« Le lambeau » – Philippe Lançon

Le lambeau« ….ce matin-là comme les autres, l’humour, l’apostrophe et une forme théâtrale d’indignation étaient les juges et les éclaireurs, les bons et les mauvais génies, dans une tradition bien française qui valait ce qu’elle valait, mais dont la suite allait montrer que l’essentiel du monde lui était étranger.. » (P. 51)
Ce matin du 7 janvier 2015, la conférence de rédaction de Charlie était bien avancée, tout le monde rigolait..des bruits de pétards pas assourdissants, et Philippe Lançon reprend conscience, couché par terre. Silence….Il voit des bouts de salle, « le crâne éclaté de Bernard Maris » à ses côtés, une secrétaire arrive affolée.
Dans la bouche de Philippe des dents se promènent.. Il ne peut parler et est incapable de bouger, et n’a pas encore de douleurs. Ses seules préoccupations : Que sont devenus les autres, ou est son téléphone, son vélo ?

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« 10 jours en terre ceinte » – Bernard Bloch

10 jours en terre ceinteJ’aimerais sincèrement que cette chronique permette de faire connaître ce livre, dont le titre « jeu de mots » m’avait intrigué et dont la lecture m’a procuré de nombreuses d’émotions. 
De la rage d’abord si, pour éviter ces morts quotidiennes, rien n’est entrepris pour sortir durablement du conflit israélo-palestinien, et aussi de l’espoir. 
Il le mérite.
Bernard Bloch ne s’en cache pas, il est juif, a fait sa Bar Mitzvah en 1962 en Israël , mais n’est pas pratiquant. Dès les premières pages il nous prévient : « Mes réserves envers la politique d’Israël sont légion et certaines radicales. Mais ce qui reste inacceptable pour moi, c’est la remise en cause de son existence ». 
En se joignant à un groupe de chrétiens, à l’occasion d’un voyage organisé par « Témoignage chrétien », il parcours Israël pendant 7 jours en juin 2013. 
Puis seul, il se rendra auprès des membres de sa famille installés en Israël.

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« Harkis, un passé qui ne passe pas » – Katia Khemache

Harkis, un passé qui ne passe pasLes plus anciens d’entre nous, ceux qui ont connu la blouse à l’école primaire, se souviennent certainement de cette période du début des années 60, de la fin de la guerre d’Algérie. Après Zappy Max, on nous imposait le calme au moment des informations qu’on écoutait dans un silence religieux à la radio. Nos préoccupations de gamins ne nous permettaient pas de tout comprendre, mais nous saisissions bien inconsciemment, du fait des visages soucieux de nos parents, le drame de la situation.  
Puis nous vîmes arriver sur nos bancs d’école, en cours d’année, de nouveaux camarades avec un accent inconnu : l’instituteur ou les parents nous expliquèrent….La fin de la guerre, les enfants de rapatriés, un, deux, trois par classe.  Je n’ai entendu parler des Harkis, que quelques années plus tard – aucun camp n’existait à proximité du domicile familial – quand les journaux radio nous firent part de leur existence, quand leurs représentants s’exprimaient, ou quand sur la route des vacances vers le soleil du midi, nous croisions un de ces camps aux baraques sinistres rappelant un peu celles d’autres camps. Aucun de leurs enfants ne fréquentait nos écoles. 

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« Le Peuple d’en bas » – Jack London

Le peuple d'en bas Le-peuple-de-labime-Quand on parle de Jack London, immédiatement viennent à l’esprit des titres comme « Croc-Blanc », « L’appel de la forêt », « Le Loup des mers » ….rares sont ceux qui penseraient au livre « Le peuple d’en bas »…et pourtant, ce titre assez difficile à trouver en librairie sauf sur commande, mérite qu’on s’y penche. Merci à Recyclivres.
J’ai, comme tout lecteur, découvert London à l’adolescence, avec ces « classiques » cités en introduction…ceux-ci font voyager…grands espaces, amitiés, bref…ces romans d’aventure ont fait rêver l’adolescent de quinze ans que j’étais. 
En 1902, London qui avait 26 ans eut une idée : aller vivre quelques jours dans le quartier East-End de Londres, en se faisant passer pour un marin ayant abandonné son métier. Une nouvelle expérience pour lui, comme celles du Grand Nord, de la mer, de la recherche d’or.

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« Les revenants » – David Thomson

Les revenantsIls sont partis, ils ont combattu, ils ont tué puis écœurés, déçus, ou par peur ils sont revenus. Parfois, leur famille est partie au péril de la vie de chacun des membres ou de leur liberté afin de les aider à revenir en France….. »Ils » ce sont ces ados, ces garçons et filles aussi, partis par centaines faire le djihad en Syrie ou ailleurs. Des  français et françaises, des banlieues ou non, qui depuis sont emprisonnés ou portent un bracelet électronique et pointent régulièrement dans les commissariats….Certains d’eux parfois repartiront combattre, pressés de fuir une deuxième fois la France ou attirés par la mort…Certains sont revenus pour tuer en France, d’autres se déclarent repentis.
Certains sont des paumés embrigadés, d’autres sont des fous tueurs sans états d’âme

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« Dans la dèche à Paris et à Londres » – George Orwell

Dans la dèche à Paris et à LondresQuand on évoque l’oeuvre d’Orwell, « Dans la dèche à Paris et à Londres », ne vient pas immédiatement à l’esprit…Tout le monde évoquera « 1984 » ou « La ferme des animaux », titres toujours trouvés dans les rayons des librairies sans difficulté (ou presque)…par contre il faut très souvent commander « Dans la dèche à Paris et à Londres », ou le rechercher sur les sites de vente de livres d’occasion…Merci à Recyclivres.
Signe des temps : la pauvreté ne serait-elle donc pas commercialement rentable ??? 
Et pourtant ! Ce livre écrit en 1933 mérite d’être connu et conserve de nos jours encore une grande partie de son acuité !

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« Les amnésiques » – Géraldine Schwarz

les amnésiquesEt si le national-socialisme qui fit tant de victimes avait encore de « beaux » restes? Ne fait-il pas encore vibrer des personnages politiques qui servent une partie de ces restes dans leurs discours aux électeurs? 
Géraldine Schwarz est une jeune journaliste née d’un papa allemand et d’une maman française. Ils se rencontrèrent en 1968. 
L’histoire de la famille de son père n’est pas tout à fait exemplaire, et sert de fil conducteur au livre. Le livre n’est pas un roman, mais un travail journalistique d’enquêteur et d’historien portant à la fois sur la période de guerre mais aussi sur l’après-guerre, pays par pays.

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