
« Le nouveau président constitue une cellule de crise pour rédiger en urgence un projet de loi : sauver les banques, le côtes et le climat, trois en un » (P. 942-3)
Tout part d’une crue…une crue comme celles qui détruisent villes et villages…comme celles qui peuvent défigurer nos paysages et détruire nos villages occitans…..trouver la petite phrase choc qui, à elle seule peut résumer, à mes yeux mes impressions sur chaque livre que je viens de refermer…un petit exercice souvent aisé, mais oh combien difficile aujourd’hui avec ce pavé de plus de 1000 pages, un pavé de petites phrases ou grandes pages dérangeantes, percutantes, un pavé dense qu’il faut lire dans le calme…pavé qui imposa de très nombreuses prises de notes et relectures de pages, un pavé qui me bouscula souvent et surtout, m’interrogea sur cette frénésie américaine, sur ce mode de vie, ; cette conception de la vie, si éloignée de la nôtre…un mode de vie, qui tôt ou tard, franchira l’Atlantique, comme un gamin le fait dans un bois, quand il se trouve face à un petit ruisseau peuplé de têtards…
Oui le gamin peut freiner un temps le petit ruisseau…oui le gamin disposera des pierres pour faire un petit barrage dont il est si fier, mais, même s’il rajoute des pierres, tôt au tard il sera vaincu. Tôt ou tard, son barrage sera détruit, emporté juste au moment où ses parents lui disent « Allez viens, on rentre ! »
Dans d’autres lieux des barrages bien plus importants sont emportés par des flots tumultueux jamais vus de mémoire d’homme, inondations dévastant des villes, emportant les véhicules…….D’autres lieux sont réduits à l’état de cendres par des incendies ravageant des paysages idylliques…des incendies jamais vus de mémoire d’homme.
Le gamin, quant à lui s‘endormira emporté par les sons cristallins de son petit ruisseau…en rêvant au prochain après-midi en forêt…mais jamais il ne retrouvera son petit ruisseau, jamais il ne revivra ce bonheur calme…Plus tard il se rendra compte que la nature est bien plus forte que lui….une nature qui se venge des c…humaines !
Ce malaise né de cette lecture me taraude l’esprit, alors que je viens de rendre à La Médiathèque ce pavé…réservé par un autre lecteur,…. ..
Qui n’a jamais entendu ses parents dire en parlant des États-Unis. : « bientôt ça sera pareil chez nous ! » :
Cette impression du « ce sera pareil chez nous !» m’a fortement dérangé, chacun et chacune de nous sait pertinemment que rien ne pourra jamais le freiner ! Impossible de freiner l’évolution de notre monde. Mais qui pourrait maîtriser cette évolution, cette destruction . Personne ne le peut. L’homme est bien petit face aux errements de la nature. Errements dont Lui, l’Homme est responsable. Il se pense grand et puissant car il possède du fric, mais il est bien petit face à la Nature
Puissance de l’argent, besoins croissants d’énergie, de toujours plus d’énergie. Cette énergie pétrole ou gaz qui conditionnent,nous le croyons la vie de notre société et notre bien être!!!.
Cette énergie est source d’inégalités croissantes entre les sociétés humaines et les pays, besoins croissants d’énergie causant indirectement une montée des océans, et des catastrophes naturelles etc…c’est ce monde vers lequel nous courrons.. c’est un poncif de le rappeler ; Une donnée connue et vécue par chacun de nous…avec une forme de « Bof » en réponse !
Jusque là ça va…jusque là ça va !,Alors on continue d’avancer
Et surtout, à coté de ce réchauffement climatique connue et identifiée, une puissance nouvelle montre bien plus que le bout de son nez…elle a été mise en œuvre par des humains qui bataillent de plus en plus en plus afin que des machines, des ordinateurs soient toujours plus forts,et leur apporte la puissance dont ces humains rêvent, puissance de…machines qu’il pensent asservir mais qui sait….machines et ordinateurs qui un jour peut-être décideront à leur place. De notre mode de vie !
Oui car des esprits humains aidés par ces machines diaboliques ont développé – aidés par ces ordinateurs de plus en plus puissants – ce qui dorénavant se nomme pudiquement « IA » Intelligence Artificielle !
L’intelligence de machines pour accroître l’intelligence de l’Homme et sa puissance sur la Nature, sur notre Monde !
