« Clandestin » – Philip Caputo

clandestinUn riche homme d’affaires ayant fait fortune à Wall Street décide tout laisser tomber à la suite de la perte de son épouse disparue dans l’un des avions qui percuta l’une des tours du World Trade Center le 11 septembre.
Il s’isole avec sa chienne dans une petite maison en Arizona, à proximité de la frontière mexicaine et du ranch familial de son cousin. Sa seule passion : lire Sénèque. Sa tranquillité sera de nouveau bouleversé avec la découverte de deux cadavres d’émigrants et d’un survivant mal en point, Miquel, qu’il va accueillir.

Il va se trouver confronté à d’autres formes de violence du fait de la proximité avec la frontière : l’immigration clandestine de ces mexicains, d’une part, qui « n’ont qu’à ramper sous une clôture ou escalader un mur pour gagner dix dollars de l’heure en passant le balai chez Wal-Mart, contre dix dollars par jour chez eux. Y a pas photo… », qui essayent de « piquer les camionnettes » et les narco-trafiquants, d’autre part, qui découpent les clôtures, utilisent les immigrants comme des mulets transportant 20 kg de drogue, sans oublier l’attitude ambiguë de la police. 
Se déroulant sur plusieurs générations des années 30 aux années 2000, ce roman est le roman mettant en scène la violence américaine et les armes, le roman de cette Amérique qui malgré ses tares attire toujours l’immigrant et s’en protège, le portrait de cette Amérique arc-boutée sur ses frontières, sur le droit de la propriété… gangrenée par la drogue qui entre illégalement et violemment par centaines de kilos, pour satisfaire la demande.
Un roman reportage sur une actualité de cette Amérique. 
Un auteur que j’ai découvert, qui a obtenu le prix Pulitzer avec « Rumeur de guerre », 

Quelques longueurs mais malgré tout un grand plaisir et un final à ne pas manquer. 


Qui est Philip Caputo


Quelques lignes
  • « Il n’est de souffrance aussi grande que le souvenir de la joie dans le chagrin présent » (p.58)
  • « Les frontières sont des cicatrices sur le visage de la terre » (P. 201)
  • « Nous aimons tout de qui est américain (P. 202)
  • « Si l’élève ne surpasse pas le maître, alors le maître a échoué » (P. 212)
  • « Il n’y a pas de sujet non poétiques, seulement des poètes non poétiques » (P. 278)
  • « La simple notion de pardon chrétien lui était aussi inconcevable que manger des carottes est inconcevable pour un loup. »
  • « Le chagrin est une malaria chronique du cœur. « 
  • « Je comprends les mexicains. […] Ils n’ont qu’à ramper sous une clôture ou escalader un mur pour gagner dix dollars de l’heure en passant le balai chez Wal-Mart (contre dix dollars par jour chez eux). Y a pas photo. Je ferais pareil. Mais on m’a découpé mes clôtures. Et il y a deux ans McIntyre a attrapé un clandestin qui essayait de piquer ma camionnette. Je suis désolée pour ces gens, mais en même temps il me font vraiment chier, et je crois que je ne devrais pas avoir de scrupules. « 
  • « Cette foi est aussi puissante et aveugle que n’importe quelle conviction religieuse, et elle avait transformé l’Amérique en une nation d’idiots fainéants, superficiels, accros à Internet et aux jeux vidéos, qui avaient perdu de vue ce qui faisait le cœur de la vie » (P.552)

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