« Les pas perdus » – Mustapha Zem


Lien vers la présentation de Mustapha Zem

Lien vers la présentation du film de Roschdy Zem : les Miens


  • « Je repense à ces jeunes croisés dans la citée. Victimes d’internet, ils n’iront pas se cultiver au cinéma de la ville qui du reste a disparu pour se transformer en bazar fourre-tout. Ils ne s’émanciperont pas au théâtre où l’on payait le billet à moitié prix pour voir les pièces de Molière ou écouter un concert. Ils ont à présent pour mentors les stars du ballon rond ou du rap, dont ils vantent les salaires à huit chiffres. Ils ne sont plus beurs, bougnoules ou bicots, ce sont des  «jeunes musulmans» . Ils se sont détournés de leur culture d’origine dont ils connaissent à peine la langue et les traditions. Contrairement à notre génération, ils ne courbent plus l’échine devant une autorité, quelle qu’elle soit, et entendent défendre et assumer leur identité. » (P. 72)
  • « Fermez des centres de loisirs, vous ouvrirez des centres de déradicalisation. » (P 77)
  • « Je haïssais ma condition sociale et les inégalités qu’elle faisait naître. [….]Je voyais les mandats qu’il adressait à des proches au Maroc lorsque je l’accompagnais dans ses démarches. Qu’avaient-ils de plus que moi pour mériter sa générosité.+? Ces gens-là avaient l’art et la manière de faire selon maman. Peut-être aurais-je vraiment dû la baiser la main? » (P. 151)
  • « C’est injuste la vie. Elle vous offre l’amour pur et sacré et elle vous le retire par un simple SMS. » (P. 197)
  • « Á mesure que j’avançais dans ma cité, je devais bien admettre que j’étais un enfant d’immigré dont les parents n’avaient jamais mis un pied à l’école. Si je prétendais fréquenter la fille d’un député, le chemin serait long, fastidieux et la lutte interminable. Voilà, à mon sens ce que signifiait la lutte des classes. Un combat avant tout personnel et intérieur pour sortir de sa condition. » (P. 262)
  • « Il est facile de dire à quelqu’un « je suis désolé», mais il est plus difficile et même plus noble de dire «je te pardonne». Libérez-vous. » (P. 324)

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