Cette intelligence humaine a pu concevoir il y a bien des années des ordinateurs puissants pour conquérir l’espace, pour aller sur la lune…..et maintenant cette intelligence humaine se fait aider par cette intelligence artificielle….des machines d’« l’IA » capables à partir des quelques mots clés, de quelques notions proposées, de quelques algorithmes développés par ces machines, d’écrire un livre à partir de scénarios, proposés par l’Homme, de traduire un texte, de programmer une fusée et bien plus encore.….une puissance sans limite !
Mon logiciel d’édition de mes notes, de mes avis m’a même proposé de rédiger cette note grâce à l’IA !!! Je suis resté fidèle à mes habitudes de vieux C…
Tout cela me fait peur ! Qui ira dans le mur ? Peut-être pas la machine, mais des sociétés humaines, incapables de s’adapter
Une intelligence sur laquelle des hommes s’appuieront, des hommes bien incapables de gérer les conséquences des caprices de Dame Nature, caprices dus essentiellement aux erreurs qu’ils ont commis et au « toujours plus » qui les fait avancer au nom de ce qu’ila appellent « le progrès » mais des hommes souvent bien incapables de gérer des émotions …l’actualité nous laisse de plus en plus souvent pantois face aux drames humains et matériels qui firent – et feront longtemps encore notre actualité, et celle de nos enfants.
Oui j’ai été troublé d’une part par la pertinence de nombreux points du texte… certains derrière lesquels on perçoit le talent, le génie de l’auteur !..Mais surtout par la complexité de certaines autres pages qui je l’espère sont bien dues à l’auteur et à ses traducteurs…..et pas une machine sophistiquée…
J’ai le droit de m’interroger ! Non ?
Et je l’avoue bien sincèrement : oui, je m’interroge encore, une fois le livre fini, si je n’ai pas eu en mains un livre qui en partie – en partie seulement, j’insiste – fut accompagné et assisté par cette intelligence artificielle présentée dans les pages du livre….
Ce serait une première !
Mais si cette idée m’a effleuré, je préfère miser, retenir et parier uniquement sur l’intelligence humaine, celle de l’auteur, et la puissance de travail et de réflexion d’un homme, ou peut-être d’une équipe….
En tout cas, chapeau l’artiste ! Un artiste que je souhaite mieux découvrir.
Ce livre ne peut aucunement laisser un lecteur indifférent …mais nombreux sans doute seront les lecteurs qui se laisseront rebuter par certaines pages, par certains propos ou situations…en refusant la complexité de la réflexion proposée par l’auteur.
Un sujet pas simple,
Loin de là….celui de la destruction de notre petite boule, destruction imposée par l’avidité humaine, organisée par des sociétés humaines, par des gouvernements, sur presque tous les continent au nom du Sacro-Saint FRIC
Ce qui me fait immanquablement penser à cette blague du type qui tombe d’un gratte-ciel et qui dit : « Jusque là, ça va,…Jusque là, ça va …. Jusque là, ça va »
Pour ma part, je dis chapeau l’artiste !.
Merci à vous et à vos traducteurs !
Alors je vais prendre la route dans les jours qui viennent vers « Ohio » que je viens de réserver dans ma Médiathèque…que je remercie par avance et sincèrement de m’offrir et de me déranger avec ses découvertes.
« Je ne me rappelle pas avoir jamais eu peur, et c’est peut-être un effet de l’âge, mais depuis quelque temps j’ai la trouille. Pour être honnête avec vous, j’ai la trouille en permanence .» (P. 594)
Editeur : Albin Michel – Traducteur : Charles Recoursé – 1039 pages
Lien vers la présentation de Stephen Markley
Quelques lignes
« Les films ne sont que des ersatz de ce que les romans sont capables de faire. » (P. 50)
« …il y a une différence entre le nazisme et le réchauffement climatique : personne ne conteste la réalité du premier. Le second, lui, est un problème potentiel qui pourrait avoir des conséquences négatives dans un avenir lointain, mais également des avantages.» (P. 98)
« Dans le centre du pays, la grogne monte depuis plusieurs années contre l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste. Et les promesses d’emplois ne changent rien au fait que ces populations, contraintes de vivre dans les zones où le réseau d’approvisionnement en énergie est le plus dense, souffrent de toutes sortes de maux étranges allant de simples éruptions cutanées à des épidémies d’avortement dans les troupeaux. » (P. 132)
« Il est inacceptable que les forces de l’ordre deviennent le bras armé des producteurs de pétrole et de gaz, qui sont les plus grands criminels que compte notre planète. » (P. 135)
