« Idiss » – Robert Badinter

Idiss« Il est simplement le récit d’une destinée singulière à laquelle j’ai souvent rêvé. »….écrira Robert Badinter sur la 4ème de couverture du livre….la destinée d’une grand-mère, Idiss, qui a certainement forgé une partie d’une autre destinée, celle de Robert Badinter…
Que d’émotions, que d’humanité dans ces deux destinées…Oui, j’admire cet homme, ses combats, ces engagements, sa culture. Un homme réservé. Tout simplement un Homme, à mes yeux. 
Il m’a ému lorsque j’ai visionné en replay, quelques jours après, l’émission « La grande librairie », et ému lors de cette lecture. Je n’avais pu l’écouter en direct.
Cruauté d’une vie, dans cette Bessarabie qui chassait le Juif, cet Ydishland, qui parquait les juifs, qui les écartait de la culture, et même de l’enseignement, seuls quelques uns pouvant sortir de cette condition de misère. Et pourtant le Tsar, acceptait et même imposait à ces Juifs de faire la guerre pour son compte. 

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« L’oiseau bariolé » – Jerzy Kosinski

L'oiseau barioléFaites donc cette expérience : capturez un oiseau, puis peignez-lui les plumes de couleurs vives, bien éloignées de ses couleurs d’origine et relâchez-le dans la nature. Naturellement il volera vers ses congénères, qui ne le reconnaissant pas comme un des leurs, s’empresseront de le tuer au plus vite. C’est un peu ce qui arriva à ce livre, qui fut très criqué, semble-t-il à la fois par les survivants de la Shoah et par les autorités politiques d’Europe de l’Est qui lancèrent des campagnes contre le livre et l’auteur. Ce livre fut même interdit. 
Et j’avoue que ce livre m’a dérangé, m’a intrigué, mais qu’à aucun moment je n’ai eu envie de l’abandonner. Il est si particulier, si unique. 
Un gamin, juif polonais est confié par ses parents à une famille d’accueil. Il est lui aussi cet oiseau bariolé, il n’a pas du tout le physique des autres enfants, et de ce fait est souvent rejeté. Juif, il a la peau mate et ses cheveux sont très noirs …il est différent de cette population blonde aux yeux clairs…

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« D-DAY : Les soldats du débarquement » – Giles Milton

D-Day-LessoldatsdudebarquementMachiavel disait   » Une guerre est juste quand elle est nécessaire. »…alors, il fallait bien sortir de cette guerre qui avait déjà fait tant de morts, écraser ce régime nazi, dont le monde ne connaissait pas encore tous les crimes et enfin arriva ce 6 juin 1944, journée au cours de laquelle tout pouvait basculer, journée qui permettait d’ouvrir un front nécessaire à l’Ouest, afin d’enserrer l’Allemagne de deux côtés.
Rares doivent être ceux qui vivent encore, parmi ces 156 000 soldats qui ont vécu cette journée, après avoir débarqué dans l’eau froide à l’issue d’une traversée au cours de laquelle ils avaient vomi tripes et boyaux sur cette mer démontée. Près de 7 000 bateaux, depuis des croiseurs jusqu’aux péniches de débarquement, avaient du se regrouper et affronter côte à côte cette traversée à l’insu des observateurs allemands qui ne les attendaient pas. Pour eux, le temps n’était pas un temps à faire débarquer des troupes. Longtemps ils crurent que c’était une opération de diversion.

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« Vivre et mentir à Téhéran » – Ramita Navai

Vivre et mentir à TéhéranVali Asr, c’est l’avenue de 18 km de long qui traverse Téhéran du nord au sud…une avenue emblématique de l’Iran, un peu comme nos Champs Elysées, une avenue qui sert de fil conducteur à ces huit portraits d’iraniens ou d’iraniennes. Huit portraits courageux pour tracer un autre portrait, celui de l’Iran moderne, de son rigorisme, de sa violence, de son luxe et de sa crasse.
Huit hommes et femmes, dont certains en totale opposition avec les images de l’Iran des religieux que les médias, nos médias occidentaux nous présentent. Aucun de ces personnages ne peut nous laisser indifférent, tous traduisent la violence, l’hypocrisie et le mensonge dans lesquels les iraniens sont contraints de vivre. Tous nous révoltent car tous sont des uppercuts. 

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« L’étrange et drolatique voyage de ma mère en Amnésie » – Michel Mompontet

L'étrange et drolatique voyage de ma mère en AmnésieCertains livres ont la capacité de vous bouleverser parce qu’ils sont un miroir de votre âme, de votre passé, et aussi de vos inquiétudes du moment. Ils ont à la fois la capacité rare de vous émouvoir et celle de vous donner une pêche d’enfer, tout en vous sonnant. « L’étrange et drolatique voyage de ma mère en Amnésie » fait partie de ces rares témoignages qui vous apportent cette angoisse et cette envie de profiter de chaque instant, de chaque petit plaisir….Au cas où…! Et ce bonheur de lecture …
Alzheimer, un mot qui fait peur, une « saloperie » qui vous hante, surtout quand avec les cheveux gris, avec la retraite, on voit non pas le bout du tunnel, mais plutôt se profiler peut-être la fin de la lumière, et l’éventualité de l’entrée dans ce tunnel de l’oubli. Une éventualité qui fait peur à chacun de nous.
Angoisse d’autant plus forte quand certains des siens ont été frappés. 

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« Le grand marin » – Catherine Poulain

le grand marinÇa roule, ça tangue, ça gueule, on en prend plein la tête…. du bruit, des vagues…ça secoue !
Lili, la narratrice, a tout plaqué. Elle a quitté sa Provence et son chaud soleil pour chercher autre chose, loin de tout, en Alaska. 
Promenade sur le port de Kodiak, des bateaux se préparent à partir :  
« – Tu cherches quelque chose ?
– Du travail…
– Monte donc à bord ! « 
Premier contact avec ce monde. Ce ne sera pas sur ce bateau mais sur un autre qu’elle embarquera. Pas de carte verte, pas de licence de pêche. Une sans papiers qui risque à tout moment d’être repérée par les services de l’immigration.
Qu’importe ! une nouvelle vie commence sur le Rebel.
Elle sera la seule femme, inexpérimentée de plus, dans un monde masculin rude, celui de la pêche en haute mer. Une pêche saisonnière, lignes de pêches, casiers à crabes, filets…Morues, crabes géants, flétans, selon les périodes.

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« Chronique d’un pays natal » – James Baldwin

chronique d'un pays natalTrouvé par hasard dans un vide grenier, « Chronique d’un pays natal » rassemble divers textes écrits par James Baldwin entre 1948 et 1955…J’avais découvert cet auteur il y a bien longtemps, à la fin des années 70, dans un article. Vague souvenir remonté à la surface qui s’est transformé en vif intérêt à la lecture de ces mots de la 4 ème de couverture : « …la condition des Noirs aux États-Unis… »
Ces chroniques sont toutes parues dans des journaux français ou anglais entre 1948 et 1955…je n’étais pas encore né lorsque certaines sont parues, et je salissais mes couches pour d’autres. En tout cas je n’ai que de très vagues souvenirs quant à l’époque des plus récentes….

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