
« Je suis désolé mais je ne comprends toujours pas ce que vous me dites. » (P. 325)
Deux des personnages du roman évoquent la stratégie de Nasser et d’Israël…..Et ces quelques mots résument en partie, j’en suis désolé, l’impression qui me reste après la lecture du roman…roman qui me fut proposé dans le cadre d’une opération Masse Critique….merci à Babelio et à l’éditeur, mais cette lecture me laisse perplexe, et en partie sur ma faim.
J’ai scrupuleusement respecté l’engagement moral que j’avais pris, avec Babelio et l’éditeur en acceptant la lecture, engagement pris avec sérieux comme je le fais pour chacune de mes lectures. Ne me fiant pas à ma mémoire, j’ai scrupuleusemnt pris de nombreuses notes, mais je n’ai pas trouvé les éléments historiques que j’espérais trouver.
Le roman est contruit autour d’échanges de mails d’une part entre un grand père, Papi Ali qui vivait en Egypte et qui fut recruté en qualité de chauffeur de Cecil B.DeMille qui tournait alors « Les 10 commandements », c’était dans les années 1955-56, et d’autre part Alex son petit fils parti faire le Djihad….des échanges de mails qui ne sont pas toujours destinés aux mêmes destinataires, notamment à d’autres personnes qu’Alex….ce qui est troublant! J’en cherche encore la raison. Aventures de ce chauffeur qui participe au tournage du péplum …et qui tue accidentellement un imam….et prend la fuite.
On y croise Charlton Heston, Yul Brynner et ….est évoqué un projet d’attentat qui devait faire sauter la tour à partir de laquelle était filmée la bataille évoquée par le grand-père et filmée par Cecil B.DeMille…
Projet d’attentat qui emmenera papi Ali, en prison….et dont je n’avais pas entendu parler. Fiction de l’auteur ou réalité historique?
Papi Ali est alors manipulé, dèjà à cette époque par les frères musulmans qui le chargent d’attentats contre Nasser… »Joyeuse » époque au cours de laquelle d’anciens officiers nazis au service de Nasser ont trouvé d’autres victimes, militants communistes, intégristes islamistes et juifs. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse !
Je remercie Babelio pour cette lecture pas facile…pas facile en effet de se repérer dans les époques, dans les personnages, dans les mails échangés entre les divers personnages, le grand père et son petit-fils, et d’autres inconnus.
J’ai été tenté de l’abandonner, mais le contrat moral pris avec Babelio, dans le cadre de Masse Critique était important à mes yeux…Très vraisemblablement la mise en image que pourrait engager Peter Blauner, scénariste américain serait plus agréable que cette lecture…sans doute ce fut ce regard de cinéaste que porta également Stéphen King …..tout à la fois romancier, nouvelliste et également scénariste.
Intérêt de Stephen King mentionné en première page qui étonna plusieurs lecteurs, semble-t-il. Moi y compris !
Sans doute y trouva-t-il l’inspiration pour un beau projet de film à grand spectacle…Qui sait ? Nous le saurons peut-être un jour.
Personnellement je n’ai pas ses compétences ni son regard de cinéaste…..D’où mon trouble !
Éditeur : Harper Collins – Parution en 2023 – 406 Pages - Traduction par Estelle Roudet
Lien vers la présentation de Peter Blauner
Quelques lignes
« On n’a jamais vraiment eu notre place ici. D’aussi loin que je me souvienne, j’en avais conscience. En fait, dans mon tout premier souvenir, je me trouve avec toi sur l’aire de jeu de Fort Hamilton après la chute des tours, et les autres gamins m’appellent Oussama et me disent de retourner dans mon désert. » (P. 12)
« C’est la même chose qu’il s’agisse de pétrole ou d’histoire. La main occidentale prétendument tendue en signe d’amitié finit toujours par nous étrangler. » (P. 44)
« Et plus j’avance dans la vie, plus je me rends compte qu’il y a très peu de vrais croyants dans le monde, mais qu’ils effraient tous les autres. » (P. 83)
« Sous un nouveau régime soutenu par l’Ikhwan, le risquais d’être condamné à mort en tant que traître. Sauf si je présentais une certaine valeur en étant utile à l’organisation » (P. 137)
« Si ce n’était pas Hollywood, alors ce serait la guerre dans laquelle mon cousin me promettait une place. » (P. 138)
« Ils ont le nombre et l’argent mais, nous, on a la foi, dis-je. Rien n’est plus puissant. » (P.212)
« Nous avons donné au monde les pyramides, la bibliothèque d’Alexandrie, les temples de Karnak et de Louxor, et vous, que nous avez-vous donné. Marylyn Monroe? Vous voyez ? Voilà pourquoi on vous résiste. » (P. 214)
« On peut trouver des justifications à chaque page de n’importe quel texte religieux jamais écrit, si on déforme suffisamment les mots. Mais là c’est différent. Nous luttons contre la domination de l’homme par l’homme, alors que seul Dieu devrait le dominer. » (P. 218)
« On ne peut jamais changer le coeur ou l’esprit de quelqu’un quand il est persuadé d’avoir des balles dans son pistolet et Dieu à ses côtés. » (P. 219)

