
« Le débat ne devrait pas porter sur la possibilité qu’elles avortent ou non, mais sur les causes de cette situation, les manières de l’éviter. » (P. 115)
Un débat vieux comme le monde, un débat entre hommes, religieux, hommes politques, etc, dont les femmes ont été absentes..selon les époques, et depuis l’Antiquité, Hippocrate en parlait déjà !
Les femmes étaient violées, subissaient les désirs de leurs époux, ou les dictats d’hommes politiques qui voulaient des soldats, parce que le voisin était menaçant, mais ces femmes ne pouvaient pas avorter et ne le peuvent toujours pas dans certains endroits de notre petite boule. Certes il y avait des faiseuses d’anges, utilisant l’aiguille à tricoter ou le cintre en acier…en faisant courir de grands risques à la pauvre femme…propriété de l’Etat et de son mari !
Et depuis la nuit des nuits des temps, qu’importent les lieux, les femmes mouraient de ces conditions d’avortement mal faits. Tout était bon pour avorter et mourir : utilisation de produits à usages vétérinaires, plantes ou liquides introduits dans l’utérus et j’en passe. Eglise ou pas, elles couraient ce risque pour leur vie…y compris les bonnes soeurs lutinées par le curé de la paroisse…Cette histoire de l’avortement est édifiante et ceci depuis Hippocrate…ce n’est pas un phénomène récent
Loin de là :
– à Rome : « l’avortement est considéré comme un attentat contre les droits du père » (P. 73)
–Pour les chrétiens c’est un homicide, entrainant l’excommunication. En outre l’Eglise pronait : Pas de relation sexuelle avec une femme enceinte pour ne pas tuer le foetus …..le règne de la bêtise et de l’ignorance !
Bref, l’avortement est une pratique vieille comme le monde ou presque, le livre nous le rappelle, et nous informe des conditions techniques des avortements, depuis la nuit des temps jusqu’à nos jours.. mais aussi explique le processus de la conception…utile à découvrier et à lire ou à faire lire à des ados.
Alors selon les conditions politiques, les Etats promulgent des lois contre l’avortement : « Après la guerre de 14-18, les pays occidentaux prennent des mesures en faveur de la famille et appliquent des lois contre la contraception et l’avortement. » (P. 81)
….et rappellent si besoin était que faire des enfants est une « Mission naturelle de la femme » (P. 81) !
Leur corps ne leur appartient plus, il devient et reste encore dans certains endoits du monde la propriété de l’Etat et du mari.
Rappelons nous, pour les plus anciens d’entre nous ces femmes qui créerent des plannings familiaux et de ces 343 « salopes », femmes célèbres qui un jour, déclarèrent publiquement qu’elles avaient avorté..
Ce texte est dérangeant et surtout historiquement et techniquement instructif : comment ont été pratiqués les avortements au fil du temps et des lieux….
Nombreux devraient être les lecteurs et lectrices, les opposants comme les personnes favorables, à lire cet ouvrage qui permet d’une part un rappel historique et également une information selon les lieux, les religions, les idées toutes faites et fausses..
Une information permettant de réfléchir en toute conscience et en toute connaissance
Bref une lecture indispensable permettant une réflexion, à mettre en toutes les mains adolescentes ou plus âgées.
Un livre qui pourrait utilement être à disposition de tous et toutes, dans les médiathèques, les lycées…
Et comme le précise la 4ème de couverture : « Le droit à l’avortement n’est pas universel et l’actualité ne manque pas de nous rappeler de ne pas le prendre pour acquis. »
Un combat loin d’être gagné sous toutes les lattitudes, pas encore accepté par toutes les religions et encore refusé par certains courants politiques.
La dernière bulle du livre (P. 132) rappelle : « Au moment de la parution de ce livre, la Constitution Française aura peut-être sacralisé le droit à l’avortement ou bien le nouveau gouvernement chilien avec le bloc d’extrême droite au pouvoir, en aura totalement restreint l’accès. Le débat restera ouvert. Les femmes continueront à avorter. Nous plaidons pour des lois favorisant l’éducation et évitant les grossesses non désirées, pour un accès facilité aux méthodes contraceptives et, par-dessus tout, pour des lois empêchant que les femmes qui avortent meurent. »
Merci à Babelio et à Masse critique
Editions Steinkis – 135 pages -2023 – Traduit de l’espagnol par Alice Gallori
Quelques bulles
- « curieusement les progrès de la médecine ont prouvé à Hippocrate qu’un avortement sécurisé est moins dangereux que de mener une grossesse à terme. » (P. 72)
- à Rome : « l’avortement est considéré comme un attentat contre les droits du père » (P. 73)
- pour les chrétiens c’est un homicide, entrainant l’excommunication. En outre l’Eglise pronait : Pas de relation sexuelle avec une femme enceinte pour ne pas tuer le foetus …..le règne de la bêtise et de l’ignorance !

