caricaturale, mère juive castratrice, père effacé toujours constipé, petit encaisseur d’assurances, toujours au travail. Lire la suite