« Quand sort la recluse » – Fred Vargas

Quand sort la recluseJ’ai attendu quelques jours avant d’écrire cette chronique…j’avais le choix entre écrire une chronique assassine ou élogieuse…entre les deux mon cœur balance. Je ne suis pas un lecteur assidu de polars et j’ai découvert ce livre dans le rayon nouveautés ma médiathèque, un livre dont tout le monde parlait avec des superlatifs caustiques ou élogieux selon les lecteurs. Je n’avais jamais lu de livre de cet auteure…je ne savais même pas que Fred Vargas était une femme….
La rumeur, les on-dit, les éloges m’ont guidé dans ce choix. 

J’ai eu envie de le rendre, tant l’histoire me paraissait tirée par les cheveux, invraisemblable…et elle l’est. Fred Vargas est une femme dangereuse car machiavélique…son conjoint a intérêt à filer droit, car elle déborde d’imagination pour tuer un homme sans laisser de trace…juste celles d’une piqûre d’araignée. Oh pas une araignée tropicale, non juste une petite araignée farouche, vivant cachée et minuscule….la recluse violoniste ou recluse d’Europe !
Et puis une petite voix me disait de poursuivre, pour voir justement jusqu’où Fred Vargas allait…Elle avait piqué ma curiosité, alors j’ai vérifié sur le Net si cette « Recluse d’Europe » bestiole de moins de 2 cm était si dangereuse que ça…Elle l’est effectivement et de plus elle vit sous nos latitudes, là où je vis en Languedoc, où elle a causé de graves nécroses..c’est Sciences et Vie qui l’écrit. On peut donc le croire.
Tout démarre par une enquête menée en quelques pages suite à la mort d’une femme de trente-sept ans, écrasée par deux fois sous les roues d’un 4×4 qui lui avait broyé le cou et les jambes…une enquête qui permet à Adamsberg, commissaire de police -non alcoolo….pour une fois dans le genre roman policier – de se pencher sur l’ordinateur d’un collègue et ses recherches sur cette araignée. Un collègue qui trouvait bizarre que trois vieux bonshommes soient morts suite à une piqure de ces bestioles… ils se connaissaient et avaient fréquenté le même orphelinat : la Miséricorde, comme plus de 870 autres gamins…Une piqure de ces araignées n’est pas mortelle, même si elle peut entrainer de graves nécroses…Alors pourquoi ces morts? Et si un meurtrier utilisait des araignées recluses pour tuer ?…Oui mais comment? Et pourquoi bien sûr ?
Stop je n’en dirai pas plus. Je ne dévoilerai rien de l’histoire
Si vous ne comprenez pas que ces bestioles sont dangereuses, c’est grave, parce que des arachnologues distingué(e)s vont expliquer par A+B à notre commissaire comment vivent cachées ces petites bêtes (d’où leur nom), comment et pourquoi elles mordent. Lui, le répètera à plusieurs de ses collègues qui participent à l’enquête ..bref vous aurez l’impression de ne pas avancer…de relire du déjà lu.
Fred Vargas va nous balader vers différentes pistes. Sans issue. Elle va vous faire remonter le temps, jusqu’au Moyen-Âge, époque bénie où vivaient d’autres recluses, des femmes un peu timbrées et très mystiques, qui se faisaient enfermer dans une pièce de quelques mètres carrées, sans contact avec le monde extérieur, pièces dans lesquelles elles dormaient, vivaient et crevaient dans leur excréments…avec des araignées pour compagnes
C’est long, j’ai souvent eu l’impression de relire ce qu’on m’avait déjà expliqué… C’est la construction du livre qui l’exige, mais c’est un peu lassant. Je me suis demandé si Fred Vargas ne prenait pas un plaisir sadique à remplir du papier, à nous promener et à nous perdre. A nous rendre pour des gogos.
D’hypothèse en hypothèse le lecteur avancera vers le dénouement…Ouf, Enfin..Un dénouement alambiqué et tordu, on en attendait pas moins..Je vous l’ai dit : Fred Vargas est une femme (et une épouse) potentiellement dangereuse.
Alors pourquoi ne l’ai je pas refermé ? 
Parce que j’ai souvent, comme beaucoup de lecteurs j’en suis certain, des envies de meurtre, de meurtre parfait bien sûr, et parce que cette arme imparable, cette recluse vit sans doute dans mes murs. Trop petite, je ne l’ai pas vue…Je vais fouiller ma maison….cette bestiole a causé de graves lésions à une brave dame habitant à 40 km de là où je vis.
Allez-va, je rigole…

C’est surtout parce que j’étais pris dans une toile (d’araignée bien sûr), incapable de m’en sortir malgré une certaine lassitude, et car finalement, ce livre m’a fait passer de bons moments….

Editeur : Flammarion – 2017 – 478 pages



Quelques lignes…. mais pas plus
  • « Il vous faudrait, reprit le professeur Pujol en souriant, le contenu d’environ quarante-quatre glandes de recluses pour tuer à coup sûr. Soit une attaque totale de vingt-deux recluses sur un homme, ce qui serait une sacrée prouesse de la part d’araignées solitaires et non attaquantes ! Et comptez plutôt soixante recluses, en incluant les morsures blanches et les semi-morsures ! Et pour tuer trois hommes, cent quatre-vingts recluses ! Votre cinglé devrait donc se débrouiller pour dénicher presque deux cents recluses, les lâcher chez ses ennemis, et prier pour qu’elles mordent – et pourquoi mordraient-elles, je vous le demande ? Deux cents ! Je vous rappelle qu’il est très difficile de les débusquer ! Elles ne portent pas leur nom pour rien. » (P. 95)
  • « Il n’empêche que la recluse n’a jamais tué personne en France. » (P. 107)
  • « Il a fallu l’amputer de la jambe. Ici Jean Escande – dit « le petit Jeannot » –, mordu la même année. Il y a perdu son pied. Il avait cinq ans. Garçon suivant, Ernest Vidot, sept ans, mordu en 46, une très grande plaie sur le bras. Cette fois, la pénicilline est disponible, on sauve son bras, qui conserve une cicatrice mentionnée comme « hideuse ». Dixième victime, le jeune Marcel Corbière, onze ans, dont toute la joue a été emportée jusqu’à la mâchoire. On détournait les yeux sur son passage. Sachez que le venin de la recluse est nécrosant et qu’il dissout les chairs. Et enfin Maurice Berléant, douze ans, mordu au testicule gauche en 1947. Les tissus furent dévorés et la verge atteinte. Il est impuissant. » (P. 213)

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