« Le dernier jour du général De Gaulle » – François Broche

« Pour lui, la mort a toujours fait partie de la vie, il ne sert à rien de ruser avec cette évidence. »

Au soir de ma vie, je fais maintenant partie de ces anciens qui l’ont connu en qualité de premier Président de la Vème République, qui ont connu à la fois l’engouement des uns et le rejet qu’il suscitait pour d’autres…l’adoration presque religieuse de certains et la haine farouche d’autres. Il ne laissait personne indifférent. Aussi, c’est avec grand plaisir que j’ai reçu de Babelio ce titre à la suite de l’opération Masse critique non fiction.

Un grand merci à toute cette équipe qui vit et agit pour promouvoir la lecture, les nouveautés et permettre un échange entre lecteurs.

Un autre grand merci à François Broche et aux Éditions Archipoche pour m’avoir transmis ce texte riche en découvertes et en informations. Prendre le dernier jour du Général de Gaulle comme angle de présentation de cet homme, de son action, de ses échecs est original et ambitieux…Le pari est réussi, depuis le petit déjeuner jusqu’à la réussite quotidienne en soirée, réussite avant le coucher…réussite interrompue ce 9 novembre à 19h25  par un malaise fatal.

Il avait encore tant de projets qu’il craignait de ne pouvoir mener à terme. Il  devait encore écrire 3 tomes pour achever ses mémoires, trois tomes pour partager encore et toujours ses choix, sa vision de la France, l’Histoire dont il avait été acteur, la Grande Histoire. Il avait encore besoin de transmettre, de partager ses rencontres, ses choix, ses décisions…Il n’avait pas tout dit, il avait encore besoin de travailler ! Il avait horreur de l’inaction.

Alors, tous les jours, y compris ce 9 novembre 1970, il s’astreint à travailler, à écrire après sa promenade quotidienne, depuis son bureau où personne ne vient le déranger.  Le travail est essentiel,  certes pour cette transmission, mais aussi et surtout pour faire reculer cette déchéance intellectuelle qu’il appréhende. Il avait dit en parlant de Pétain  » La vieillesse est un naufrage ». Il a presque atteint l’âge qu’avait Pétain. Lui qui a besoin de penser, de réfléchir, et qui s’y astreint chaque jour, a peur de ce naufrage, de cette perte de la mémoire. Alors il se bat, exerce cette mémoire, la fait travailler, la couche sur la papier.  

Il veut d’une part transmettre cette mémoire, et d’autre part, il ne voudrait « pas vivre trop vieux afin d’échapper au désastre physique de l’âge », et lui, l’homme actif commence à s’ennuyer. François Broche devient, en 9 chapitres,  -9 approches complémentaires – sa mémoire, nous rappelle ces rencontres qui firent l’Histoire, ces entretiens avec ces dirigeants, avec ces militaires, avec ces hommes d’État et dirigeants qu’il rencontra dans le cadre de ses fonctions, dirigeants étrangers et  hommes politiques français, qui l’accompagnèrent ou le trahirent, avec ces Compagnons de la Libération…il y en eut tant et tant  !

Il a toujours aimé la France et les français.  Il n’a pas par contre, bien vécu les échecs, Dakar,  Mai 68, le « Non » au référendum…..ni non plus, sa captivité pendant la première Guerre mondiale. Il n’a pas été toujours apprécié en retour, y compris par certains qui le trahirent, au point d’être parfois tenté, semble-t-il, par le suicide, mais sa foi lui l’interdisait.La somme de travail effectué par l’auteur est impressionnante..Je me suis amusé, au vu du nombre de personnages cités, de les compter dans l’index…François Broche fait référence à plus de 400 noms ! Certains cités une fois d’autres bien plus. L’exercice mérité d’être noté…  

Les lecteurs qui n’ont pas connu de Gaulle et qui ne se passionnent pas pour l’Histoire de notre pays ne tenteront peut-être pas cette lecture.

Ils noteront toutefois, que cet homme politique influence encore notre démocratie et notre vie 50 ans après sa mort !

En tout cas, ceux qui s’intéressent à l’Histoire sans pour autant avoir le courage ou le temps de lire les mémoires de Charles de Gaulle trouveront avec ce titre un point de vue écrit sous un angle original permettant de connaître l’action de De Gaulle, sa personnalité, sa foi, ses engagements et hantises, sa vie…en quelques heures de lecture…et cette mort, cette compagne de tous les instants dans sa vie de croyant…une compagne qu’il ne craignait pas.

Éditions Archipoche – 2020 – Première parution en 2010 – 219 pages


Lien vers la présentation de François Broche


Quelques lignes

  • « Ce n’est pas la mort qui l’inquiète – il l’a toujours acceptée d’un cœur léger – mais la vieillesse et son cortège de misères. » (P. 27)
  • « ..une expression revient de plus en plus souvent dans ses propos : «Si Dieu me prête vie…. »
  • « En apparence, les choses sont claires : Charles de Gaulle est chrétien, catholique pratiquant, croyant. Il est né dans une famille catholique, il a fait sa première communion, il a reçu le sacrement de confirmation, il s’est marié selon le rite catholique et a fait baptiser ses trois enfants, il assiste à la messe chaque dimanche. » (P. 139-40)
  • « Mao l’intéresse sans doute parce que, comme l’explique Malraux à Roger Stéphane, il a eu un destin relativement comparable à celui du «Grand Timonier» – un homme «parti de rien », qui reconquiert un grand pays avec une poignée de soldats. » (P. 180)
 
 
 

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