« Les artistes » – Aden Ellias


Lien vers la présentation d’Aden Ellias


  • « Car ils travaillaient depuis une dizaine d’années environ, et les signes d’une reconnaissance minimale se faisaient rares. Les jours et les semaines passaient sans que son premier livre à lui, son premier disque à elle, vinssent à paraître, sans qu’une exposition conséquente des oeuvres d’Anna vînt à être organisée. » (P. 23-4)
  • « C’était une génération de beuverie, comme l’avaient été toutes les générations. L’alcoolisation libérait des cœurs et égalisait les situations sociales et les états psychiques […] Car l’on savait aussi où l’alcool vous conduisait. Á la connerie. Á la colère, la tristesse » (P. 39)
  • « Malgré leurs études supérieures interrompues ou même à peine amorcées, Anna et Virgil parlaient la leur avec une facilité mêlée parfois d’une pointe d’érudition ou de préciosité involontaires parce qu’ils avaient grandi l’un et l’autre dans un environnement social et culturel qu’il était de coutume de nommer privilégié, même si cet environnement ne leur avait jamais permis à l’un ni à l’autre de bénéficier du moindre avantage faisant exception au lot commun. » (P. 109)
  • « Lors des entretiens menés aux sièges de grands ou de moins grands groupes, il n’était pas rare qu’ile eussent à répéter plusieurs fois certaines questions , ou à les reformuler en des termes leur paraissant plus accessibles après avoir essuyé la manifestation de l’incompréhension ou même la moquerie franche et grossière d’interlocuteurs opérationnels, et cela quels qu’eussent été le statut, la fonction, le niveau de salaire des interlocuteurs. Dès lors qu’ils autorisaient un intervenant extérieur à s’intéresser à leurs pratiques, salariés et patrons faisaient toujours en sorte que le territoire des conversations échangées fût le leur, c’est à dire  qu’il fût restreint à ces pratiques. » (P. 109-10)
  • « Désormais jeunes trentenaires, Anna et Virgil ne voyaient pas les choses sous aucun de des angles.  Ils n’avaient ni à désespérer ni à combattre. Ils réalisaient seulement peu à peu que rien, n’était attendu d’eux par qui ou quoi que ce fût. Et que rien ni personne, au fond, ne leur demandait des œuvres. » (P. 110)

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