"Dans le Jardin de l'Ogre" – Leïla Slimani

« Les hommes vont croire qu’elle est coquine, leste, facile…

….. Les femmes la traiteront de prédatrice, les plus indulgentes diront d’elle qu’elle est fragile. Ils auront tous tort. »…..

Adèle souffre…d’un « désir insatiable« , d’une « pulsion impossible à contenir« …Une souffrance que Leila Slimani a osé aborder quelques années avant « Chanson douce » qui la propulsa en pleine lumière. Pas facile d’aborder le thème de la sexualité féminine, surtout quand elle est addictive, maladive…sans tomber dans une écriture que certains pourraient croire pornographique….Une souffrance que Leila Slimani a osé aborder quelques années avant « Chanson douce » qui la propulsa en pleine lumière. Pas facile d’aborder le thème de la sexualité féminine, surtout quand elle est addictive, maladive…sans tomber dans une écriture que certains pourraient croire pornographique…

C’est sans doute pour cela que ce roman est resté assez discret…Et pourtant ….si fort. 

Adèle est une femme mal dans sa peau, qui n’arrive pas à supporter son fils qui est « un poids, une contrainte dont elle a du mal à s’accommoder. »…Elle n’arrive pas non plus à communiquer vraiment avec son mari médecin Gastro-entérologue accaparé par son travail.

Journaliste elle collectionne les aventures, sur son lieu de travail ou les hommes rencontrés par hasard, ou recherchés… désir insatiable, la pulsion impossible à contenir, la détresse de ne pouvoir y mettre fin

Rien d’autre ne semble l’intéresser. Elle tente d’échapper à ce démon, mais rien n’y fait. Elle peut tenir quelques jours, mais très vite ce démon prend le dessus. Non, ce n’est par vice comme on pourrait le penser dans les premières pages, qu’Adèle collectionne ces rencontres, ces amours rapides au bureau, mais par manque de contrôle, par dépendance…un peu comme une droguée, qui éprouve le besoin d’expériences encore plus violentes, de flashes toujours plus fort, toujours plus violents.

On pourrait la croire prédatrice, elle ne l’est pas. Le mal-être est plus profond, plus personnel, plus intime. Un mal qui peut aller jusqu’au besoin qu’éprouve Adèle de souffrir dans son corps, de souffrir de coups reçus à l’occasion de certaines rencontres. 

Jusqu’au jour où…

Troisième lecture de Leila Slimani, lecture toujours « dérangeante » comme le furent « Chanson douce » et « Paroles d’honneur« … Dérangeante et d’autant plus passionnante car Leila Slimani ose aborder des thèmes qui dans ces titres touchent à l’intime, à la déraison, à la folie, à la culture…

Il est tellement viril et normal lorsqu’on est un homme de collectionner les aventures….et tellement facile de passer pour une P…quand est une femme…Mais ce n’est pas toujours le cas…

Éditions Gallimard – Folio – 2014 – 228 pages


Présentation de Leila Slimani


Quelques lignes

  • « L’enfant contrariait sa paresse et pour la première fois de sa vie, elle se voyait contrainte de s’occuper de quelqu’un d’autre que d’elle-même. Elle aimait cet enfant. Elle vouait au nourrisson un amour physique intense et malgré tout insuffisant. Les journées à la maison lui semblaient interminables. Parfois, elle le laissait pleurer dans sa chambre et se couvrait la tête d’un oreiller en cherchant le sommeil. Elle sanglotait devant la chaise haute maculée d’aliments, face à un enfant triste qui ne voulait pas manger. » (P. 41)
  • « Ce désir sale de savoir ce qu’il se passait derrière les portes des hôtels de passe, au fond des cours d’immeuble, sur les fauteuils du cinéma Atlas, dans l’arrière-salle des sex-shops dont les néons roses et bleus trouaient le crépuscule. Elle n’a jamais retrouvé, ni dans les bras des hommes, ni dans les promenades qu’elle a faites des années plus tard sur ce même boulevard, ce sentiment magique de toucher du doigt le vil et l’obscène, la perversion bourgeoise et la misère humaine. » (P. 73)

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