« Paroles d’honneur » – Leila Slimani & Laetitia Coryn

Elle s’était rendue au Maroc afin de présenter son livre « Dans le jardin de l’ogre »….

….(que je dois lire), un livre abordant des questions de sexualité. 

Là des femmes l’interpellent. Des femmes qui osent lui parler de cette question tabou, témoigner de leur condition de femmes, des conventions de cette société marocaine machiste. Parler du regard des hommes, de l’hypocrisie généralisée. Évoquer cette société qui exige la virginité de la jeune mariée, et qui punit donc, par son Code Pénal à la fois la prostitution, l’homosexualité, les relations hors mariage…Et bien sûr les IVG, quelles que soient les personnes qui les ont pratiquées, médecins, faiseuses d’anges ou IVG pratiquée sur elle-même par la femme enceinte..

La femme doit se présenter « pure » à son futur mari, futur mari, qui aura cherché par ailleurs toutes les occasions, toutes les possibilités pour assouvir ses désirs, ses pulsions sexuelles…« Sont punies d’un mois à un an d’emprisonnement toutes personnes de sexes différents qui n’étant pas unies par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles…« 

Sujet tabou dans cette société machiste, sujet d’hypocrisie acceptée et clamée haut et fort par les hommes… « J’ai le droit de vouloir à la fois baiser et me marier avec une vierge » .… Ah! cettesacro-sainte virginité protégée et imposée par les pères et les mères, voulue par les hommes, par ces conventions sociales qui imposent également aux femmes de tout âge, de plus en plus, ce voile sujet de débat sous nos cieux ! Autre débat…

Le livre aborde ainsi les viols, les violences faites aux femmes ayant fauté, violences pouvant aller jusqu’au lynchage, jusqu’à la mort de la femme impure. Il décortique toute l’hypocrisie de la société, des hommes marocains, des pères et également des mères, du Code Pénal marocain, et toutes les questions qu’affrontent ces jeunes femmes, étudiantes ou non, qui auront des relations sexuelles hors mariage avec un homme qu’elles aiment. Homme qui pourra les larguer.  Heureusement qu’il y a la sodomie !

Dans ces concours d’hypocrisie, il ne faut pas oublier, celle de certains médecins masculins. Indigne ! Mensonges à tous les étages de la société !

Leila Slimani a ainsi rencontré des femmes de toutes conditions, des jeunes et moins jeunes, des prostituées, des étudiantes. Leila Slimani a sélectionné les entretiens les plus forts, traitant sans tabou et sans censure, toutes les questions, renvoyant la société marocaine à son hypocrisie. Laetitia Coryn a mis toutes ces rencontres en images…Une dessinatrice dont les autres titres m’attirent.

Livre lu en un peu plus d’une heure..J’ai éprouvé le besoin de le lire plusieurs fois…les dessins sont expressifs, et complètent utilement chacun des propos tenus…

Un bon moment de plaisir.. et de questionnement. Puisse-t-il être lu également au Maroc 

Éditeur Les Arènes – 2017 -107 pages


Présentation de Leila Slimani

Présentation de Laetitia Coryn


Quelques bulles

  • « Au Maroc la femme n’a pas le droit d’avoir de désir. Elle ne choisit pas. » (P. 15)
  • « Ce qui me fait chier, c’est qu’il y a des chapitres entiers sur la moralité dans le code pénal et que tous concernent les femmes. » (P. 16)
  • « Une autre fois, je me suis disputée avec un collègue qui voulait dénoncer une femme célibataire à qui nous avions diagnostiqué une grossesse extra-utérine. Elle nous a suppliés de garder le secret, mais mon collègue fulminait. Pour lui, il était plus important de la dénoncer à sa famille que de la soigner. » (P. 27)
  • « Quand je vois toutes des femmes au Maroc qui oscillent entre la volonté de se libérer et l’acceptation des carcans qui leur sont imposés…pourquoi sont-elles si nombreuses à envisager de se faire refaire l’hymen ou de porter le voile, alors même qu’elles s’étaient libérées de certains conditionnements. » (P.56)
  • « Pour les hommes, il n’y a pas d’intermédiaire entre la femme vertueuse et la prostituée. Ils ont une vision très manichéenne des femmes. » (P. 80)
  • « Notre société est minée par une culture institutionnalisée du mensonge, de l’hypocrisie. » (P. 101)

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