Dezsö Kosztolányi

  • « L’écrivain est le plus infidèle des amants. Ce qu’un jour il touche, il l’abandonne à tout jamais, après l’avoir abîmé, brûlé, rendu inutilisable pour la vie. Aussi l’oublie-t-il pour toujours. Rien ne l’ennuie davantage que ce qu’il a déjà vécu. Crée-t-il quelque chose qu’il le tue par là même aussitôt. De ce fait il ressemble au menuisier qui abat un arbre vivant, le débite, en fait des planches dont il fabrique des meubles. » (Texte : Quelqu’un – Cinéma muet avec battements de cœur – P. 81)
  • « Ce n’est pas le respect des mots que j’enseignerais en premier à mes élèves. Les mots, de toute façon, on n’en manquera jamais. Je leur enseignerais à mépriser les mots faux et vides, ainsi seulement ils pourraient, plus tard, apprécier les mots pleins et vrais. » (Texte : Deux ou trois choses à propos de l’écriture – Cinéma muet avec battements de cœur – P. 84)

 

Sara Collins

  • « Les livres étaient mes compagnons […] Et je suis heureuse d’avoir pu apprendre, quelle que soit la raison pour laquelle c’est arrivé. Cela m’a permis de voir qu’une vie n’est pas figée, qu’elle peut être pleine d’aventures. Parfois, je m’imaginais que j’étais une dame comme dans les romans et les histoires d’amour. » (Les Confessions de Frannie Langton – P. 144-5)
  • « …à mon avis, la lecture sert plutôt à se dégager du monde. A s’en échapper. Tout peut prendre forme dans un livre, même si le monde est uniforme. » (Les Confessions de Frannie Langton – P. 145)
  • « J’ai aimé deux choses : les livres que j’ai lus, et les personnes qui les ont écrits. Car, malgré le cas qu’on en fait, la vie n’a pas de sens, mais les romans nous permettent de croire que, en fait, elle est quelque chose. » (Les Confessions de Frannie Langton – P. 392)

Emad Jarar

« Je me pris alors à lui raconter comment m’était venue cette passion pour la littérature, de préférence française, mais aussi pour les auteurs russes, et lui dis que la lecture était quelque chose de naturel ; à l’instar d’un sport ou d’un instrument de musique, et une fois acquise l’habitude, cela devenait un plaisir dont on avait du mal à se passer. La lecture était un penchant dont il fallait prendre soin de temps en temps, essentielle pour nourrir sa raison, comme pour tout autre plaisir, puisque l’intellect requérait autant d’exigence qu’une activité physique. » (Une nuit à Aden – T1 – P. 126)

Carlos Ruiz-Zafón

« ….rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s’ouvre vraiment un chemin jusqu’à son cœur. Ces premières images, l’écho de ces premiers mots que nous croyons avoir laissés derrière nous, nous accompagnent toute notre vie et sculptent dans notre mémoire un palais auquel, tôt ou tard – et peu importe le nombre de livres que nous lisons, combien d’univers nous découvrons – nous reviendrons un jour. » (« L’ombre du vent«  – P. 14)

« Le jour où vous comprendrez que le commerce des livres c’est malheur et compagnie, et où vous déciderez d’apprendre comment on cambriole une banque ou, ce qui revient au même, comment on en fonde une, venez me voir et je vous expliquerai deux ou trois choses sur les serrures. » (« L’ombre du vent » – P. 73)

« Les livres sont des miroirs, et l’on n’y voit que ce qu’on porte en soi-même… » (« L’ombre du vent » – P. 222)

Gérard Mordillat

« …j’ai pensé que seul un très petit nombre de livres méritait que l’on s’y plonge jusqu’à s’y perdre ou s’y trouver. A la réflexion, je crois que cela vaut pour tous les livres. Parce que le livre en soi n’est rien, il n’est que le support du mot. Et, que ce soit un roman de gare, un traité de géographie ou Le Capital, la vérité de ce que nous sommes peut sortir de n’importe quel mot lu dans n’importe quel livre. » (La brigade du rire – P. 349)

Philippe Lançon

  • «  La critique me permet-elle de lutter contre l’oubli ? Bien sûr que non. J’ai vu bien des spectacles et lu bien des livres dont je ne me souviens pas, même après leur avoir consacré un article, sans doute parce qu’ils n’éveillaient aucune image, aucune émotion véritable. Pire : il m’arrive souvent d’oublier que j’ai écrit dessus. Quand par hasard l’un de ces articles fantômes remonte à la surface, je suis toujours un peu effrayé, comme s’il avait été écrit par un autre qui porterait mon nom, un usurpateur. Je me demande alors si je n’ai pas écrit pour oublier le plus vite possible ce que j’avais vu ou lu, comme ces gens qui tiennent leur journal pour débarrasser quotidiennement leur mémoire de ce qu’ils ont vécu. Je me le demandais, du moins, jusqu’au 7 janvier 2015. » (Le LambeauP. 12)
  • « C’était la littérature, non la fiction, qui m’aidait. Je n’avais plus guère la force d’en lire, mais je restais occupé par son lent souvenir, moi qui ne parvenais plus à sentir les souvenirs de la vie. Ses pays éloignés m’obligeaient à ne rien subir, ni image ni son ni corps. Ils m’aidaient à refaire, parallèlement à mon visage et à mon corps, les personnages qui l’habitaient, et qui avaient à peine besoin de leur berceau textuel pour vivre ici, dans ma chambre, comme des anges gardiens. » (Le Lambeau – P. 386)