« Le Conte de la pensée dernière » – Edgar Hilsenrath

le conte de la pensée dernièreThovma Khatissian va mourir, il vit ses dernières heures.C’est le moment où toute sa vie défile, où ses dernières pensées conscientes lui viennent à l’esprit. Cette conscience qui s’échappe de son corps est le conteur, personnage irréel qui va nous parler pendant tout ce roman. Une forme de double qui le confronte à son passé et surtout à celui de sa famille, à ses origines. Un double qui au fil des pages sera tantôt « le conteur », tantôt « Meddah », ce double, cette conscience l’interrogera.
La construction est originale et plaisante
Thovma est né en 1915, pendant ce génocide arménien, si peu évoqué en littérature…il est l’un des derniers contemporains de cette horreur…Une horreur que sa famille a vécu.
Ne sortez pas les mouchoirs…préparez-vous à vivre une aventure dans laquelle le burlesque, la farce, côtoient l’Histoire, la vraie, la farce, l’horreur.  
Cette haine que portent les Turcs et Kurdes aux Arméniens est une haine ancestrale, viscérale. 

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« Le Retour au pays de Jossel Wassermann » – Edgar Hilsenrath

Le Retour au pays de Jossel Wassermann« Le porteur d’eau Jankl était monté le dernier dans le wagon. Rien d’étonnant s’il se trouvait tout près de la porte, qu’on avait verrouillé de l’extérieur. »  Le train part dans le froid glacial vers une destination inconnue.
L’un de ces sinistres trains
Jankel est sans aucun doute l’un des plus pauvre du shetetl, le village de planches de ces juifs que ce juifs viennent de quitter.. Il portait l’eau de porte en porte dans ces villages où l’eau courante n’existait pas….
On leur a promis qu’ils partaient vers de belles maisons…on est au début de la guerre. 
Il faut plutôt dire « était » l’un des plus pauvres, car il vient d’hériter de quatre-vingt mille francs suisses et trente trois centimes suisses de son oncle Jossel, dirigeant d’une usine de  fabrication de pain azyme en Suisse.  Lire la suite

« Le Peuple d’en bas » – Jack London

Le peuple d'en bas Le-peuple-de-labime-Quand on parle de Jack London, immédiatement viennent à l’esprit des titres comme « Croc-Blanc », « L’appel de la forêt », « Le Loup des mers » ….rares sont ceux qui penseraient au livre « Le peuple d’en bas »…et pourtant, ce titre assez difficile à trouver en librairie sauf sur commande, mérite qu’on s’y penche. Merci à Recyclivres.
J’ai, comme tout lecteur, découvert London à l’adolescence, avec ces « classiques » cités en introduction…ceux-ci font voyager…grands espaces, amitiés, bref…ces romans d’aventure ont fait rêver l’adolescent de quinze ans que j’étais. 
En 1902, London qui avait 26 ans eut une idée : aller vivre quelques jours dans le quartier East-End de Londres, en se faisant passer pour un marin ayant abandonné son métier. Une nouvelle expérience pour lui, comme celles du Grand Nord, de la mer, de la recherche d’or.

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« Le Complot contre l’Amérique » – Philip Roth

Le complot contre l'AmériqueEt si …….. 
Et si Lindbergh avait été Président des États-Unis en 1940 en lieu et place de Roosevelt ? L’illustre Lindberg, le héros d’un peuple élu sur son nom. 
Une fiction, une uchronie, qui met en scène tous les acteurs de l’Histoire, mais dans des rôles qui n’ont pas été les leurs, dans des situations qu’ils n’ont pas rencontrées. 
L’Histoire (la vraie) nous apprend que « Charles Lindbergh  a été décoré le 28 juillet 1936 de l’ordre de l’Aigle allemand par Hermann Göring, qui lui montre en avant-première de nouveaux avions. À cette occasion, Lindbergh a qualifié Hitler de « grand homme » en le jugeant, « moins dangereux que Staline ». 
Partant de cet engagement réel, Philip Roth nous décrit un Lindberg, Président des États Unis opposé à l’entrée en guerre de son pays contre l’Allemagne, ami du Japon, mettant en œuvre une politique antisémite, allant même jusqu’à fermer les yeux sur des pogroms…, et déplaçant les familles d’origine juive au Kentucky. Ribbentrop , ministre des Affaires étrangère d’Hitler, est même invité aux Etats-Unis.
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« Sapiens : Une brève histoire de l’humanité » – Yuval Noah Harari

SApiensVous, moi …nous sommes tous des descendants de l’Homo Sapiens…Homo Sapiens qui cohabitait avec d’autres espèces d’hominidés, Homo neanderthalensis, Homo soloensis, Homo floresiensis, Homo erectus…..Nous avions tous il y a six millions d’années une grand-mère commune, chimpanzée  sans doute, vivant en Afrique… Et Sapiens conquit la planète et effaça de celle-ci toutes ces autres espèces d’hominidés il y a 15 000 ans environ….puis élimina, partout où il s’installait les espèces animales…. rayés de la terre les marsupiaux de plusieurs tonnes, les mammouths….les variations climatiques n’expliquent pas certaines disparitions d’animaux. Sapiens avait faim et procréait, allait à la conquête de nouveaux territoires, alors il tuait, tuait. 
Mais comment en est-on arrivé là?
En 500 pages souvent pleines d’humour qui se lisent comme un roman, Yuval Noah Harari, nous raconte cette histoire de la terre et de l’humanité, comment l’homme descendu il y a si longtemps du singe est devenu maître du monde, il a mis le pied sur la lune, et joue dorénavant au sorcier en cherchant à acquérir l’immortalité. 

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« Des clairons dans l’après-midi » – Ernest Haycox

Des clairons dans l'après-midiHasard d’une rencontre, d’un échange de coups de cœurs autour d’un café… »- Tu connais « Des clairons dans l’après-midi » ? …Un livre qui te rappellera ton enfance ! »  
Le western est un genre cinématographique et littéraire un peu oublié…les plus anciens se souviendront des Noëls où nous recevions des panoplies d’indiens ou de cow-boys, des heures de jeu dans la rue, des BD et des films ou séries que la télé diffusait…Aujourd’hui, on ne trouve plus que très exceptionnellement des panoplies d’indiens dans les magasins de jouets…tout ça est passé de mode. 
Nostalgie, quand tu nous tiens ! 

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« Tabou » – Ferdinand von Schirach

TabouJ’ai été intrigué par cette couverture, qui ressemble beaucoup à celle du film « l’Aveu »….J’avais dans « Coupables » apprécié l’auteur avocat Ferdinand von Schirach….Il n’en fallait pas plus pour me tenter.
Indéniablement il s’agit bien d’une similitude voulue. 
Pendant deux premières parties qui peuvent paraître un peu longuettes, l’auteur nous fait découvrir Sebastian von Eschburg son personnage central, jeune homme né dans une famille autrefois aisée, et traumatisé par le suicide de son père.
Il découvre par hasard la photo et en fait son métier. Il travaille pour le compte d’entreprises, d’architectes, et met en valeur leurs produits, leurs bâtiments par la qualité de ses photos d’art. Des photos qui n’ont rien à voir avec celles que nous faisons, elles sont mises en scène, travaillées, manipulées…Il devint célèbre avec les photos artistiques de sa maîtresse dénudée, Sofia….: « Eschburg devient célèbre parce que les personnes qu’il photographiait l’étaient… » 

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