« …le lobby des énergies fossiles et les industries polluantes. Ces industries elles empoisonnent les Noirs et les personnes de couleur. Nos quartiers, pour elles, c’est des décharges. » (P. 165)
« Malgré la démocratisation des renouvelables, les cent premiers producteurs d’énergies fossiles continuent à s’en mettre plein les poches. On a beaucoup critiqué la taxe carbone en disant que c’était une mesurette sans effet, mais peut-être qu’il en serait autrement si on la renforçait. » (P. 167)
« Ils, ce sont les carbon majors, les cent plus grands pollueurs qii ont la responsabilité de plus de % des émissions depuis les années 1980. Ils avaient des scientifiques en interne qui savaient ce qui allait se passer. Ils savaient qu’en continuant à brûler les réserves d’hydrocarbures, ils mettaient en danger l’avenir de l’humanité. Ils savaient, et ils ont continué à construire des plate-formes pétrolières en tenant compte de la montée des eaux et de l’intensification des tempêtes ; ils savaient, et ils nous ont dit de nous concentrer sur nos comportements de consommateurs toute en nous enfermant dans des schémas d’hyperconsommation. Ils savaient, et ils ont nié et désinformé. Ils savaient, et ils n’ont rien changé! Il n’y a pas d’autre façon de le dire : ils sont en train de commettre le crime le plus grave de l’histoire de l’humanité, et ils le savent. Ils le savent, et ils nous disent de nous occuper de notre putain d’empreinte carbone » (P. 173)
« […] nous avons un sérieux problème de traitement des déchets, et c’est la seule chose qui compte car ce chiffre continue à augmenter. » (P. 174)
« On va descendre dans les rues, donner des moyens à certains, en retirer à d’autres, on va bloquer, convaincre, désobéir, organiser des actions non violentes et, surtout, on va voter, à chaque élection, quoi qu’il arrive. Et si vous n’avez personne pour qui voter, vous )vous bougez, vous collectez des signatures et vous vous présentez vous-mêmes ! » (P. 175)
« A en croire les experts, les trois hommes les plus riches du monde pesaient désormais autant que le moitié la plus pauvre. » (P. 179)
« Les gens se fichent que leurs chaussures soient fabriquées dans des ateliers insalubres au Bangladesh s’ils ont l’impression de faire une bonne action. Au niveau intellectuel ils ont peut-être conscients que c’est du vent, mais ça leur parle au niveau émotionnel. » (P. 311)
«Nous vivons dans une ère de croyance. Toutes les ères sont des ères de croyance. Le doute exige un effort de la volonté, alors que la croyance demande uniquement d’accepter. » (P. 320 J.Walter Thompson)
« Qu’est-ce qui nous dit que les élites d’aujourd’hui sont différentes des rois et des tyrans d’autrefois ? A tout prendre, elles sont encore pires. On parle de gens qui détruisent les conditions de vie sur terre pour quelques points de bénéfice. On se met à bafouiller dès qu’on évoque le sujet de la violence alors que, putain, on est face aux personnes les plus violentes de l’histoire. Et on n’a plus le temps. » (P. 381)
« Nous avons un proverbe en Italie : il n’y a que trois types de personnes. Les mangeables, les immangeables et les bien nourris. » (P. 480)
« Les pénuries d’eau provoquent déjà des migrations massives, des conflits et des massacres ethnoreligieux. La catastrophe climatique est source de troubles sociaux et politiques qui prennent la forme d’affrontements entre ethnies, castes, religions, races, genres, langues et autres lignes de fracture imaginaires. » (P. 494)
« L’histoire nous dit que les humains sont des monstres. Qu’ils tuent, mutilent, asservissent et exploitent, et qu’ils le font souvent tout en se répétant qu’ils œuvrent pour le bien commun. Mais l’histoire nous montre aussi que, lorsque les humains s’allient, ils sont capables de grandes choses » (P. 596)
« Maintenant c’est plus facile de trouver de l’héro que de quoi grailler » (P. 723-4)
« Les Américains mangeront avant les autres » (P. 767)
« ce que nous dit la Bible, c’est que les guerres d’extermination ne sont pas seulement permises, mes frères : elles sont notre devoir » (P. 767)
« la différence entre 2037 et 2020 est qu’aucun vaccin ne viendra remédier à l’effet de serre. La différence entre 2037 et 2008 est que la panique actuelle est largement justifiée par l’élévation du niveau des mers […] Des zones entières du littoral américain subiront des changements irréversibles, contre lesquelles rien ne peut plus les protéger. » (P. 850)

