Leila Slimani

« Je n’ai qu’une chose à dire aux barbares, aux terroristes, aux intégristes de tout poil : je vous hais. Nous nous devons d’être entiers, d’avoir du panache. D’être vraiment français. Nous devons le dire à nos prétendus alliés saoudiens, qataris, et à tous les pays musulmans où chaque jour gagnent du terrain les conservateurs, les arriérés, les misogynes. Le dire à ceux qui achètent nos armes, dorment dans le confort de nos palaces et sont reçus sur le perron de nos institutions. Comment expliquer à nos enfants que nous combattons les barbares alors que nous nous allions à des gens qui crucifient des opposants et lapident des femmes ? Comment leur expliquer que nous sommes tués pour nos valeurs de liberté, de féminisme, de tolérance, d’amour de la vie humaine quand nous-mêmes nous nous révélons incapables de défendre ces valeurs ? » (Le diable est dans les détails – Leila Slimani)

Leila Slimani

« Parce qu’elle est un immense espace de liberté, où l’on peut tout dire, où l’on peut côtoyer le mal, raconter l’horreur, s’affranchir des règles de la morale et de la bienséance, la littérature est plus que jamais nécessaire. Elle ramène de la complexité et de l’ambiguïté dans un monde qui les rejette. Elle peut ausculter, sans fard et sans complaisance, ce que nos sociétés produisent de plus laid, de plus dangereux et de plus infâme. Elle demande du temps dans un monde où tout est rapide, où l’image et l’émotion l’emportent sur l’analyse. Mais pour jouer pleinement son rôle, elle doit être à la hauteur d’elle-même et de ces idéaux. « La littérature est l’essentiel ou n’est rien. Cette conception ne commande pas l’absence de morale, elle exige une “hypermorale” », écrivait Georges Bataille. » (Le diable est dans les détails – Leila Slimani)

« Un écrivain a-t-il à se montrer « responsable » face à la situation géopolitique d’un pays, face aux événements ? Doit-il s’autocensurer s’il sait que son propos risque d’embraser une société déjà à vif ? Je ne le crois pas. » (Le diable est dans les détails – Leila Slimani)

« Si les romans ne changent pas le monde, ils modifient substantiellement la vision que l’on en a. Ils la questionnent, l’affinent, ils interrogent ce que l’homme sait du fait d’être. » (Le diable est dans les détails – Leila Slimani)

« Tous les dictateurs arabes le savent bien : en éduquant les hommes, on prend le risque qu’ils vous renversent. Et qu’ils défilent un jour, un stylo à la main. » (Le diable est dans les détails – Leila Slimani)

Texte écrit par Fred Vargas et lu par Charlotte Gainsbourg à l’inauguration de la COP24, en décembre 2018

« Nous y voilà, nous y sommes.

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal.

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Frederick Douglass

« Dans l’état de Virginie, il y a 72 crimes qui sont punissables de la peine de mort quand ils sont commis par un Noir, même s’il ignore complètement cette législation. Seulement deux de ces crimes valent le même châtiment à un homme blanc. Pourquoi cela, si ce n’est parce qu’on sait fort bien que l’esclave est un être moral intelligent et responsable. » (Mémoires d’un esclave – P. 156)


« Que signifie donc pour un esclave votre 4 juillet? Voici ma réponse. C’est un jour qui, plus que n’importe quel autre jour de l’année, lui révèle la cruauté et l’écœurante injustice dont il est sans cesse la victime. Pour lui, votre fête est une imposture ; la liberté que vous vantez, un sacrilège ; la grandeur de votre nation, une misérable fanfaronnade ; vos cris de joie lui semblent vides et sans cœur ; vos dénonciations des tyrans, d’un inconcevable culot ; vos appels à la liberté et à l’égalité sont pour lui une vaine caricature ; à ses yeux, vos prières, vos hymnes, vos sermons, vos actions de grâce et tout votre solennel étalage de religion ne sont que de la boursouflure, du cynisme, de la fraude, du mensonge et de l’hypocrisie -un mince voile jeté sur des crimes dont rougirait une nation de sauvages. » (Mémoires d’un esclave – P. 159)  

La liberté de la presse (Vassili Grossman)

« ….vous savez ce que c’est, la liberté de la presse ? Un beau matin d’après-guerre, vous ouvrez votre journal et, au lieu d’y trouver un éditorial triomphant, une lettre des travailleurs au grand Staline, un article sur les vaillants ouvriers métallurgistes qui ont dédié leur travail aux élections du Soviet suprême, un autre article sur les travailleurs américains qui, à la veille du nouvel an, sont plongés dans le désespoir par le chômage grandissant et la misère, vous trouvez… Devinez quoi ! Des informations ! Vous arrivez à imaginer cela ? Un journal qui vous donne des informations !

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Robert Louis Stevenson

« Tout livre est, dans sa signification secrète, une lettre ouverte aux amis de l’auteur. Eux seuls en pénètrent l’esprit ; ils découvrent des messages particuliers, des assurances d’affection et des témoignages de gratitude insérés à leur intention à toutes les pages. Le public n’est qu’un patron généreux qui acquitte les frais de poste. (« Voyage avec un âne dans les Cévennes » – P.37)