Frederick Douglass

« Dans l’état de Virginie, il y a 72 crimes qui sont punissables de la peine de mort quand ils sont commis par un Noir, même s’il ignore complètement cette législation. Seulement deux de ces crimes valent le même châtiment à un homme blanc. Pourquoi cela, si ce n’est parce qu’on sait fort bien que l’esclave est un être moral intelligent et responsable. » (Mémoires d’un esclave – P. 156)


« Que signifie donc pour un esclave votre 4 juillet? Voici ma réponse. C’est un jour qui, plus que n’importe quel autre jour de l’année, lui révèle la cruauté et l’écœurante injustice dont il est sans cesse la victime. Pour lui, votre fête est une imposture ; la liberté que vous vantez, un sacrilège ; la grandeur de votre nation, une misérable fanfaronnade ; vos cris de joie lui semblent vides et sans cœur ; vos dénonciations des tyrans, d’un inconcevable culot ; vos appels à la liberté et à l’égalité sont pour lui une vaine caricature ; à ses yeux, vos prières, vos hymnes, vos sermons, vos actions de grâce et tout votre solennel étalage de religion ne sont que de la boursouflure, du cynisme, de la fraude, du mensonge et de l’hypocrisie -un mince voile jeté sur des crimes dont rougirait une nation de sauvages. » (Mémoires d’un esclave – P. 159)  

La liberté de la presse (Vassili Grossman)

« ….vous savez ce que c’est, la liberté de la presse ? Un beau matin d’après-guerre, vous ouvrez votre journal et, au lieu d’y trouver un éditorial triomphant, une lettre des travailleurs au grand Staline, un article sur les vaillants ouvriers métallurgistes qui ont dédié leur travail aux élections du Soviet suprême, un autre article sur les travailleurs américains qui, à la veille du nouvel an, sont plongés dans le désespoir par le chômage grandissant et la misère, vous trouvez… Devinez quoi ! Des informations ! Vous arrivez à imaginer cela ? Un journal qui vous donne des informations !

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Robert Louis Stevenson

« Tout livre est, dans sa signification secrète, une lettre ouverte aux amis de l’auteur. Eux seuls en pénètrent l’esprit ; ils découvrent des messages particuliers, des assurances d’affection et des témoignages de gratitude insérés à leur intention à toutes les pages. Le public n’est qu’un patron généreux qui acquitte les frais de poste. (« Voyage avec un âne dans les Cévennes » – P.37)

Dezsö Kosztolányi

  • « L’écrivain est le plus infidèle des amants. Ce qu’un jour il touche, il l’abandonne à tout jamais, après l’avoir abîmé, brûlé, rendu inutilisable pour la vie. Aussi l’oublie-t-il pour toujours. Rien ne l’ennuie davantage que ce qu’il a déjà vécu. Crée-t-il quelque chose qu’il le tue par là même aussitôt. De ce fait il ressemble au menuisier qui abat un arbre vivant, le débite, en fait des planches dont il fabrique des meubles. » (Texte : Quelqu’un – Cinéma muet avec battements de cœur – P. 81)
  • « Ce n’est pas le respect des mots que j’enseignerais en premier à mes élèves. Les mots, de toute façon, on n’en manquera jamais. Je leur enseignerais à mépriser les mots faux et vides, ainsi seulement ils pourraient, plus tard, apprécier les mots pleins et vrais. » (Texte : Deux ou trois choses à propos de l’écriture – Cinéma muet avec battements de cœur – P. 84)

 

Sara Collins

  • « Les livres étaient mes compagnons […] Et je suis heureuse d’avoir pu apprendre, quelle que soit la raison pour laquelle c’est arrivé. Cela m’a permis de voir qu’une vie n’est pas figée, qu’elle peut être pleine d’aventures. Parfois, je m’imaginais que j’étais une dame comme dans les romans et les histoires d’amour. » (Les Confessions de Frannie Langton – P. 144-5)
  • « …à mon avis, la lecture sert plutôt à se dégager du monde. A s’en échapper. Tout peut prendre forme dans un livre, même si le monde est uniforme. » (Les Confessions de Frannie Langton – P. 145)
  • « J’ai aimé deux choses : les livres que j’ai lus, et les personnes qui les ont écrits. Car, malgré le cas qu’on en fait, la vie n’a pas de sens, mais les romans nous permettent de croire que, en fait, elle est quelque chose. » (Les Confessions de Frannie Langton – P. 392)