« Les échelles du Levant » – Amin Maalouf

Les échelles du LevantUn titre qui invite au voyage, un auteur qui me donne à chacune de mes lectures un plaisir différent et la certitude de passer de belles heures de lecture. Il n’en fallait pas plus pour me tenter..
Un jeune homme amoureux d’histoire reconnait sur un trottoir parisien le regard d’un homme dont la photo figurait dans la partie « Libération de Paris »d’un de se livres d’histoire …L’homme était alors bien plus jeune…il cherche sa voie sur un plan, le jeune homme le renseigne, l’accompagne…
L’homme n’est pas banal : ancien résistant, il cherche à parcourir les trente-neuf rues ou avenues parisiennes qui portent le nom de héros de la Résistance décédés lors de la Libération de Paris…ses amis

L’amoureux d’histoire demande à celui qui a participé à l’Histoire de raconter sa vie. Il s’appelle Ossyane, ce qui veut dire rébellion, insoumission. Un prénom qui le définit si bien

Réticent,  l’homme accepte de raconter son histoire….c’est le début de quelques veillées de souvenirs, il a trois jours à passer à Paris, trois jours d’attente avant un rendez-vous

Je laisse à chacun le plaisir de ce voyage dans l’Orient qui va de la Turquie au Liban en passant par Israël …Un voyage dans le temps qui va nous transporter du 19ème siècle dans des familles royales turques, au génocide arménien, en passant par les guerres contemporaines du Liban et l’occupation allemande, la difficile construction d’Israël..

Un grand roman d’amours, roman d’amour d’un homme pour son pays, sans aucun doute l’Amour et la nostalgie de l’auteur pour son pays, roman d’amour filial et d’admiration d’un fils pour son père, un fonds autobiographique sans aucun doute, mais aussi roman d’amour entre un homme de culture musulmane et une jeune femme juive, sans la mièvrerie habituelle qu’on trouve souvent dans cette littérature, …et aussi roman d’un autre homme qui toute sa vie manqua d’amour
Cet Amour qui permettrait de résoudre bien des conflits générationnels, familiaux, culturels, ethniques, religieux…l’amour d’un sage pour la paix.
Un message de Paix
Je n’en dirai pas plus.
Chaque lecture d’Amin Maalouf est une découverte; chacune nous interroge, et toutes apportent la certitude de longues heures de plaisir

Je n’ai pas fini de vous en parler …


Quelques mots sur l’auteur Amin Maalouf


Petits bonheurs

  • ‌ »Turcs, Arméniens, Arabes, Grecs et Juifs les cinq doigts de l’auguste main sultanienne » (P. 49)
  • « Je ne sais pas si l’on peut se rendre compte aujourd’hui de ce que cela signifiait, en cette année de malheur pour une Arménienne de porter l’enfant d’un Turc Ottoman » (P. 55)
  • « Mais qui à l’époque, prenait le temps d’observer les attitudes de chacun? Qui cherchait à connaître les véritables convictions? À des moments pareils on vous attribue d’emblée les opinions de votre sang. » (P. 55)
  • « Après tout, l’avenir est fait de nos nostalgies, de quoi d’autre ? » (P. 57)
  • « Il est vrai que dans l’entre-deux-guerres, le pays était déjà sous mandat français…..En fait, il venait tout juste d’être placé sous mandat français, après quatre siècles de domination ottomane. Mais soudain, plus personne ne voulait entendre le turc ! » (P. 66)
  • « On m’aurait dit que je repartirais de France huìt années plus tard, sur le même bateau, sans diplôme de médecin, mais couronné de l’auréole du saint rebelle…C’était le rêve de mon père, pas le mien. » (P. 80)
  • « Etre étranger était une réalité de mon existence, que je devais prendre en compte. Comme être mâle ou femelle, et avoir vingt ans plutôt que dix ou soixante. Ce n’était pas en soi une abomination. Cela impliquait que je fasse et dise certaines choses plutôt que d’autres. J’avais mes origines, mon histoìre, mes langues, mes secrets d’innombrables sujets de fierté, peut-être même mon charme propre. Non être étranger ne m’incommodait pas, et j’étais plutôt heureux de ne pas être chez moi. » (P. 83)
  • « La guerre réveille en certaines personnes l’intelligence et les énergies. Pour le meilleur quelques fois. Plus souvent pour le pire » (P. 140)
  • « J’avais tous les symptômes de l’amour éperdu, mais dans ma tête le mot ne venait pas. Il me semble qu’on a besoin, en ces moments là, d’une sorte de confident qui, même en vous moquant, même, à l’extrême rigueur, par malveillance, prononcé le mot « amoureux », pour que l’on puisse se poser soi-même la question ; parce qu’alors la réponse ne fait aucun doute » (P. 153)
  • « S’il avait fallu la guerre pour nous réunir, c’est dans la paix que j’avais envie de vivre avec elle. » (P. 177)
  • « Le monde entier était résigné à voir Arabes et Juifs s’entre-tuer des décennies, des siècles peut-être, tout le monde s’était fait une raison, les anglais, les soviétiques, les américains et les turcs…tout le monde à l’exception de nous deux, et de quelques rêveurs comme nous. Nous voulions empêcher ce conflit, nous voulions que notre amour soit le symbole d’une autre voie. (P. 188)
  • « Les frontières allaient devenir hermétiques. Ni voyageurs, ni lettres, ni télégrammes, ni téléphone. On était toujours à la même distance, trois ou quatre heures par la route mais ce n’étaient plus que des heures hypothétiques. Nous étions à des années-lumière, nous n’étions plus sur la même planète. »(P. 209)
  • « Nous étions tous là à perpétuité, une perpétuité de jours identiques. À quoi bon compter » (P. 274)

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