« Purgatoire des innocents » – Karine Giebel

purgatoire-des-innocentsIls sont quatre, trois hommes, une femme…ils commettent un braquage qui tourne mal. Une voiture de police arrive, les policiers tirent, ils ripostent…une femme est tuée, un policier est mortellement blessé. L’un des quatre, le frère du chef est grièvement blessé….et perd son sang…Seule solution trouver un médecin et partir loin…Ce sera une vétérinaire, qui sous la contrainte, les accueillera à son domicile et soignera le blessé. Il viennent d’entrer dans la maison du diable, celle de l’horreur.
Deux gamines sont enlevées à la sortie de l’école…Le pédophile a tout prévu.
Les deux histoires vont se rencontrer, mais je n’en dirai pas plus.
J’aime les livres qui me font voyager dans des pays que je ne visiterai sans doute jamais, dans des époques passées, aux cotés d’hommes ou de femmes qui ont façonné notre monde….

Un ami m’avait conseillé de lire un ouvrage de Karine Giebel… »N’importe lequel ! » m’avait-il dit…il est fan ! Si tous sont comme comme celui-ci, je ne le comprends pas..

Elle a toutefois reçu de nombreux prix littéraires. 

Je sors d’un voyage dans l’horreur, au pays de la mort, un voyage dans l’esprit d’un malade, pédophile, vicieux, manipulateur..Un voyage dans la torture, la séquestration,  les coups, le sang qui ne correspond pas du tout à mes attentes. L’atroce sans limite… « Tuer n’est rien. La jouissance est ailleurs » !

J’ai failli lâcher le livre, passer à autre chose..Mais j’ai voulu savoir jusqu’où on pouvait aller dans cette littérature qui m’est étrangère, comment cette histoire pouvait se terminer…mon coté maso ou voyeur sans doute .
 Certainement parce que l’écriture est efficace.
580 pages pour décrire cette dizaine de jours en huis clos, 580 pages de perversion de sadisme. Une dizaine de  jours et des situations qui souvent ne m’ont pas paru crédibles : un type laissé pour mort après une volées de coups de batte de base-ball, qui lui ont fracturé les doigts de la main, creuse un trou à la pelle et à la pioche. Ils ne bouffent pas, ne boivent pas et ne vont pas pisser parce qu’ils sont toujours attachés, mais sont toujours lucides….celui qui a reçu une balle dans la jambre galope presque quelques jours après… le mauvais film de série B. A ceci il faut rajouter les retournements de situation parfois difficilement crédibles.
Mais le vice n’a pas de limite.
Ma sensibilité en a pris un coup ! Faut-il vraiment aller aussi loin dans la recherche de l’émotion du lecteur, dans la description de la noirceur des âmes ?
Si tous ses ouvrages sont comme celui-ci, je ne sais pas que je vous reparlerai de Karine Giebel.
Pour les amateurs du genre, je suis sans doute trop quelque chose…ou pas assez..autre chose…Il en faut pour tous les goûts.
C’est aussi notre monde, un monde qu’il ne faut pas ignorer..celui des malades, des tarés qui font l’actualité, c’est sans doute pourquoi je ne l’ai pas lâché

Passons à autre chose !


Qui est Karine Giebel


Quelques lignes
  • D’un point de vue pénal, mieux vaut violer une femme que le coffre d’une banque. Prendre les armes pour prendre de l’argent là où il se trouve, voilà un crime impardonnable aux yeux de la justice… Vraiment aveugle, aucun doute. » (P. 43)
  • « Il fait glisser une main sur son bras, elle se contracte de la tête aux pieds.
    Il ne peut s’en empêcher, cette fille l’attire. Irrésistiblement. Dangereusement.
    Lui inspire des désirs contradictoires.
    Envie de la prendre dans ses bras, de la protéger.
    Envie de lui faire mal, aussi.
    De lui faire payer quelque chose. Sauf qu’il ne sait pas quoi.
    Comme si elle était fragile et sadique à la fois. » (P. 92)
  • « Tu ne sais pas de quoi tu parles ! La taule, c’est bien pire que la mort. » (P. 101)
  • « – Parce que tu crois que j’ai peur de la taule ? Pour ta gouverne, j’y ai passé quatorze ans de ma vie. Et je me suis jamais pissé dessus.
    – La prochaine fois qu’ils se jetteront en prison, tu n’en sortiras plus… Séquestration, ça peut coûter cher.
    – En l’occurrence, si j’y retourne, ce sera pour meutre.
    Elle devient livide, il sourit. »
    (P. 117)
  • Elle appelle au secours. En silence.
    Le bâillon est redoutablement efficace.
    Elle appelle au secours.
    Supplie son père, sa mère. Implore les dieux imaginaires qui peuplent son inconscient.
    Sauvez moi, ne me laissez pas ! Je veux rentrer chez moi !
    Pourtant, elle sait déjà où la conduit cette camionnette.
    En enfer, c’est certain.
    Mais comment elle va mourir, ça elle ne le sait pas.
    Et c’est peut être ce qui la terrorise le plus
    (P. 170)
  • Tu vois, Raphaël, tu t’es trompé,
    Je ne suis pas une femme comme les autres.
    Vulnérable, fragile ou sans défense.
    Plutôt un monstre qui grandit en enfer à l’ombre de son maître et se nourrit de chair humaine
    (P.227)
  • Lui qui n’a pourtant jamais tué personne.
    Jamais avec une arme à feu, en tout cas.
    Trop facile, trop banal. Trop vulgaire.
    Toujours des lames tranchantes, des objets contondants, des cordes, ou à mains nues.
    Il considère que les armes à feu sont réservées à ceux qui manquent d’imagination ou sont pressés. 
    A ceux qui ne vénèrent pas l’acte de mise à mort.
    (P. 241)
  • « Céder à quelqu’un cette propriété dont le sous-sol fourmille de cadavres….les gamines qui se sont succédé ici, avant de finir dans le bois qui borde l’étang……….. » (P. 258)
  • Et ce n’est que le début, les prémices d’un jeu qui ne connaît qu’une issue.
    Un jeu dont il a truqué les règles, où la proie n’a aucune chance.
    (…)
    Il lui enlèvera tout ce qu’elle a. Absolument tout.
    La mettra à nu, l’écorchera vive. Jusqu’à ce qu’il ne reste que son essence.
    Puis jusqu’à ce qu’il n’en reste rien.
    Plus de dignité, de souvenirs, d’espoir, ni même de personnalité. Plus rien.
    Plus une enfant ni un être humain. Même plus un être vivant.
    Un objet. Un simple et banal objet. Désincarné. Qu’on peut détruire à sa guise sans éprouver le moindre remords.
    Un objet qu’on jette quand il ne sert plus. Quand on s’en lasse et qu’on commence déjà à chercher par quoi le remplacer.
    (P. 286-287)

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