« Les Confessions de Frannie Langton » – Sara Collins

Les Confessions de Frannie LangtonFrannie Langton va être jugée par un tribunal anglais pour le meurtre sauvage de ses employeurs, George et Marguerite Benham…Nous sommes en avril 1826.
Elle a été retrouvée dans le lit de Mme Benham, à ses côtés, les mains pleines de sang. Elle sait qu’elle va être condamnée à être pendue, même si elle ne se rappelle pas ce qui s’est passé. Aux yeux de tous, elle devient la « négresse meurtrière »…bien qu’elle soit mulâtre.
Oui, Frannie est une « négresse », on ne disait pas encore « une Noire », une vulgaire marchandise qui dira d’elle :  « Toute ma vie on m’a appris que les corps noirs n’ont aucune valeur, mais un prix supérieur à celui des rubis ».
Frannie raconte sa vie, son enfance en Jamaïque à Paradise, la plantation de canne à sucre de Langton, son maître qui lui donna son nom. Elle était domestique, un peu plus haut placée dans la hiérarchie des nègres qui y travaillent que les esclaves qui cultivent les cannes. Elle avait même appris à lire, ce que les autres nègres étaient incapables de faire. Elle adore lire, surtout Candide. Langton l’a faite venir avec lui en Angleterre et l’a offerte à Benham…sans état d’âme comme un vulgaire cadeau !

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« Dernier jour à Budapest » – Sándor Márai

Dernier jour à BudapestSindbad quitte son domicile un matin avec soixante pengos en poche….il doit acheter une robe à sa fille. Mais la journée sera longue, et au fil des rencontres, ou des ballades en calèche, les pengos s’envolent.
Sindbad, c’est le nom du héros du roman « Sindbad ou la Nostalgie » de Gyula Krúdy, un nom que Sándor Márai donnera à son personnage principal qui n’est autre que Gyula Krúdy lui-même. 
Un personnage, un auteur qu’il aime et veut honorer, et surtout qui fait partie de la culture hongroise.
Découvrir un peu plus deux auteurs, découvrir une époque, un pays voisin, mais si loin de nous, belle tentation de lecture…! une tentation déçue en partie. 
Certes le lecteur découvrira un peu plus cette société hongroise, Budapest et certains de ses lieux emblématiques, ses cafés, ses restaurants, sa culture, mais aussi la cuisine hongroise, les lectures de Krúdy, les auteurs et le peuple hongrois, les femmes qu’il aimait tant séduire, la littérature hongroise, l’hiver et l’été hongrois…mais les phrases longues, passant du coq à l’âne, sont parfois déroutantes.

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« Le Tabac Tresniek » – Robert Seethaler

Le Tabac TresniekAutriche 1937 …Le Preininger a été foudroyé par un orage lors de sa baignade…c’était l’un des hommes les plus riches de la contrée. Amateur de femmes, il aimait aussi la mère de Franz Huchel. Celle-ci, privée d’une partie de ses ressources qu’il lui adressait tous les mois, se voit contrainte d’éloigner son fils, de lui trouver un emploi. Ce sera chez Otto Tresniek, qui tient un bureau de tabac à Vienne. L’homme « doit une faveur » à sa mère…On n’en saura pas plus. 
Après un long voyage en train, Franz découvre Otto, un invalide, amputé d’une jambe au cours de la première guerre mondiale. C’est grâce à cette jambe manquante qu’il a pu obtenir ce commerce. Franz fait connaissance avec un homme cultivé et découvre le monde des journaux. « Le poste de travail de Franz allait être un petit tabouret, près de la porte d’entrée. C’est là qu’il était censé rester tranquillement assis sans piper mot, à attendre les instructions – tant qu’aucune tâche plus urgente ne le requérait -, tout en s’employant à aiguiser sa cervelle et à élargir son horizon, autrement dit, à lire les journaux » et humer le tabac et les cigares…et l’air du temps.

