« Trois étages » – Eshkol Nevo

Trois étagesTrois nouvelles, trois récits indépendants, (mais reliés par des clins d’oeil)… trois personnages principaux, trois étages d’un immeuble de Tel-Aviv…
Chacun des récits met en scène un personnage principal plus ou moins tourmenté, plus ou moins seul
Un père laisse sa fille en garde à un couple de personnes âgées, des voisins de palier. La petite fille disparaît et est retrouvée à côté du vieux monsieur inconscient dans un verger. Une tache suspecte macule le pantalon du vieillard…Les pires pensées tournent dans la tête du père, bien que la petite fille ne paraisse pas traumatisée. 

A l’étage supérieur, Hani s’ennuie ! Son mari est toujours en déplacements à l’étranger pour son travail. Un mari qui hait son frère…Un frère escroc recherché par la police. Le frère débarque dans l’appartement du couple. Il souhaite se cacher quelques jours avant de trouver le moyen de quitter le pays…Hani, dite la veuve..est face au charme de son beau-frère. 
Au dernier étage une veuve, vraie celle-là, ancienne avocate autrefois mariée à un juge… enregistre une cassette pour parler à son mari décédé. Elle souhaite vendre l’appartement..Elle sympathise avec un acheteur potentiel…on découvre le tourment familial de cette veuve..
Tous les personnages sont plus ou moins mal dans leur peau, s’imaginent le pire ou tentent d’échapper à leur mal-être.  
Trois nouvelles réunies sous le même titre, sous le même toit de cet immeuble calme de Tel-Aviv. Chacun vit de son côté une vie calme sans soucis. Sans relief ! Mais tous seront perturbés par ce petit grain de sable, ou par cette petite visite imprévue qui poussera leur porte. Mais étaient-ils vraiment tout à fait heureux avant l’imprévu qui fait l’histoire, la nouvelle. Pas certain ! Pourquoi ce petit imprévu, pourquoi cette visite, pourquoi cette rencontre les perturbe autant ? 
La quatrième de couverture mentionnait : « L’auteur y esquisse le portrait d’une société meurtrie par les affaires politiques et traversée par une profonde crise identitaire » …ce qui m’a poussé à emprunter ce livre. Mais tout compte fait, on découvre très peu ces affaires politiques et cette crise identitaire, mis à part le coût du logement, les malversations d’escrocs…mais est-ce propre à Tel-Aviv ?…Juste quelques mots sur les kibboutz dans la dernière nouvelle, au troisième étage. 
Faut-il y voir une approche plus psychologique des personnages ? Au vu de la formation de l’auteur on peut le supposer! Mais, mes connaissances en cette matière, ne m’ont pas permis de creuser leur personnalité, de la comprendre et apprécier totalement un autre message de l’auteur. S’il y en a un !
Bref, « le portrait d’une société meurtrie par les affaires politiques et traversée par une profonde crise identitaire » m’a beaucoup manqué.
Je suis peut-être passé à côté de ce livre, bien écrit par ailleurs.
Il faudrait sans doute que je découvre un autre titre de Nehkol Nevo
Éditions Gallimard – Collection « Du monde entier » – 2018 – Traduction : Jean-Luc Allouche – 313 pages

Quelques mots sur Nehkol Nevo


Quelques lignes

  • « J’ai toujours cru que l’univers était divisé en deux catégories : les gens normaux et les criminels. Qu’on est ou l’un ou l’autre. Pas de demi-mesure. Mais quand tu es couché sur une paillasse puante dans une cellule et que tu regardes le plafond, les graffitis laissés par les détenus qui t’ont précédé, tu saisis que tout ne tient qu’à la pression que subit l’individu, et sur quel point sensible on appuie en lui. En chacun de nous dort un petit criminel qui peut relever la tête à tout moment, tu piges ?. » (P. 47-8)
  • « Si vous sentez que quelqu’un vous ment, obstinez-vous à lui faire avouer la vérité. C’est ce que la vie m’a appris. » (P. 62)
  • « Une année s’est écoulée depuis la dernière fois que j’ai entendu ta voix. En fait, plus d’une année. Car la voix qui émanait de toi pendant les dernières semaines de ta vie était différente : plus tendre, moins coupante. Plus la mort approchait, plus tu te montrais disposé à envisager l’éventualité que tu pouvais te tromper. Que tu t’étais trompé pendant toute ton existence. » (P. 194)
  • « Toutefois, me suis-je dit, il y a ici quelque chose d’inhabituel : tant de gens refusent d’accepter les choses telles qu’elles sont, croient qu’il existe une chance de les améliorer et se réunissent dans ce but en un même lieu. C’est tout de même exceptionnel. » (P. 312)

Une réflexion sur “« Trois étages » – Eshkol Nevo

  1. Tout d’abord merci pour cette découverte. L’idée de départ était ingénieuse mais apparemment cela ne t’a pas satisfait…Jeune suis pas trop nouvelle, alors…

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