« Les abeilles grises » – Andreï Kourkov


Lien vers la présentation d’Andreï Kourkov


  • « Quand on vit longtemps dans un endroit, on a toujours plus de famille en terre qu’en bonne santé à côté de soi. » (P. 21)
  • « La peur, c’est chose invisible, ténue, multiforme. Comme un virus ou une bactérie. On peut l’inspirer en même temps que l’air, ou bien l’avaler par accident en buvant de l’eau ou de l’alcool, ou encore en être contaminé par les oreilles, par l’ouïe, et la voir alors de ses yeux si clairement que son reflet vous reste imprimé sur la rétine même alors qu’elle s’est déjà évanouie. » (P. 64)
  • « C’est qu’à présent l’Amérique et l’Europe la soutiennent à bout de bras. Ils confisquent l’argent de leurs mendiants et de leurs nécessiteux pour le donner aux Ukrainiens ! entreprit d’expliquer l’un d’eux. Mais quand leurs mendiants et leur nécessiteux comprendront ce qui se passe, ce sont eux qui, en Amérique et en Europe, fomenteront des Maïdan contre leurs politiciens » (P. 78-9)
  • « Mais pour une balle, cette distance n’existait même pas-bam! et elle touchait son but. Marcher péniblement à travers champ, en revanche, sur la croûte de neige durcie, c’était épuisant. Et ce n’était pas seulement marcher qu’il fallait, mais marcher avec la peur au ventre. N’importe quoi peut arriver quand on avance à découvert, exposé à la vue. » (P. 86)
  • « Mais il y a alcool et alcool. L’un vous allonge dans votre lit, l’autre dans une boite en bois. » (P. 103)
  • « Quand il se réveilla, que le sommeil le quitta, il entendit un bruit dans sa tête. Discret, mais obsédant. Il connaissait ce bruit. C’était celui de l’alcool. Il fallait l’endurer. Il passerait tout seul, s’éteindrait. Au besoin, il était possible même de réfléchir sous ce bruit. Mais c’était plus difficile qu’en temps normal. Les pensées étaient plus lentes à se former. » (P. 106)
  • « Le troisième jour de mars, le soleil se mit à jouer des rayons comme on joue des muscles. » (P. 143)
  • « Le temps ne joue un rôle que là où quelqu’un le surveille et dépend de lui. S’il ne reste personne dans ce cas, le temps se fige, disparait. » (P. 172)
  • « Or de l’amour, il en avait pour elles à revendre, ainsi que du savoir et de l’expérience. De l’attention, n’en parlons pas, comment s’en passer? Peut-être en avait-il plus que les autres apiculteurs. Car il avait souffert pour ses abeilles durant tout l’hiver, il les avait protégées de la guerre, du vacarme des explosions, du froid. Il les avait protégées aussi bien en pensée que dans la réalité, laquelle, en fait, ne dépendait guère de lui. »(P. 191)
  • Trois années en la seule compagnie d’un Pachka dans un village déserté par ses habitants lui avaient appris qu’on pouvait être entouré de très, très peu de monde sans en souffrir pour autant. Au contraire, pareille dépopulation aidait à mieux se comprendre soi-même et à mieux comprendre sa vie? » (P. 223)
  • « Le Donbass ne mettra personne à genoux » (P. 224) 
  • « En Crimée, il y avait des champs, et des bois, et des montagnes. Et l’air comme disait Ahtem à Sloviansk, y était extraordinaire. […] Et il n’y avait pas de guerre là-bas. C’était eux, ces gens, qui avaient fait appel eux-mêmes à l’armée russe, laquelle était intervenue là-bas et protégeait leur tranquillité. » (P. 240)

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