
« La confiance d’une Nation envers sa Police doit être totale et l’engagement de la Police pour la protection de ses concitoyens et la sécurité intérieure, un devoir, en toutes circonstances. » (P. 211)
Quand un grand flic, l’un des pricipaux flics de France prend sa machine à écrire, non pas pour dresser l’un de ses procès verbaux – Il n’en dresse plus depuis bien des années- mais pour décrire son métier, ses relations avec ses chefs, ministres ou autres, mais aussi avec les patrons des gangs quand ils sont arrêtés, avec les gens du voyage ou les étrangers en situation irrégulière,…et j’en passe, cela donne un livre à coeur ouvert, que j’ai perçu comme un texte sincère, un livre qui lui permet d’une part de faire connaître son métier, mais surtout ses états d’âme, ses états d’esprit, sans omettre les mutiples contraintes professionnelles voire juridiques avec lesquelles il doit composer, en permanence.
Pour ma part, ce n’est sans doute pas un livre que j’aurais emprunté, s’il s’était trouvé dans ma Médiathèque préférée…sans doute parce que tant d’autres centres d’intérêts s’offrent à moi…..une soif toujours présente.
Mais une amie éditrice me l’a proposé…ce qui provoqua tout d’abord des hésitations de ma part…uniquement du fait du nombre de livres à lire m’offrant leurs couvertures sur ma table.
La sujet m’attirait toutefois…… après tout, n’est ce pas utile et important de connaître les états d’âme, les conditions de travail des policiers, de ces flics si souvent décriés, mais pourtant si utiles.
Quand on n’a rien à se reprocher!
Guerre des gangs, trafics de drogue, gens du voyage, expulsions des étrangers en situation irrégulière, expulsions de logements décidés par la justice…et tant d’autres thèmes sont présentés
Un point important est abordé, c’est celui de la confiance…confiance qui doit régner entre police et citoyens, confiance qui ne peut être donnée que par l’image du travail de la police….confiance pas toujours facile à obtenir, notamment dans certains quartiers aux mains des « grands frères »
« J’ai pu maintes fois le vérifier, une grande maison comme la police nationale ne pardonne pas à ceux qui salissent l’uniforme ou la fonction. » (P. 207)….ou comment faire proprement son travail et assurer sa mission
Editions Le Chant des Voyelles – 2024 – 224 pages
Lien vers la présentation de Michel Klein
Quelques lignes
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A ma question pourquoi tu dis « chez nous en Algérie » la réponse est spontanée, « parce que c’est mon pays m’sieur ». Il n’y avait pourtant jamais mis les pieds. Cet épisode anecdotique en dit long sur nos difficultés à insérer, intégrer et assimiler nos compatriotes issus de l’immigration. Les raisons sont sans doute multiples et complexes, je ne suis pas spécialiste, mais je sais faire le constat, nous avons échoué. Nous payons cet échec à chaque épisode de violences urbaines de dimension nationale, la jeunesse d’une communauté tout entière se rebelle contre cet « ancien colonisateur » qui selon eux ne leur laisse pas la place qui devrait être la leur. (P. 140)
- « Disons-le sans ambiguïté, sans acheteurs pas de dealers ! Chaque acheteur contribue à alimenter un réseau mafieux de trafiquants et se rend de la sorte complice de ce fléau au-delà des problèmes de santé qui ne manqueront pas de survenir. Le coût social de la drogue est phénoménal, les jeunes toxicomanes se déscolarisent et se coupent du monde du travail. Rapidement ils sont juste en attente de leur produit, d’une stéribox, d’un médicament de substitution et leur vie tourne autour de cette misère faite de méthadone et de subutex. » (P. 175)
- « L’argent généré par la vente de la drogue dans une grande cité est considérable et souvent supérieur à la somme de tous les minimas sociaux distribués dans ces mêmes cités. Cet argent sort alors de l’économie souterraine pour entrer dans une sorte d’économie parallèle car il contribue à la vie quotidienne de nombreux habitants, soit par un fils guetteur, soit par une nourrice, soit sous une autre forme de participation y compris parfois dans le financement d’associations clandestines parfois religieuses (je te finance et tu me laisses travailler). Éradiquer totalement ces traficsdes cités reviendrait à priver une partie des habitants de ces revenus illicites substantiels, je crains que cela ne se traduise par une autre explosion des banlieues bien plus grave que celles que nous avons connues par le passé. » (P. 176)
- « Mon récit n’ayant aucune vocation politique, je m’en remets aux représentants de la Nation, toutefois les prises de position des uns et des autres démontrent combien ceux-ci sont divisés et même opposés sur ces questions sensibles qui ne sont objectivement pas simples à trancher. Les évolutions législatives qui apparaissent nécessaires subissent de longues controverses et sont âprement discutées tant au Sénat qu’à l’Assemblée Nationale. La part de réalisme et la prise de conscience des difficultés se heurtent inévitablement à l’accueil que d’autres souhaitent offrir aux réfugiés sans conditions. Notre pays est réputé terre d’asile mais nous devons rester suffisamment lucides pour savoir mesurer les limites. » (P. 198)

