« Des clairons dans l’après-midi » – Ernest Haycox

Des clairons dans l'après-midiHasard d’une rencontre, d’un échange de coups de cœurs autour d’un café… »- Tu connais « Des clairons dans l’après-midi » ? …Un livre qui te rappellera ton enfance ! »  
Le western est un genre cinématographique et littéraire un peu oublié…les plus anciens se souviendront des Noëls où nous recevions des panoplies d’indiens ou de cow-boys, des heures de jeu dans la rue, des BD et des films ou séries que la télé diffusait…Aujourd’hui, on ne trouve plus que très exceptionnellement des panoplies d’indiens dans les magasins de jouets…tout ça est passé de mode. 
Nostalgie, quand tu nous tiens ! 

J’ai retrouvé mon âme d’enfance, les films westerns de mon adolescence tout ceci dans un grand plaisir de lecture.
Kern Shafter voyage dans la même diligence que Joséphine Russel….Sitôt arrivé, il va s’engager dans le 7ème de cavalerie, le régiment de Custer… C’est pour cela qu’il est venu. Dès le lendemain de son arrivée, il est promu sergent, ce qui fait grincer quelques dents. Il avait déjà été soldat, il y a longtemps…Cette promotion au grade de sergent, décidée par son ami, le capitaine Myles Moylan, ne fait pas que des heureux, loin de là. Le lieutenant Edward Christian Garnett est sans aucun doute celui qui lui porte la plus profonde inimité…une inimité ancienne, qu’on découvrira au fil des pages…inimité qui ira grandissante, car tous deux s’intéresse à Jocelyne. Ils se connaissent bien. 
Patience..
Mais ce n’est pas seulement le roman d’une rivalité de deux bellâtres pour les courbes ou les beaux yeux de la brune Jocelyne …Sinon j’aurais très vite lâché ce livre.
C’est surtout le roman d’une période, à jamais disparue, celle de ces grands espaces américains en cours de peuplement, celle de cette conquête de l’Ouest, de la lutte contre les indiens qui voulaient fuir les réserves dans lesquelles on souhaitait les confiner. Une époque sans télégraphe, les messages étaient portés par tous temps, chaleur, froid, blizzard par des cavaliers ou des conducteurs de traîneaux. Un roman qui fait la part belle aux descriptions des paysages, des conditions de vies des hommes et cavaliers de ce mythique régiment…
Je ne sais pas comment étaient écrits les scripts de ces westerns qui me faisaient rêver…Souvent ce n’était pas la page du livre que j’avais sous les yeux, mais la toile blanche de l’écran..quelle précision dans les descriptions des scènes d’intérieur, des tempêtes et paysages, dans la transcription des conversations, des états d’âme, des bagarres, des souffrances et joies des personnages, des chevauchées ou des combats !…J’ai presque toujours eu l’impression d’être au cinéma, bien calé dans mon fauteuil ! 
C’est aussi le roman du Septième de cavalerie – les cavaliers étaient fiers d’en faire partie – commandé par Custer, général indépendant, forte tête, voulant laisser son nom dans l’histoire, et donc fonceur, un peu trop…Ses erreurs tactiques, son entêtement causèrent la mort et la souffrance de centaines de cavaliers lors de la bataille qui opposa l’armée américaine aux Sioux et aux Cheyennes réunis à Little Big Horn…Transcription très documentée d’une défaite historique !
Impossible de faire un film aussi précis, aussi complet…Alors calez-vous dans votre fauteuil pour des heures de dépaysement garanti, de retour vers vos jeunes années, de chevauchées.
Editions Actes-Sud – Traduction  Jean Esch – Première parution 1943 – 2013 – 340 pages

Quelques mots sur Ernest Haycox


Quelques lignes

  • « On ne change pas un homme avec des vêtements. Mais cela faisait dix ans que j’avais envie de remettre un uniforme. Je me souviens que, lorsque j’étais soldat, j’éprouvais une tranquillité d’esprit, un sentiment de satisfaction personnelle, aussi intenses que tout ce que j’avais pu connaître. C’est pour ça que je suis revenu. Je ne réclame pas beaucoup de confort et je n’ai pas besoin de grand-chose. Ce dont j’ai besoin, je crois, c’est de côtoyer des hommes simples et honnêtes. » (P. 53)
  • « L’amour est censé constituer l’essentiel de la vie d’une femme, le sens même de son existence. Du moins, à en croire les philosophes. Un homme, lui, est censé avoir un tas de centres d’intérêt, dont l’amour. Par conséquent, l’échec d’un amour est censé détruire une femme, alors qu’un homme, pense-t-on, soigne aisément son cœur et part en quête d’un autre amour. C’est une pure invention des philosophes. » (P. 110)
  • « Un blizzard, c’est le monde à l’envers. C’est le vent qui devient fou et qui engloutit tout. Il vous coupe le souffle et vous glace le sang. Quand il souffle, il apporte une fureur qui vous fait perdre la raison. Rien ne peut lui résister… absolument rien. Vous le savez. Toutefois, je vous mets en garde contre une éventualité lointaine. Si j’estimais que cela pouvait survenir, je ne vous laisserais pas retourner à Lincoln. Mais il est encore trop tôt dans la saison. Néanmoins, sergent, ne traînez pas. » (P. 118)
  • « La réalité de l’armée, c’est une chose qu’ils ne connaîtront jamais : revenir d’une mission de reconnaissance, sale et glacé jusqu’aux os, puis s’asseoir le soir, à l’abri, en sachant qu’on a accompli une bonne journée de travail, et que d’autres types autour de vous en ont fait autant. » (P. 159)
  • « Les femmes, répondit-il de son ton nonchalant, sont la seule vraie beauté dans ce monde. À quoi sert un beau coucher de soleil si un homme ne peut pas l’étreindre ? Il y a en chaque homme un besoin que ni le ciel ni la terre ni la musique ne peuvent combler. Seule une femme en est capable. » (P. 165)
  • « Ce régiment qui avait marché vers la Rosebud plein d’espoir, portant haut ses couleurs et rêvant de bravoure, n’était plus qu’une chose brisée qui gisait sur la terre brûlante et sèche ; plus de deux cent cinquante de ses hommes étaient morts, une soixantaine était blessée. Le régiment avait affronté les Sioux au summum de leur puissance, la plus grande concentration de forces jamais vue dans les plaines. Invaincu et libre, ce pouvoir sioux repartait sans se presser maintenant, tandis que Terry et ses troupes dévastées étaient incapables de le suivre. » (P. 328)

 

 

 

 

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