"Le diable est dans les détails" – Leila Slimani

Diable…Quel courage !

Leila Slimani, que j’ai approchée avec « Chanson douce«  et « Dans le Jardin de l’Ogre » était pour moi une auteure capable de mettre en mots troublants, des personnalités féminines ambiguës souffrant de maux presque psychiatriques, des maux qui les mettaient en danger ou qui mettaient en danger ceux qui les approchaient. 

Il fallait une certaine forme de courage pour décrire ces femmes, et leurs tourments.

Un autre titre, celui de sa BD « Paroles d’honneur » m’avait confirmé qu’elle savait également prendre la défense d’autres femmes, de femmes marocaines qui osent parler d’une question tabou, et témoigner de leurs conditions, des conventions de cette société marocaine machiste, des pères et mères de familles qui leur imposent de conserver jusqu’au mariage, en toute hypocrisie parfois leur  sacro-sainte virginité. Elle y dénonçait, également ces conventions sociales qui imposent de plus en plus aux femmes de tout âge, ce voile sujet de débat sous nos cieux…

Puis, par hasard, j’ai découvert en format numérique ces quelques petits rédigés entre entre octobre 2014 et l’été 2016, réunis pour « Le 1″…hebdomadaire » que je lis souvent, selon le thème traité….Des petits textes vite lus, confirmant tous, à des degrés divers, le courage de cette auteure qui s’attaque frontalement à l’islamisme, sujet hautement dangereux, on en convient.des textes rédigés parfois au lendemain d’attentats qui endeuillèrent notre liberté. 

Elle y évoque notamment les interdits promulgués au nom de la religion, la liberté d’expression des écrivains en France, la force de la littérature et le rôle des écrivains dans le monde arabe, la culture née de la lecture…

Elle confirme, si besoin était, qu’elle appartient à cette « armée de plumes », à  cette armée d’écrivains qui peuvent faire évoluer des mentalités et qui peuvent également être réduits au silence, parce qu’ils dérangent…

Mais aussi et surtout elle montre du doigt à plusieurs reprises le monde musulman, ses incohérences, sa violence : « À présent, il y a autant de musulmans que de marques de voitures. Et chacun pense qu’il vaut mieux que les autres. De mon temps, ça n’existait pas. »..

Au lendemains d’attentats elle titre un article « Intégristes, je vous hais », dans lequel elle écrit contre l’hypocrisie et le manque de courage politique « Nous devons le dire à nos prétendus alliés saoudiens, qataris, et à tous les pays musulmans où chaque jour gagnent du terrain les conservateurs, les arriérés, les misogynes. Le dire à ceux qui achètent nos armes, dorment dans le confort de nos palaces et sont reçus sur le perron de nos institutions. »

Six petits textes percutants, vite lus, à lire et à relire…

Éditions de l’Aube – 2017


Présentation de Leila Slimani


Quelques lignes

  • « J’avais huit ans, des parents humanistes et amateurs de débats. Je me suis levée et j’ai dit : « Mais c’est impossible ! Une araignée ne peut pas faire une telle chose, en si peu de temps. » La maîtresse s’est avancée vers moi et elle m’a giflée. « Tu devrais avoir honte d’insulter ainsi Dieu et ton prophète. » »
  • « Cette ville, je ne l’échangerais contre aucun des paradis que les fous de Dieu promettent. Vos fontaines de lait et de miel ne valent pas la Seine. Paris pour qui je serai un soldat. Paris, qui est tout ce que vous haïssez. »
  • « Je suis une immigrée, une Parisienne, une femme libre, persuadée qu’on peut s’affirmer soi-même sans nier les autres. Que la nationalité n’est ni une gloire, ni un mérite. »

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