
-« Devenir artistes, pour Anna et Virgil, avait signifié entrer dans un état de mutation généralisant celui de l’adolescence. » (P. 25) »
Des artistes qui contrairement à beaucoup d’autres n’avaient pas galéré pour vivre…issus tous deux de milieux aisés
Erreur de casting ? Sans doute. Je n’étais sans doute pas celui qui était le plus à même de lire et de commenter ce titre. Et pourtant ce titre m’attirait…Sans doute parce que ma connaissance du monde de la Culture, avec un grand C, celle du monde de l’Édition sont trop limitées…ma formation et mon expérience professionnelle se limitent au monde de l’entreprise, des chiffres, des bilans, des projets, des difficultés comme des succès des entreprises, des brevets…ce fut toute ma vie professionnelle. La lecture m’occupait alors très peu pendant toute ma vie professionnelle.
J’aime pourtant lire depuis toujours, et ne suis ni un familier du monde de l’art ou du monde la culture…sauf pour tout ce qui touche à la photo
D’où mon intérêt pour ce titre proposé par Babelio dans le cadre de Masse critique, d’où mon intérêt pour la découverte de cet auteur… besoin de découvrir, de connaître un monde et un auteur méconnus.
Anna et Virgil sont deux jeunes artistes talentueux….Talentueux et pleins d’idées, rêvant de gloire….. Mais qui peinent à trouver leur public…Alors ils doivent se rabattre sur les petits boulots pour manger et vivre…et l’alcool, la drogue, permettent d’ouvrir d’autres mondes, de temps en temps.
Ils sont pris à l’essai dans un cabinet de conseils en organisation spécialisé dans le bien-être….des cabinets comme j’en ai parfois croisés dans ma vie professionnelle …un petit tour, la facture et puis s’en vont. Anna et Virgil sont-ils qualifiés pour ce job ? J’en doute fort. Mais il faut bien vivre.
Certes, certaines pages m’ont ravi, m’ont fait redécouvrir et apprécier ce monde avec un autre regard, et ces deux jeunes désireux de faire leur place dans le monde de l’art, la difficulté de s’y faire un nom, une renommée
Mais je n’ai pas réussi à trouver ce bonheur espéré…j’en suis désolé…..Sauf quand l’auteur évoque la vie politique française de ces dernières années….un bonheur !
Est-ce que cela vient de l’écriture, certes très recherchée ?
Je n’étais sans aucun doute pas celui le plus à même d’en parler, et ce n’était peut-être pas le moment…Je pense le relire…quand mon esprit sera plus disponible, moins préoccupé.
Merci à Babelio pour cette lecture
Editions MF – 2022 – 152 pages
Lien vers la présentation d’Aden Ellias
Quelques lignes
-
« Car ils travaillaient depuis une dizaine d’années environ, et les signes d’une reconnaissance minimale se faisaient rares. Les jours et les semaines passaient sans que son premier livre à lui, son premier disque à elle, vinssent à paraître, sans qu’une exposition conséquente des oeuvres d’Anna vînt à être organisée. » (P. 23-4)
-
« C’était une génération de beuverie, comme l’avaient été toutes les générations. L’alcoolisation libérait des cœurs et égalisait les situations sociales et les états psychiques […] Car l’on savait aussi où l’alcool vous conduisait. Á la connerie. Á la colère, la tristesse » (P. 39)
-
« Malgré leurs études supérieures interrompues ou même à peine amorcées, Anna et Virgil parlaient la leur avec une facilité mêlée parfois d’une pointe d’érudition ou de préciosité involontaires parce qu’ils avaient grandi l’un et l’autre dans un environnement social et culturel qu’il était de coutume de nommer privilégié, même si cet environnement ne leur avait jamais permis à l’un ni à l’autre de bénéficier du moindre avantage faisant exception au lot commun. » (P. 109)
-
« Lors des entretiens menés aux sièges de grands ou de moins grands groupes, il n’était pas rare qu’ile eussent à répéter plusieurs fois certaines questions , ou à les reformuler en des termes leur paraissant plus accessibles après avoir essuyé la manifestation de l’incompréhension ou même la moquerie franche et grossière d’interlocuteurs opérationnels, et cela quels qu’eussent été le statut, la fonction, le niveau de salaire des interlocuteurs. Dès lors qu’ils autorisaient un intervenant extérieur à s’intéresser à leurs pratiques, salariés et patrons faisaient toujours en sorte que le territoire des conversations échangées fût le leur, c’est à dire qu’il fût restreint à ces pratiques. » (P. 109-10)
-
« Désormais jeunes trentenaires, Anna et Virgil ne voyaient pas les choses sous aucun de des angles. Ils n’avaient ni à désespérer ni à combattre. Ils réalisaient seulement peu à peu que rien, n’était attendu d’eux par qui ou quoi que ce fût. Et que rien ni personne, au fond, ne leur demandait des œuvres. » (P. 110)