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« Une affaire personnelle » – Kenzaburo Oe

Une affaire personnelle

Bird, vient d’acheter des cartes de l’Afrique, il souhaite s’y rendre…oui mais sa femme est en train d’accoucher.
C’était l’époque où les accouchements étaient affaires de femmes et de médecins, les hommes vaquant à leurs occupations et n’étant pas présents.
Bird ne peut prendre des nouvelles qu’en téléphonant à sa belle famille. Bird, répétiteur dans un lycée, est dragué par un homosexuel. Rien à faire !…il continue son chemin et pense aller voir le bébé et son épouse….Un coup de fil le prévient : le bébé est lourdement handicapé.

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« L’oiseau bariolé » – Jerzy Kosinski

L'oiseau barioléFaites donc cette expérience : capturez un oiseau, puis peignez-lui les plumes de couleurs vives, bien éloignées de ses couleurs d’origine et relâchez-le dans la nature. Naturellement il volera vers ses congénères, qui ne le reconnaissant pas comme un des leurs, s’empresseront de le tuer au plus vite. C’est un peu ce qui arriva à ce livre, qui fut très criqué, semble-t-il à la fois par les survivants de la Shoah et par les autorités politiques d’Europe de l’Est qui lancèrent des campagnes contre le livre et l’auteur. Ce livre fut même interdit. 
Et j’avoue que ce livre m’a dérangé, m’a intrigué, mais qu’à aucun moment je n’ai eu envie de l’abandonner. Il est si particulier, si unique. 
Un gamin, juif polonais est confié par ses parents à une famille d’accueil. Il est lui aussi cet oiseau bariolé, il n’a pas du tout le physique des autres enfants, et de ce fait est souvent rejeté. Juif, il a la peau mate et ses cheveux sont très noirs …il est différent de cette population blonde aux yeux clairs…

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« D-DAY : Les soldats du débarquement » – Giles Milton

D-Day-LessoldatsdudebarquementMachiavel disait   » Une guerre est juste quand elle est nécessaire. »…alors, il fallait bien sortir de cette guerre qui avait déjà fait tant de morts, écraser ce régime nazi, dont le monde ne connaissait pas encore tous les crimes et enfin arriva ce 6 juin 1944, journée au cours de laquelle tout pouvait basculer, journée qui permettait d’ouvrir un front nécessaire à l’Ouest, afin d’enserrer l’Allemagne de deux côtés.
Rares doivent être ceux qui vivent encore, parmi ces 156 000 soldats qui ont vécu cette journée, après avoir débarqué dans l’eau froide à l’issue d’une traversée au cours de laquelle ils avaient vomi tripes et boyaux sur cette mer démontée. Près de 7 000 bateaux, depuis des croiseurs jusqu’aux péniches de débarquement, avaient du se regrouper et affronter côte à côte cette traversée à l’insu des observateurs allemands qui ne les attendaient pas. Pour eux, le temps n’était pas un temps à faire débarquer des troupes. Longtemps ils crurent que c’était une opération de diversion.

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« Vivre et mentir à Téhéran » – Ramita Navai

Vivre et mentir à TéhéranVali Asr, c’est l’avenue de 18 km de long qui traverse Téhéran du nord au sud…une avenue emblématique de l’Iran, un peu comme nos Champs Elysées, une avenue qui sert de fil conducteur à ces huit portraits d’iraniens ou d’iraniennes. Huit portraits courageux pour tracer un autre portrait, celui de l’Iran moderne, de son rigorisme, de sa violence, de son luxe et de sa crasse.
Huit hommes et femmes, dont certains en totale opposition avec les images de l’Iran des religieux que les médias, nos médias occidentaux nous présentent. Aucun de ces personnages ne peut nous laisser indifférent, tous traduisent la violence, l’hypocrisie et le mensonge dans lesquels les iraniens sont contraints de vivre. Tous nous révoltent car tous sont des uppercuts. 

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