« Les Testaments » – Margaret Atwood

Que penser de ce roman? J’avoue que je suis partagé….

……entre le plaisir donné par l’écriture de Margaret Atwood, et entre une certaine déception dans les jours qui ont suivi. 

Fallait-il écrire une suite à « La Servante écarlate » ? 

Certes Margaret Atwood a été sollicitée par des lecteurs et des lectrices pour écrire une suite à ce roman écrit en 1985, édité en France en 1987 et réédité en 2017…un roman qui trouvait alors une résonance particulière du fait des actualités que le monde horrifié découvrait… Mais les lecteurs doivent-ils commander les auteurs ? n’est-ce pas trop commercial? La dystopie devenait une réalité…et un succès littéraire, 30 ans après son écriture.

Ce roman m’avait enchanté, parce que j’avais pris en considération la créativité de l’auteure, une créativité et une inventivité rattrapée en partie par l’actualité des années 2000. La fin du roman me convenait, j’étais libre d’envisager la vie de Defred une fois les portes du fourgon refermées. Je ne voyais pas la nécessité d’en écrire une suite.

Certes l’écriture de Margaret Atwood dans « Les Testaments » est plaisante, malgré quelques longueurs et des impressions parfois de redites, mais je n’ai pas été bousculé par le déroulement de l’histoire, par les situations, par les personnages,…autant je l’ai été avec « La Servante écarlate ».

J’ai même eu l’impression de souvent retrouver, sous une autre forme, des propos déjà lus …On y retrouve des thèmes déjà évoqués tels que le danger de la lecture d’ou son interdiction, la censure, mais aussi le rappel que toute idéologie peut échapper aux contrôles de ceux qui la prônent, les vols de bébés, la peine de mort…des points retrouvés parfois également dans l’actualité ou le passé de certains pays de notre monde…

D’autres points sont cependant développés et méritent d’être soulignés. Sans aucun doute ils constituent les thèmes forts de ce roman, ceux qui apportent des émotions nouvelles aux lecteurs…

Oui, des femmes peuvent se mettre au service d’hommes, de dictateurs, pour asservir d’autres femmes…Oui, des femmes peuvent aussi apporter la liberté à leur pays…Oui, des livres religieux ont écrit une partie de ce que décrit l’auteure, que ce soit la Bible ou d’autres…Bible mentionnée dans « Les Testaments » à plusieurs reprises. Oui, des régimes politiques, des théocraties ont été crées en prenant pour référence des livres religieux… Pensons à la « Plus grande démocratie du monde » dans laquelle les nouveaux Présidents jurent sur la Bible..mais aussi à ces théocraties violentes exécutant chaque jour des « mécréants ». Oui, souvent des régimes ont considéré que « Le savoir est pouvoir »!

Oui, il est important de douter!

Finalement ces deux livres se complètent, ce qui fut sans doute difficile à écrire, n’en doutons pas…L’actualité des 30 dernières années de notre monde a peut-être aidé Margaret Atwood

Éditeur : Robert Laffont – Collection Pavillon – 2019 – 538 pages


Présentation de Margaret Atwood


Quelques lignes

  • « …être meilleures amies te poussait aux chuchotis, aux intrigues et aux secrets, qu’intrigues et secrets te poussaient à désobéir à Dieu, que la désobéissance te poussait à la rébellion, que les petites filles qui se rebellaient devenaient des femmes rebelles et qu’une femme rebelle était encore pire qu’un homme rebelle parce que les hommes rebelles devenaient des traîtres tandis que les femmes rebelles devenaient des femmes adultères. » (P. 36) 
  • « Il est fondamental de noter les liens familiaux entre les uns et les autres, tant au plan officiel qu’au plan réel : en raison du système des Servantes, l’enfant d’un couple donné peut ne pas être biologiquement lié à sa mère – une mère appartenant à l’élite –, ni même à son père officiel, car une Servante désespérée risque fort de chercher à se faire imprégner par n’importe quel moyen. » (P. 50)
  • « La lecture ne s’adressait pas aux filles : seuls les hommes étaient assez solides pour affronter la force de la chose ; et les Tantes, bien sûr, parce qu’elles n’étaient pas comme nous. » (P. 206)
  • « Je me suis approchée et j’ai fixé le livre en question. Que renfermait-il pour être aussi dangereux pour des filles comme moi ? Il prenait feu ? Il déclenchait des catastrophes ? » (P. 315)
  • « …une jeune fille ayant la chance d’avoir un corps de femme avait l’obligation d’offrir ce corps en sacrifice à Dieu, pour la gloire de Galaad et du genre humain, et pour qu’il remplisse la fonction dont il avait hérité dès l’instant de la Création, que c’était la loi de la Nature. » (P. 322)
  • « Une fois qu’une histoire qu’on croyait vraie se révèle fausse, on doute de toutes les autres. » (P. 398)
  • « Au début, Galaad avait des objectifs purs et nobles, nous sommes toutes d’accord là-dessus, a ajouté Tante Lydia. Malheureusement, comme bien souvent dans le cours de l’histoire, des égoïstes et des fous de pouvoir les ont pervertis et souillés. » (P. 437)

Une réflexion sur “« Les Testaments » – Margaret Atwood

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