« Mardochée » – Kebir-Mustapha Ammi

MardochéeMardochée, vieux juif âgé d’une cinquantaine d’années sert de guide, de juin 1883 à mai 1884,  au jeune Joseph Aleman (Charles de Foucauld) qui s’est illustré dans des guerres, et qui souhaite explorer le Maroc. Tous deux déguisés en rabbins affrontent de nombreux périls, guerres tribales, trahisons, espions de tout genre, exécutions capitales, violences…. dans ce Maroc, hostile aux chrétiens, et attisant les velléités des puissances européennes, Angleterre, France…. Ils sont obligés parfois de tuer et toujours d’avancer en masquant leurs projets, en se masquant eux-mêmes

Devenu vieux il écrit un livre de souvenirs dans lequel il relate cette aventure, mais trace aussi un portrait pas toujours très reluisant de celui qui fut son maître pendant cette année, de leurs relations de confiance mais aussi de leurs animosités de leurs querelles : un explorateur arrogant parfois, secret, hautain, manipulateur.charles.de.foucault.itineraire

Un livre confession : Mardochée demande pardon à son peuple, à son pays d’avoir les avoir trahis , en accompagnant Charles de Foucauld, celui qui grâce aux informations cruciales qu’il recueillit permit  l’établissement du protectorat français. « Ce journal est ma seule réponse, puisque ma voix, que nul ne souciera jamais de prendre en compte, n’a vocation que de se  mélanger à la poussière et au silence ».
Un livre vérité : Mardochée souhaite relater sa version des faits, face aux écrits de son maître qui le laisse sous silence.
Une découverte de ce Maroc du 19ème siècle, mais aussi du travail trouble de ces hommes qui accompagnant ces explorateurs arrogants, trahirent leurs pays, leurs peuples.
Une question : quelle est la part de vérité, quelle est la part romancée de ce livre? 
Un auteur que j’ai découvert, et dont je vais poursuivre la découverte


Extraits
  • « Hommes et femmes s’emploient à trahir leur sultan. Rien n’importe aux gens de ce royaume, hélas que de servir le plus offrant. Ils n’ont pas ce sentiment qui consiste à mourir pour sa nation. C’est cela plus que toute autre chose qui perdra ce pays. Le Maroc a su résister, avec vaillance, aux tentatives des nations qui voulaient le conquérir. Mais saura-t-il encore résister? Rien n’est moins sûr. Le sultan mourra et ses fils que taraude le désir vorace de gouverner, se livreront une guerre féroce pour s’octroyer le trône. il ne leur importera pas de défendre un pays, mais de régner. les princes ne répugneront pas à se faire les vassaux des nations ennemies pour triompher de leurs adversaires. Le frère n’aura d’autre ambition que de tuer son frère. la gloire de l’un sera la mort de l’autre. Sous l’œil exalté des tribus qui n’ont jamais accepté de se soumettre à leur père » (P. 105-106) 
  • « Des fanatiques existent et ils sont plus nombreux qu’on ne croit, qui pourraient vouloir tuer un  homme simplement parce qu’il est chrétien »  (P. 162)
  • « Le Maroc est une terre d’aventures. Ce n’est la chasse gardée de personne. Tout homme, aventurier ou simple citoyen, a le droit de tenter sa chance, s’il est persuadé qu’il peut servir son pays » (P.182)
  • « Que vos gouvernants m’aident à renverser le sultan, plus vite que je ne peux avec mes seules forces, et je les laisse gouverner ce pays, le temps qu’ils voudront, à la seule condition qu’ils respectent les meurs et la religion de notre prophète. » (P. 187) ( conversation avec l’émir)
  • « C’était sans compter sans l’anarchie qui se porte bien et qui règne partout dans ce pays, à l’exception des grandes villes qui sont à peu près tenues comme doivent l’être des espaces où vivent des hommes qui ont fait voeux de vivre ensemble » (P. 205)

3 réflexions sur “« Mardochée » – Kebir-Mustapha Ammi

  1. Ce monsieur ferait mieux d’écrire le nom de Foucauld sans faute d’orthographe. Et aussi de savoir qu’il ne s’est pas « illustré dans des guerres »…

    • Je vous remercie de m’avoir mentionné cette erreur que je corrige. Je remplace le t par un d.Erreur bien involontaire
      Dans le roman lors de la rencontre entre Mardochée et le jeune Joseph Aleman, (Charles de Foucauld) ce dernier était un officier illustre du fait des batailles qu’il avait menées
      Charles de Foucauld est devenu célèbre par la suite pour son action politique au Maroc
      Bonne journée

  2. Cher Monsieur, puisque vous posez la question à la fin de votre commentaire, je vous assure que la part de vérité est infime dans ce roman. Il suffit de lire Reconnaissance au Maroc de Foucauld pour voir toutes les falsifications qu’opère Khebir Ammi. Le plus étrange c’est qu’elles ne sont jamais justifiées pour des raisons romanesques ! Je viens de terminer ce roman odieux et j’en déduis que le seul mobile de l’auteur était un ressentiment profond contre Charles de Foucauld. Je vous invite à lire la véritable histoire. Vous apprendrez que Foucauld n’a pas travaillé ni de près ni de loin pour l’armée française pendant cette exploration, ses carnets ne traitent que de questions géographiques ( plantes, cultures, langues, reliefs, condition des juifs…) et un peu politiques quand il explique qui administre le territoire. Mais Foucauld n’a jamais fait de politique au Maroc(pourquoi dites vous cela en commentaire ?). Son travail a même été remis au sultan du Maroc ! Le livre est plein de vieux ressentiment colonial injustifié. Faut-il préciser que le Maroc tel qu’on le connaît n’existait pas encore, et que c’est la France qui permis son unification, la fin des guerres entre tribus et la reconnaissance du sultan dans tout le pays ?
    Tout est inventé par Khebir Ammi dans la seule haine de Foucauld : il n’a jamais été ami avec Pétain, n’était pas homosexuel, ne croyait absolument pas à la religion chrétienne quand il était au Maroc, n’a en rien fait un travail d’espion (son travail était publique et même l’Angleterre y a eu accès). Khebir invente tout, ils ne sont jamais passé à Moulay Idriss, à Volubilis, à Tiznit… Mardochée n’était pas originaire de Mogador (où il n’a jamais mis les pieds!) mais d’Akka. Il était au courant du véritable but de Foucauld puisqu’il a lui même fait des missions absolument identiques en 1858, 1872,1873…
    Toutes ces histoires d’émirs rebelles qui complotent avec des espions de puissances étrangères n’ont absolument aucun fondement historique.
    L’idée centrale du roman, un sentiment de trahison de Mardochée est absurde. Il a toujours travaillé pour des intérêts français avant même que Foucauld naisse, a été reçu dans les ministères en France, a comme beaucoup de juifs
    trouvé refuge dans un territoire administré par la France pour fuir le sort intolérable des juifs au Maroc que Foucauld a détaillé. Au moment où Kebir Mustafa Ammi dit que Mardochée meurt en écrivant dans la « langue du saint Coran », l’histoire nous apprends que des milliers de musulmans s’attaquent aux juifs d’Alger, protégés…par l’armée et la police française. Mardochée à écrit toutes sa vie ses rapports en français ou en hébreu. Ce roman est hypocrite à tous les points de vue, surtout que la véritable histoire a porté de beaux fruits. Foucauld est rentré plein de bons sentiments pour l’islam et les musulmans auxquels il consacra sa vie.
    Il est à ce jour le plus éminent des spécialistes de la langue tamazight…qu’il a découvert au Maroc.

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