« Chronique d’un pays natal » – James Baldwin

chronique d'un pays natalTrouvé par hasard dans un vide grenier, « Chronique d’un pays natal » rassemble divers textes écrits par James Baldwin entre 1948 et 1955…J’avais découvert cet auteur il y a bien longtemps, à la fin des années 70, dans un article. Vague souvenir remonté à la surface qui s’est transformé en vif intérêt à la lecture de ces mots de la 4 ème de couverture : « …la condition des Noirs aux États-Unis… »
Ces chroniques sont toutes parues dans des journaux français ou anglais entre 1948 et 1955…je n’étais pas encore né lorsque certaines sont parues, et je salissais mes couches pour d’autres. En tout cas je n’ai que de très vagues souvenirs quant à l’époque des plus récentes….

On pourrait ranger ces chroniques essentiellement selon deux catégories : les chroniques faisant référence à des livres ou à des films dans lesquels des Noirs sont mis en scène, et des chroniques relatives à la vie des Noirs soit aux Etats-unis, soit en Europe – essentiellement en France – pendant cette période.
Pour ces raisons, le lecture du livre est parfois difficile. 
Difficile en effet de juger de la pertinence des écrits quand on n’a pas lu livre, l’article ou vu le film dont parle James Baldwin. On perçoit sans difficulté son ressentiment, ce qui l’a embarrassé, ce qui l’a heurté, mais son sentiment est-il juste, est-il exagéré à nos yeux? En tout cas, il reflète la position d’un homme heurté par la place, par la façon dont les Noirs, pour certains c’était encore des nègres, étaient encore considérés.
Les autres chroniques, en réaction à des faits, ou à des situations vécues par l’auteur ou par des Noirs, à Paris en France, notamment des étudiants ou des artistes, sont plus récentes, plus faciles à situer et donc plus intéressantes. Elles reflètent la vie de ces américains de couleur dans Paris fraîchement libéré, dans une France entièrement blanche, ou au sein des Etats-Unis racistes, dans lesquels les Noirs sont parqués dans des ghettos. Chaque chronique nous ouvre les yeux sur une situation, un ressentiment…là bas …« la façon dont on traite les Noirs est indubitablement une coutume », sans doute parce que « L’Américain blanc considère son frère noir à travers l’écran déformant que lui impose le conditionnement auquel il est soumis sa vie durant »
Percutant et violent!
L’écriture (ou la traduction) est parfois difficile, et parfois lumineuse, percutante. 
C’était ma découverte de cet auteur qui aimait la France, la France où il mourut. 
J’en reparlerai, prochainement. Il ne faut jamais se forger un avis définitif sur une seule expérience.
Comment écarter de ses centres d’intérêt un auteur qui proclame dans l’une de ces chroniques : « Je n’aime pas ceux qui m’aiment parce que je suis noir, pas plus que ceux qui trouvent dans cette particularité accidentelle des motifs de mépris. » 
Beau sujet de réflexion et de comportement !
Éditeur Gallimard – 2017 – Première parution 1973 – 213 pages

Présentation de James Baldwin


Quelques lignes

  • « Les Américains blancs non sémites sont donc servis à la fois par ces deux mythes : ils ont divisé ces deux minorités pour régner. » (P. 86)
  • « Les seuls Blancs qui entraient chez nous étaient des assistantes sociales ou des encaisseurs. » (P. 111)
  • « Nous ne servons pas les Noirs, ici » (P. 119)
  • « Partout en Europe l’Américain se trouve placé devant la problème de son identité et c’est peut-être la clé de toutes les contradictions auxquelles on se heurte lorsqu’on tente de discuter le personnage. » (P. 164)

 

 

 

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