
« Ce n’est pas seulement un procès, c’est une thérapie collective où l’histoire tente de reprendre son souffle après des années d’horreur. » (P. 45)
Impossible de comptabiliser le nombre de livres ayant pour thème ou cadre la deuxième guerre mondiale. Que seraient nos bibliothèques, nos médiathèques sans ces ouvrages….
Ouvrages dont la qualité historique désoriente ou étonne parfois le lecteur… Que de navets! ce cadre historique a fait vendre!
Mais aussi que de découvertes
Que de temps perdu, que de déceptions, que de livres refermés après quelques pages de ces lectures romancées, n’apportant peu ou pas du tout d’informations aux lecteur quant à l’Histoire avec un grand H.
Impossible en tout cas d’en lire certains sans s’interroger sur leur fond de vérité historique, sur leur part de roman ou d’Histoire!
Suis-je le seul à réagir de la sorte…? J’en doute. Au point que j’écarte souvent de mes choix, après quelques pages, ces lectures redondantes, voire insipides n’apportant souvent pas grand chose au lecteur, lectures dans lesquelles on cherche à identifier la part d’Histoire, avec un grand H, quand le roman remplit des pages souvent insipides.
…La quatrième de couverture évoque la « précision historique » et la « tension romanesque »…et surtout les antécédents littéraires de l’auteur. C’est cette mention qui m’attirera et me retiendra jusqu’à la dernière page
J’ajouterais que le texte fouille l’âme…mais peut-on parler d’âmes quand on lit les descriptions de la personnalité, de la lâcheté et des turpitudes de tous ces salauds trop peu nombreux à avoir été jugés jugés à Nuremberg. Les gamins juifs levant les bras en entrant dans les chambres à gaz étaient absents des décisions des juges de Nuremberg. Oubliés ! Quantités négligeables !
Une fois entré dans cette lecture, je ne pus m’en détacher. Mes lectures précédentes portant sur ce thème m’avaient donné une bonne connaissance des faits historiques, je le pense. Cette lecture m’a informé quant à la personnalité de ces salauds, de ces quelques salauds, les plus grands, qui firent l’Histoire. Des salauds trop lâches pour certains qui préférèrent se suicider plutôt que d’affronter la corde qui les attendait. L’Histoire qui bafouille ! Pour quelques salauds liquidés, combien s’en sortirent ?
Oui, j’ai été séduit par ce titre qui fouille la personnalité de ces quelques tarés, de ces salauds trop peu nombreux, à mon gré à être avoir été jugés, de ces hommes qui firent régner la terreur pendant leur règne et qui s’en tirèrent. Ils s’appelaient Goering, Rudolf Hess, et j’en passe!
Séduit et écœuré par les descriptions des faits historiques et par l’attitude et les forfaits de ces hommes pendant des années. Tout ça je le savais. Mes précédentes lectures m’avaient informé, chacune sur un ou plusieurs points particuliers de l’Histoire, de cette grand Histoire. Aujourd’hui j’en sais plus sur la personnalité de ces hommes, leur lâcheté. leurs forfaits, leur turpitude et également la faiblesse, je n’ai pas d’autre mot des décisions, des condamnations prononcées… Oublis tragiques !
Mais pourquoi donc, si peu furent exécutés? Des millions de morts du fait de la « Faute » impardonnable, avec un grand F de ces hommes, dont certains ne furent condamnés qu’à des peines de prison!
Autres oublis tragiques…: Que retiendra l’Histoire de l’absence ou du silence de tant de nations…j’ai la réponse !
Autres turpitudes de l’Histoire qui n’a pas souhaité que le terme de « génocide » soit mentionné dans les sentences ! Une belle leçon d’Histoire. Un remarquable travail d’information. Merci pour cet éclairage!
Une Histoire dans doute bien différente si elle écrite à l’Ouest ou à l’Est…un point très peu abordé dans l’ouvrage.
Tout est résumé dans cette phrase « Deux cent seize jours que le procès s’étire. Près de huit mois passés à entendre les accusés nier, esquiver, feindre l’ignorance. » (P.305).
Editeur : Robert Laffont – Collection PAVILLONS – 362 pages
Lien vers la présentation d’Alfred de Montesquiou
Quelques lignes
« Ce n’est pas seulement un procès, c’est une thérapie collective où l’histoire tente de reprendre son souffle après des années d’horreur. » (P. 45)
« On croyait juger des hommes, mais c’est en fait une nouvelle forme de loi internationale que le tribunal fabrique. Une jurisprudence pour l’avenir. » (P. 80)
Au sujet d’Hemingway : « Un ogre, égoïste et caractériel, qui dévore tout ce qui l’entoure, à commencer par le talent de ses comparses pour s’en repaître. » (P. 82)
« Chaque détenu doit dormir avec les mains hors des couvertures, sinon le garde qui le surveille non-stop entre pour le punir. » (P. 92)
« Ce qui compte, ce n’est pas seulement de décrire le vrai, mais d’écrire la vérité. » (P. 99)
« Tant de laideur défile chaque jour à l’audience… » (P. 107)
« Elle saisit, bien sûr , l’ironie entourant ces chefs nazis qui voulaient exterminer le peuple juif et se retrouvent à se battre pour défendre leur vie dans un tribunal où résonne l’accent des victimes. » (P. 108)
« Les Américains sont ici parce qu’ils sont soucieux de justice. Les Soviétiques parce qu’ils sont avides de vengeance. » (P. 118
« Nuremberg n’est plus une ville, c’est un huis clos où chacun dépense en ragots nocturnes le trop plein d’ennui accumulé dans le prétoire. » (P. 129)


Seul dans Berlin d’hans Fallada, dans sa nouvelle traduction non expurgée montre d’une manière glaçante la banalisation de l’horreur d’un monde dans lequel on ne sait plus à qui on peut faire confiance.